Louise, Gabriel, Marius, Giulia… Ce que les prénoms de 2025 disent de la France et de la Camargue

Des prénoms anciens qui reviennent, des formats courts qui séduisent et une forte présence de sonorités méditerranéennes : les choix des parents en 2025 racontent aussi l’évolution des goûts français.

Modifié : 11h02

Louise, Gabriel, Marius, Giulia… Ce que les prénoms de 2025 disent de la France et de la Camargue
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Louise chez les filles, Gabriel chez les garçons : le classement 2025 dévoilé par l’Insee confirme le retour des prénoms classiques, tout en révélant des choix très marqués dans le sud de la France.

 

Des prénoms anciens qui reviennent, des formats courts qui séduisent et une forte présence de sonorités méditerranéennes : les choix des parents en 2025 racontent aussi l’évolution des goûts français. En Provence et dans les départements voisins de la Camargue, certaines préférences locales se distinguent nettement.

Choisir un prénom, c’est souvent bien plus qu’une question de sonorité. Un prénom peut rappeler un membre de la famille, une époque, une œuvre culturelle ou simplement correspondre à un coup de cœur. Les statistiques de l’Insee permettent aujourd’hui d’observer ces évolutions à grande échelle. Pour les naissances de 2025, Louise arrive en tête chez les filles et Gabriel chez les garçons.

L’Insee recense 643 905 naissances en France en 2025 et près de 65 940 prénoms différents attribués aux nouveau-nés, en comptant séparément les variantes orthographiques et accentuées. Cette diversité est l’un des enseignements majeurs de l’étude publiée en septembre 2026 : les prénoms sont de plus en plus nombreux et les enfants portent donc moins souvent les mêmes prénoms qu’autrefois.

Louise et Gabriel au sommet du classement français

Chez les filles, Louise arrive en première position avec environ 3 070 naissances en 2025. Elle devance Jade, Ambre, Alma et Alba. Rose, Emma, Romy, Adèle et Alice complètent le top 10.

Chez les garçons, Gabriel conserve une avance nette avec environ 4 625 naissances. Noah, Léo, Raphaël et Louis occupent les places suivantes, devant Jules, Arthur, Léon, Adam et Maël. Les effectifs sont arrondis par l’Insee au multiple de cinq.

Le palmarès fait apparaître plusieurs prénoms qui traversent les générations. Louise, Louis, Rose, Jules, Arthur, Alice ou Léon appartiennent au patrimoine ancien des prénoms français, mais connaissent depuis quelques années un regain d’intérêt. L’étude de l’Insee souligne d’ailleurs le retour de certains prénoms après plusieurs décennies passées hors des premiers rangs.

Autre caractéristique : la place importante des prénoms courts. Jade, Alma, Alba, Rose, Romy, Léo ou Maël sont faciles à prononcer et relativement courts. Chez les garçons, Gabriel, Noah, Léo, Adam ou Maël côtoient également plusieurs prénoms issus de traditions anciennes ou bibliques.

En Provence-Alpes-Côte d’Azur, Alba se distingue

La carte nationale montre que les préférences ne sont pas identiques partout. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, Alba arrive en tête chez les filles en 2025, alors que Gabriel domine chez les garçons. À l’échelle régionale, Alba figure également en tête en Corse.

Cette présence d’Alba, comme celle d’Alma, Giulia ou Anna dans les classements méridionaux, illustre une place importante accordée aux prénoms courts et aux sonorités en « a ». Une tendance que l’on retrouve dans plusieurs départements du pourtour méditerranéen.

Il ne faut toutefois pas chercher dans ces chiffres une explication unique. Les statistiques montrent les choix effectués par les parents, mais elles ne permettent pas systématiquement de déterminer pourquoi un prénom progresse ou recule. Les influences familiales, culturelles, artistiques ou médiatiques peuvent se croiser sans qu’une seule cause puisse être identifiée.

Bouches-du-Rhône : Alma, Gabriel et des sonorités très méridionales

Dans les Bouches-du-Rhône, les données départementales font apparaître des choix qui se distinguent du classement national. Chez les filles, Alma et Alba figurent notamment parmi les prénoms les plus attribués, tandis que Gabriel occupe la première place chez les garçons.

Les prénoms courts et aux sonorités internationales occupent une place importante dans le paysage local, avec notamment Romy, Inaya, Giulia, Anna ou Nour chez les filles, et Isaac, Adam, Eden, Léo, Louis ou Noah chez les garçons.

