Sécheresse et foin de Crau : le retour de la demande redonne de l'air aux producteurs, malgré des récoltes en baisse
Alors que la sécheresse et les fortes chaleurs touchent une grande partie du territoire, les producteurs de foin de Crau voient la demande repartir fortement.
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La canicule relance les ventes du foin de Crau AOP après plusieurs années de crise, mais la sécheresse pèse désormais sur les rendements et limite les bénéfices de cette reprise.
La vague de chaleur qui s'installe sur une grande partie de la France bouleverse l'équilibre de la filière du foin de Crau AOP, produit dans la plaine de la Crau, entre Arles et Salon-de-Provence, ainsi que sur les secteurs d'Istres, Miramas et Eyguières. Selon un reportage de France 3 Occitanie, la demande de ce fourrage connaît une nette accélération, les éleveurs étant contraints de rechercher des solutions pour nourrir leurs animaux après l'assèchement des pâturages.
Cette reprise intervient dans un contexte particulier. Après plusieurs années marquées par une surproduction et une baisse des prix, les producteurs parviennent enfin à écouler les stocks constitués lors de la première coupe du printemps. Réalisée avant les épisodes de fortes chaleurs, cette récolte avait permis de remplir les hangars dans de bonnes conditions.
Mais cette dynamique commerciale cache une réalité beaucoup plus contrastée sur le terrain. La sécheresse freine fortement la repousse de l'herbe. Interrogé par France 3 Occitanie, le producteur Antoine Bonfillon explique constater un important déficit de rendement lors de la deuxième coupe par rapport à l'année précédente. Sur l'ensemble de la plaine de la Crau, les pertes atteignent environ 30 %, voire davantage selon les exploitations, malgré le recours à l'irrigation traditionnelle par submersion alimentée par le réseau historique de canaux issus de la Durance.
Cette situation met en évidence le paradoxe auquel la filière est confrontée : les conditions climatiques favorisent la demande en fourrage tout en réduisant les volumes disponibles à la récolte. La hausse des prix ne compense donc qu'en partie les pertes liées à la diminution des rendements.
Cette amélioration du marché intervient après une période particulièrement difficile. En 2025, la filière avait subi une forte crise de surproduction. Selon La France Agricole, les cours du foin de Crau avaient chuté de 30 à 50 % selon les qualités, sous l'effet d'une production abondante de fourrage au niveau national et d'une baisse de la demande liée notamment au recul des cheptels bovins et ovins.
Face à cette situation, l'État avait mis en place un fonds d'urgence exceptionnel destiné à soutenir les exploitations de foin de Crau. Une instruction publiée en février 2026 par le ministère de l'Agriculture soulignait que les difficultés rencontrées par la filière avaient des conséquences préoccupantes à l'échelle des Bouches-du-Rhône, justifiant la création de ce dispositif de soutien exceptionnel.
Selon le Comité du foin de Crau, la production est constituée d'environ 30 % de petites balles et de 70 % de grandes balles. En année normale, le rendement moyen atteint 8,5 tonnes par hectare, tandis que le prix moyen de vente se situe entre 180 et 250 euros la tonne. Cette année, la baisse des volumes récoltés réduit toutefois l'impact positif du redressement des prix, dans un contexte où la demande reste particulièrement soutenue.
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