11 septembre : vingt-cinq ans après, ses conséquences restent visibles jusque dans les ports de Camargue

Le 11 septembre 2001, près de 3 000 personnes perdaient la vie aux États-Unis dans les attaques contre le World Trade Center et le Pentagone.

Modifié : 11h30

11 septembre : vingt-cinq ans après, ses conséquences restent visibles

Les attentats de 2001 ont bouleversé l’ordre mondial, mais aussi profondément renforcé la sûreté des transports. Dans le bassin de Fos et à Port-Saint-Louis-du-Rhône, cet héritage se traduit encore par des contrôles et des procédures spécifiques.

 

Le 11 septembre 2001, près de 3 000 personnes perdaient la vie aux États-Unis dans les attaques contre le World Trade Center et le Pentagone. Vingt-cinq ans plus tard, les images demeurent dans toutes les mémoires. Les conséquences de ces attentats se mesurent aussi beaucoup plus près de nous, notamment dans les ports, les aéroports et les grands réseaux de transport.

Le 11 septembre 2001, une rupture mondiale aux effets très locaux

Deux avions de ligne percutant les tours du World Trade Center à New York, un troisième frappant le Pentagone près de Washington et un quatrième s’écrasant en Pennsylvanie : en quelques heures, les attentats du 11 septembre 2001 ont fait basculer les États-Unis et une grande partie du monde dans une nouvelle époque.

Ces attaques ont entraîné les interventions militaires américaines en Afghanistan puis en Irak, profondément modifié les relations internationales et placé durablement la lutte contre le terrorisme au cœur des politiques publiques.

Mais le 11-Septembre n’a pas seulement changé la diplomatie ou les équilibres géopolitiques. Il a également transformé les conditions dans lesquelles les personnes et les marchandises circulent. Cet héritage reste particulièrement perceptible sur un territoire comme le nôtre, où se croisent activités portuaires, transport maritime, logistique, industrie et déplacements touristiques.

Les ports placés sous une surveillance renforcée

Après les attentats, la communauté internationale a considéré que les navires et les installations portuaires pouvaient devenir des cibles, mais aussi être utilisés pour acheminer des personnes, des armes ou des substances dangereuses.

L’Organisation maritime internationale a donc adopté le Code international pour la sûreté des navires et des installations portuaires, plus connu sous le nom de code ISPS. Élaboré directement dans le prolongement du 11-Septembre, il est entré en application en juillet 2004.

Ce dispositif oblige notamment les navires et les installations portuaires concernés à évaluer les risques, contrôler leurs accès, établir des plans de sûreté et adapter leurs mesures de protection au niveau de menace.

La sûreté portuaire ne doit pas être confondue avec la sécurité maritime. La sécurité vise principalement à éviter les accidents. La sûreté cherche à prévenir les actes intentionnels : attentats, sabotages, intrusions ou trafics.

De Fos à Port-Saint-Louis, une réalité quotidienne

Cette évolution internationale concerne directement le bassin industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer et les zones logistiques situées à proximité de Port-Saint-Louis-du-Rhône.

Le secteur accueille des terminaux maritimes, des activités pétrochimiques, des entrepôts logistiques et un important trafic de poids lourds. Plusieurs installations du Grand Port maritime de Marseille sont soumises aux exigences du code ISPS.

Pour les salariés, transporteurs, marins, entreprises intervenantes et visiteurs autorisés, cette sûreté renforcée peut se traduire par des accès réglementés, des justificatifs à présenter, des zones interdites au public, une surveillance permanente ou des procédures particulières pour les navires.

Ces contraintes peuvent aujourd’hui sembler ordinaires. Elles appartiennent pourtant à un système mondial de protection largement réorganisé après les attaques de 2001.

L’aviation civile également bouleversée

Le changement est encore plus visible dans les aéroports. Contrôle renforcé des passagers et des bagages, restrictions sur les objets transportés, sécurisation des zones réservées et surveillance accrue des accès sont progressivement devenus la norme.

Les mesures de sûreté aérienne existaient avant 2001. Mais les attentats ont constitué un tournant majeur : pour la première fois à une telle échelle, des avions de ligne avaient été détournés pour devenir eux-mêmes des armes.

Dès 2002, l’Union européenne a adopté une première réglementation commune sur la sûreté de l’aviation civile. Les procédures appliquées dans les aéroports français, dont Marseille-Provence, s’inscrivent dans ce cadre considérablement renforcé.

Une culture durable de la vigilance

En France, le plan Vigipirate n’est pas né après le 11-Septembre : il existait depuis 1978 et avait été déclenché pour la première fois pendant la guerre du Golfe, en 1991. En revanche, le gouvernement l’a réactivé et renforcé dès septembre 2001.

Depuis, le dispositif a beaucoup évolué. Il concerne désormais de nombreux secteurs : transports, rassemblements, établissements publics, réseaux d’énergie, installations sensibles ou lieux touristiques.

Dans les communes de Camargue, cela peut se traduire par des contrôles lors des grands événements, une attention particulière portée aux mouvements de foule, une protection accrue de certains sites ou la mobilisation des collectivités et des organisateurs.

Vingt-cinq ans plus tard, un monde toujours marqué

Une génération entière n’a pas connu le monde d’avant le 11-Septembre. Les contrôles dans les aéroports, les accès surveillés aux installations portuaires et les consignes de vigilance lui paraissent naturels.

Ils sont pourtant les traces concrètes d’une journée qui a profondément transformé les sociétés occidentales.

De New York au golfe de Fos, les échelles ne sont évidemment pas comparables. Mais les règles appliquées aujourd’hui dans les ports et les transports de notre territoire rappellent que les conséquences du 11 septembre 2001 ont largement dépassé les frontières américaines.