Une particularité attire également l’attention : Marius conserve une place notable dans le département. Le prénom ne figure pas dans le top 10 national de 2025, mais il reste nettement présent dans les Bouches-du-Rhône. À l’échelle française, Marius occupe ainsi le 58ᵉ rang avec environ 1 530 naissances en 2025.

Ce prénom possède une résonance particulière en Provence. Son association à l’univers marseillais et à l’œuvre de Marcel Pagnol lui donne une dimension culturelle forte dans le Sud, même si les statistiques ne permettent pas d’affirmer que cette référence explique à elle seule son maintien.

Dans le Gard, Giulia s’installe en tête chez les filles

Le Gard présente lui aussi quelques particularités. En 2025, Giulia arrive en tête chez les filles, devant Nour et Louise. Chez les garçons, Gabriel conserve la première place, devant Léo et Noah. Ces données, issues des statistiques de l’état civil de l’Insee et analysées localement, montrent un département qui suit certaines tendances nationales tout en conservant des préférences propres.

Giulia est particulièrement représentatif de cette dimension méditerranéenne. D’origine italienne et dérivé de Julius, le prénom occupe également une place importante à l’échelle nationale, avec environ 1 605 naissances de filles en 2025.

Dans le Gard comme ailleurs dans le Midi, les prénoms courts et les sonorités en « a » sont particulièrement visibles. Alba, Alma, Anna, Giulia ou encore Lou illustrent cette évolution des goûts.

De Mireille à Marius, une identité méridionale qui évolue

Certains prénoms restent immédiatement associés à la Provence, au Languedoc ou à la Camargue : Marius, Mireille, Manon, Numa, Lou, Nino ou Esteban évoquent, chacun à leur manière, une histoire régionale, une culture ou un imaginaire méridional.

Mais leur popularité évolue avec les générations.

Marius reste aujourd’hui particulièrement visible dans le Sud, tandis que d’autres prénoms autrefois très courants, comme Manon, ont reculé dans les classements récents. Mireille, prénom profondément associé à l’identité provençale et au poème Mirèio de Frédéric Mistral, appartient désormais davantage au patrimoine culturel régional qu’aux prénoms les plus fréquemment attribués.

Cette évolution ne signifie pas pour autant que les références locales disparaissent. Elles peuvent simplement prendre de nouvelles formes. Alba, Alma, Giulia, Lou, Nino ou Marius composent aujourd’hui un paysage de prénoms où se rencontrent héritage régional, influences méditerranéennes et tendances contemporaines.

Des prénoms de plus en plus diversifiés

C’est probablement l’enseignement le plus marquant de l’étude de l’Insee. En 1946, les cinq prénoms masculins les plus donnés représentaient environ un tiers des naissances de garçons. En 2025, les cinq premiers ne représentent plus qu’environ 6 %. Chez les filles, la proportion est passée de 21 % à environ 4 %.

Le phénomène est également visible dans le nombre de prénoms recensés. L’Insee comptabilisait environ 8 000 prénoms différents pour les enfants nés en 1946, contre près de 65 940 en 2025. Les parents disposent donc d’un éventail beaucoup plus large et semblent davantage chercher un prénom qui distingue leur enfant.

Même les prénoms qui occupent les premières places restent ainsi minoritaires. Louise, pourtant numéro un chez les filles, représente une faible part de l’ensemble des naissances féminines. Gabriel, malgré son avance chez les garçons, est lui aussi loin de constituer un choix majoritaire.

Les tendances passent, les prénoms racontent une époque

Un prénom peut connaître une ascension rapide, atteindre un sommet puis perdre progressivement du terrain. L’Insee souligne que les prénoms fonctionnent de plus en plus comme des marqueurs générationnels, avec des cycles de popularité parfois relativement courts.

Les influences culturelles peuvent jouer un rôle : cinéma, télévision, littérature, musique, sport ou personnalités publiques peuvent contribuer à rendre un prénom plus visible. Mais une progression statistique ne suffit pas à établir un lien de causalité direct.

Au fond, les prénoms de 2025 racontent une France où la tradition et la nouveauté cohabitent. Louise et Louis côtoient Alba, Alma, Romy ou Giulia ; Gabriel et Raphaël voisinent avec Noah, Adam ou Maël.

Et dans le Sud, cette évolution conserve une petite musique bien particulière. Entre héritage provençal, influences méditerranéennes et nouvelles tendances, les prénoms continuent de raconter quelque chose des familles et des territoires.

En Camargue, comme ailleurs, il faudra désormais attendre les prochaines années pour savoir lesquels de ces prénoms s’installeront durablement… et lesquels ne seront finalement qu’une mode passagère.