Prison de Tarascon : après deux agressions, les surveillants tirent une nouvelle fois la sonnette d’alarme
La tension est montée d’un cran au centre de détention de Tarascon.
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Après les violences survenues vendredi 4 septembre, les personnels pénitentiaires se sont mobilisés pour réclamer davantage de sécurité, d’effectifs et de moyens au centre de détention de Tarascon.
La tension est montée d’un cran au centre de détention de Tarascon. Vendredi 4 septembre, deux surveillants auraient été pris à partie lors de mouvements au sein de l’établissement, selon les organisations syndicales. Quelques jours plus tard, les personnels ont organisé un mouvement de blocage afin de dénoncer la dégradation des conditions de travail et réclamer des mesures immédiates. Une mobilisation qui a débouché sur des engagements de la direction interrégionale et le déploiement de renforts spécialisés.
Deux agressions signalées le même jour
La journée du vendredi 4 septembre a été particulièrement tendue au centre de détention de Tarascon. Selon les syndicats pénitentiaires, une première agression s’est produite vers 14 heures, au niveau du poste d’information et de contrôle du bâtiment B.
D’après FO Justice, un détenu aurait refusé de suivre les consignes qui lui étaient données avant de s’en prendre violemment à un surveillant, lui assénant plusieurs coups de poing au visage. Le syndicat indique que l’agent, blessé, a été pris en charge par les secours puis transporté aux urgences.
Une seconde agression a été signalée une trentaine de minutes plus tard, vers 14 h 30, lors d’un mouvement à l’unité de soins. L’UFAP-UNSa Justice rapporte qu’un surveillant aurait reçu plusieurs coups de poing au visage et que plusieurs collègues auraient dû intervenir pour maîtriser l’individu.
À ce stade, les informations concernant l’état de santé précis des agents et les suites judiciaires éventuelles doivent être considérées avec prudence, les éléments disponibles provenant principalement des organisations syndicales.
Une mobilisation pour dénoncer une situation jugée préoccupante
Au-delà de ces agressions, les syndicats dénoncent depuis plusieurs mois une situation qu’ils estiment devenue particulièrement difficile au sein de l’établissement.
Manque d’effectifs, postes non pourvus, absentéisme et difficultés à assurer certains postes de sécurité sont notamment pointés du doigt. L’UFAP-UNSa Justice affirme avoir alerté à plusieurs reprises la direction interrégionale et l’administration pénitentiaire sur ces difficultés. Un audit consacré au fonctionnement de l'établissement avait d'ailleurs été réalisé au cours de l'été 2026.
Dans ce contexte, plusieurs organisations syndicales ont appelé à la mobilisation. Le 7 septembre, les personnels se sont rassemblés devant l'établissement pour soutenir leur collègue et demander des moyens supplémentaires. FO Justice réclamait notamment une adaptation immédiate du fonctionnement de la détention lorsque les conditions de sécurité ne sont plus réunies, ainsi que la mise à disposition de certains équipements de protection et d'intervention.
Le blocage levé après l'arrivée de la direction interrégionale
La mobilisation s'est poursuivie le 8 septembre au matin, avec un blocage de l'établissement. Selon les informations rapportées par La Provence, les agents ont maintenu leur mouvement jusqu'à l'arrivée du directeur interrégional adjoint.
Un fonctionnement en mode dégradé a alors été envisagé, avec notamment la suspension de certaines activités non essentielles afin de permettre aux personnels de se concentrer prioritairement sur les missions de sécurité. Une réunion entre les organisations syndicales, la direction du centre de détention et la direction interrégionale devait également être organisée le 11 septembre. Des Équipes régionales d'intervention et de sécurité (ERIS) ont par ailleurs été déployées en renfort.
Pour les représentants du personnel, cette mobilisation ne constitue donc pas seulement une réaction à l'agression du 4 septembre. Elle traduit une inquiétude plus ancienne face aux conditions dans lesquelles les surveillants doivent exercer leur mission.
Un établissement ouvert au début des années 1990
Situé dans le quartier des Radoubs, en bordure du Rhône, le centre de détention de Tarascon a été mis en service au début des années 1990. Le ministère de la Justice indique qu'il accueille des personnes condamnées à des peines supérieures à deux ans et dispose aujourd'hui d'une capacité de 650 places.
L'établissement propose notamment du travail en atelier ou au service général, des formations professionnelles ainsi que différentes activités culturelles et sportives. Ces missions peuvent toutefois être directement affectées lorsque le fonctionnement de la détention doit être adapté pour répondre à des impératifs de sécurité.
La situation de Tarascon s'inscrit ainsi dans un contexte plus large de tensions régulièrement dénoncées dans les établissements pénitentiaires français. Mais pour les personnels mobilisés ces derniers jours, l'enjeu est avant tout local : obtenir des effectifs et des moyens permettant d'assurer leur sécurité au quotidien.
Les prochains échanges entre les syndicats et la direction interrégionale permettront de mesurer les réponses concrètes qui seront apportées après cette nouvelle séquence de violences.
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