AVC : de plus en plus de jeunes concernés, les femmes particulièrement exposées. Comment réduire les risques ?
Les AVC touchent aussi les jeunes et les femmes. Découvrez les facteurs de risque, 7 conseils de prévention et les symptômes qui imposent d’appeler le 15.
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AVC : jeunes, femmes, prévention et signes d’alerte
En France, un accident vasculaire cérébral survient environ toutes les quatre minutes. Longtemps considéré comme une maladie des personnes âgées, l’AVC touche également des adultes jeunes. Les femmes sont particulièrement concernées par certaines évolutions inquiétantes. Pourtant, une grande partie des risques peut être réduite grâce à des gestes simples et à un suivi médical adapté.
Une maladie qui ne concerne pas seulement les seniors
Chaque année, environ 120 000 personnes sont hospitalisées en France pour un accident vasculaire cérébral et plus de 30 000 en décèdent.
Selon l’Assurance maladie, plus de 17 % des personnes prises en charge pour un AVC aigu en 2022 avaient moins de 55 ans.
Un chiffre qui rappelle que cette urgence médicale peut survenir bien avant la retraite.
L’AVC se produit lorsqu’une partie du cerveau n’est plus correctement irriguée, généralement à cause d’un caillot qui obstrue une artère. Il peut également être provoqué par la rupture d’un vaisseau sanguin.
Dans les deux cas, les conséquences peuvent être dramatiques : paralysie, troubles du langage, handicap durable ou décès.
Pourquoi les femmes sont-elles particulièrement concernées ?
Le ministère de la Santé a lancé une alerte en mai 2026 : chez les femmes de moins de 65 ans, les taux d’incidence des AVC et des infarctus augmentent depuis une vingtaine d’années.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette évolution.
Le tabagisme, l’hypertension, le diabète, la sédentarité et le surpoids jouent un rôle important.
Mais les femmes présentent également des facteurs de risque spécifiques : certaines contraceptions hormonales, notamment lorsqu’elles sont associées au tabac, certaines migraines avec aura, les complications hypertensives de la grossesse et les changements hormonaux.
L’association du tabac et d’une contraception œstroprogestative constitue notamment un facteur de risque vasculaire important.
Attention : cela ne signifie pas que toutes les contraceptions hormonales sont dangereuses. Le risque dépend du produit utilisé et du profil médical de chaque femme. Un professionnel de santé peut proposer une contraception adaptée.
Peut-on réellement éviter 80 à 90 % des AVC ?
C’est l’un des enseignements majeurs des recherches scientifiques.
Selon les données de l’étude internationale INTERSTROKE, reprises par le ministère de la Santé, environ 90 % des AVC sont associés à dix facteurs de risque potentiellement modifiables.
Cela ne signifie pas que neuf AVC sur dix pourraient être évités avec certitude.
En revanche, cela montre qu’une part considérable du risque peut être réduite grâce à la prévention.
Le premier ennemi à combattre reste l’hypertension artérielle.
Souvent silencieuse, elle fragilise progressivement les vaisseaux sanguins et augmente fortement le risque d’accident cérébral.
Sept réflexes pour protéger son cerveau
1. Surveiller sa tension artérielle
L’hypertension ne provoque pas toujours de symptômes. Une mesure régulière et un traitement adapté lorsqu’il est nécessaire permettent de réduire les risques.
2. Arrêter de fumer
Le tabac abîme les artères et favorise la formation de caillots. Son arrêt constitue l’une des mesures préventives les plus efficaces.
3. Marcher et bouger quotidiennement
L’activité physique contribue à réguler la tension, le poids et la glycémie.
L’objectif habituellement recommandé est d’atteindre au moins 150 minutes d’activité physique modérée par semaine, selon ses capacités.
La marche rapide, le vélo ou la natation sont d’excellentes activités.
4. Adopter une alimentation protectrice
Privilégier les fruits, les légumes, les légumineuses, les céréales complètes et le poisson.
Limiter le sel, les produits très transformés et les excès de graisses saturées.
Une alimentation de type méditerranéen est particulièrement intéressante pour la santé cardiovasculaire.
5. Limiter fortement l’alcool
La consommation d’alcool augmente notamment le risque d’hypertension. Moins on en consomme, plus on réduit les risques associés.
6. Surveiller son cholestérol et sa glycémie
Le diabète et un excès de cholestérol peuvent favoriser les accidents vasculaires. Un bilan médical permet de les détecter et de les traiter.
7. Ne pas négliger son sommeil et son cœur
Certaines apnées du sommeil et certains troubles du rythme cardiaque, notamment la fibrillation atriale, augmentent le risque d’AVC.
Ils doivent être recherchés et pris en charge lorsqu’ils sont suspectés.
Comment reconnaître un AVC ? Chaque minute compte !
Les symptômes apparaissent généralement brutalement.
Il faut notamment être attentif à :
- Une bouche qui se déforme ou un visage qui s’affaisse.
- Une faiblesse ou une paralysie d’un bras ou d’une jambe.
- Des difficultés soudaines à parler ou à comprendre.
- Une perte brutale de la vision ou de l’équilibre.
- Un mal de tête extrêmement intense et inhabituel.
Un seul de ces symptômes suffit pour appeler immédiatement le 15 ou le 112.
Même si les troubles disparaissent après quelques minutes, il peut s’agir d’un accident ischémique transitoire, parfois annonciateur d’un AVC plus grave.
En attendant les secours, il faut noter l’heure d’apparition des symptômes, ne rien donner à boire ou à manger et suivre les instructions du médecin régulateur.
Des progrès médicaux considérables, mais des inégalités persistantes
Les traitements ont profondément évolué au cours des vingt dernières années.
La thrombolyse permet, dans certaines situations, de dissoudre le caillot responsable d’un AVC.
La thrombectomie mécanique permet, chez certains patients, de retirer directement le caillot à l’intérieur d’une artère.
Mais ces traitements nécessitent une prise en charge extrêmement rapide.
Les spécialistes soulignent également les inégalités territoriales d’accès aux unités neurovasculaires et aux services de rééducation.
Dans un article publié le 29 octobre 2025, Sciences et Avenir, reprenant des informations de l’AFP, rappelait les difficultés persistantes de prise en charge et les recommandations formulées par la Haute Autorité de santé et la Cour des comptes.
La prévention, l’accès rapide aux soins et la rééducation constituent donc trois enjeux majeurs.
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