Tarascon : après la liquidation de Fibre Excellence, la sécurité du site industriel inquiète
Depuis la liquidation judiciaire de Fibre Excellence à Tarascon, la mise en sécurité de l’ancienne papeterie est devenue un sujet majeur.
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La présence de produits chimiques et les défaillances de certaines installations de sécurité ravivent les inquiétudes autour de l’ancienne papeterie, située à proximité du Rhône
Depuis la liquidation judiciaire de Fibre Excellence à Tarascon, la mise en sécurité de l’ancienne papeterie est devenue un sujet majeur. Les anciens salariés et la CGT alertent depuis plusieurs semaines sur les risques liés à l’arrêt progressif des installations et à la présence de produits industriels sur le site. Un incident survenu le 1er septembre a conduit les services de l’État à intervenir et à demander le rétablissement rapide de plusieurs dispositifs essentiels. Si les inquiétudes concernant le Rhône sont réelles, aucune pollution significative du fleuve n’est, à ce stade, établie par les éléments officiels disponibles.
Un site industriel qui ne peut pas être arrêté du jour au lendemain
La liquidation judiciaire de Fibre Excellence Provence a été prononcée le 29 juillet par le tribunal de commerce de Toulouse. Le site de Tarascon, qui employait environ 270 salariés, a définitivement fermé ses portes le 28 août. L’usine était classée Seveso seuil bas, une classification qui témoigne du caractère particulier des risques associés à certaines substances et installations présentes sur le site.
Avant la fermeture, les salariés avaient continué à assurer une partie de la surveillance et de la mise en sécurité des installations. La CGT s’était inquiétée dès le 20 août du choix de confier ensuite ces opérations à une entreprise extérieure spécialisée dans le traitement et la gestion des déchets.
Pour le syndicat, la connaissance du fonctionnement d’une papeterie industrielle et de ses équipements ne pouvait pas être remplacée facilement. Une inquiétude également rapportée par l’AFP : les représentants des salariés estimaient que leur connaissance historique des installations constituait un élément important pour prévenir les risques environnementaux et les départs de feu.
Plus de 11 000 m³ de produits encore présents
L’un des principaux points de préoccupation concerne les produits restant sur le site après l’arrêt de l’activité.
Selon les représentants syndicaux, plus de 11 000 m³ de produits chimiques seraient encore présents dans l’enceinte de l’ancienne usine. Le chiffre a également été rapporté par l’AFP et par Le Parisien, qui souligne la présence de volumes importants de produits chimiques sur ce site désormais fermé.
La question n’est donc plus seulement celle de l’arrêt de la production. Elle concerne désormais la manière dont les installations, les réseaux, les équipements de sécurité et les produits encore stockés peuvent être maintenus sous contrôle pendant la période de liquidation et de démantèlement.
C’est précisément sur ce point que la tension est montée entre les anciens salariés et le liquidateur judiciaire.
Un incident le 1er septembre qui accélère l’intervention de l’État
Le 1er septembre, un incident est survenu sur le site lors de la vidange d’une conduite. D’après les informations rapportées par Le Monde, 50 m³ de liqueur noire, un résidu issu du procédé de fabrication de la pâte à papier, se sont retrouvés dans une zone de rétention. Six mètres cubes supplémentaires ont été dirigés vers la station d’épuration interne. Aucun rejet de cette liqueur noire dans le Rhône n’a été constaté, selon les éléments rapportés par le quotidien.
Cette précision est importante alors que la CGT avait, dans son communiqué du 3 septembre, évoqué de son côté une pollution alcaline dont une partie aurait atteint le Rhône. Cette affirmation syndicale n'est donc pas à confondre avec les constatations documentées depuis par les services de l'État.
L’incident a néanmoins illustré la vulnérabilité du site et l’importance des équipements destinés à contenir et traiter d’éventuels rejets.
La station d’épuration au cœur des préoccupations
La station d’épuration interne joue un rôle essentiel dans la maîtrise des effluents industriels avant leur éventuel rejet dans le Rhône.
Or, selon les informations publiées le 8 septembre, cette installation était à l’arrêt depuis le 2 septembre. Le préfet a demandé dès le 3 septembre au liquidateur de procéder immédiatement au redémarrage de la pomperie et de la station d’épuration. Des agents de la DREAL se sont par ailleurs rendus sur le site à plusieurs reprises, notamment le 8 septembre.
Cette intervention des services de l’État constitue un élément central du dossier : elle confirme que les autorités considèrent la sécurisation du site comme un enjeu nécessitant une surveillance particulière.
La proximité du Rhône explique naturellement une partie des inquiétudes. L’usine se trouve en bordure du fleuve, en amont d’Arles et de la Camargue. Mais à ce stade, il serait prématuré de parler d’une pollution du Rhône ou d’une menace avérée pour la Camargue.
La nature des produits concernés, les quantités réellement susceptibles d’atteindre le milieu naturel, leur concentration et les éventuelles analyses environnementales sont indispensables pour établir un impact.
Au-delà de l’environnement, l’avenir industriel du site
La question de la sécurité immédiate ne doit pas faire oublier l’autre volet du dossier : l’avenir du site de Tarascon.
La liquidation judiciaire a mis fin à l’activité d’une usine implantée depuis plusieurs décennies et employant plusieurs centaines de personnes. Le tribunal de commerce avait considéré la situation de l'entreprise comme irrémédiablement compromise et sans perspective de redressement, alors qu'une offre de reprise globale avait été écartée.
La Région Sud a depuis engagé une réflexion autour de la reconversion et de la réindustrialisation du site, avec l’objectif de ne pas laisser cet important foncier industriel disparaître de l’économie locale.
Mais avant de parler de reconversion, de reprise ou de nouvelle activité, une étape apparaît désormais incontournable : sécuriser durablement les installations existantes et maîtriser les risques environnementaux liés à leur arrêt.
Pour les habitants de Tarascon, mais aussi pour les territoires situés en aval du Rhône, les prochaines communications de la préfecture et les résultats du suivi réalisé par les services de l’État seront donc particulièrement scrutés.
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