Pétrole : les prix plongent après la défaite de Trump aux élections américaines, les carburants vont-ils baisser en France ?

Le pétrole chute de plus de 8 % après la défaite de Trump aux élections américaines. Quelles conséquences sur les prix de l’essence et du gazole en France ?

Modifié : 5 novembre 2026 à 17h00

Pétrole : les prix plongent après la défaite de Trump aux élections américaines

Pétrole en chute après les midterms : l’essence va-t-elle baisser ?

 

Le pétrole a enregistré une chute spectaculaire de plus de 8 % mercredi 4 novembre, au lendemain des élections de mi-mandat aux États-Unis. La victoire des démocrates au Congrès relance les espoirs d’une désescalade militaire avec l’Iran. Une évolution qui pourrait, à terme, profiter aux automobilistes français.

Une chute spectaculaire des cours du pétrole

Les marchés pétroliers ont brutalement réagi aux résultats des élections américaines de mi-mandat, les midterms, organisées mardi 3 novembre.

Mercredi, le baril de Brent, référence du marché européen, a terminé à 94,62 dollars, en recul de 8,7 %. Le pétrole américain WTI a chuté de 8,3 %, à 88,12 dollars.

Les deux références ont atteint leurs plus bas niveaux depuis la fin du mois d’août.

Jeudi 5 novembre, les cours ont toutefois amorcé un rebond, le Brent repassant au-dessus de 96 dollars en cours de séance. La tendance reste donc particulièrement volatile.  

Pourquoi la défaite de Donald Trump fait-elle baisser le pétrole ?

La réponse se trouve principalement au Moyen-Orient.

Depuis février, le conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran a fortement perturbé les marchés énergétiques internationaux.

La victoire des démocrates, qui ont repris le contrôle des deux chambres du Congrès américain, pourrait désormais compliquer la politique militaire de Donald Trump.

À partir de janvier 2027, la nouvelle majorité parlementaire pourrait notamment exercer une pression sur les financements de la guerre.

Les investisseurs anticipent ainsi une possible reprise des négociations avec Téhéran et une diminution des risques pesant sur l’approvisionnement mondial en pétrole.

Mais rien ne garantit, à ce stade, un accord diplomatique.  

Le détroit d’Ormuz au cœur des préoccupations

Le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour les exportations pétrolières du Golfe, demeure l’un des principaux facteurs d’incertitude.

Une désescalade pourrait faciliter les transports maritimes et favoriser le retour de volumes supplémentaires de pétrole sur le marché.

Selon JPMorgan, le marché pétrolier mondial serait déjà revenu à une situation d’excédent d’offre, estimé à 1,4 million de barils par jour en octobre.

Cette évolution contribue également à la détente des cours.  

Les prix à la pompe vont-ils baisser en France ?

C’est évidemment la question que se posent les automobilistes.

Une baisse durable du pétrole brut pourrait progressivement entraîner une diminution des prix de l’essence et du gazole dans les stations-service françaises.

Mais cette baisse ne sera ni immédiate ni nécessairement proportionnelle à celle du baril.

Plusieurs facteurs interviennent dans la formation des prix à la pompe : le cours du pétrole, le raffinage, les coûts de transport, les marges de distribution, les taxes et le taux de change entre l’euro et le dollar.

Dans les Bouches-du-Rhône et en Camargue, les automobilistes de Martigues, Istres, Arles, Port-Saint-Louis-du-Rhône ou des Saintes-Maries-de-la-Mer pourraient bénéficier d’une détente des tarifs si le recul des cours se confirme dans les prochains jours.

Il est cependant trop tôt pour annoncer une baisse chiffrée du litre de sans-plomb 95 ou de gazole.

Une bonne nouvelle pour le pouvoir d’achat, mais la prudence reste de mise

La chute du pétrole pourrait également contribuer à limiter les coûts de transport des entreprises et certaines pressions inflationnistes.

Mais les marchés restent suspendus à l’évolution de la situation internationale.

Une reprise des tensions militaires avec l’Iran pourrait provoquer un nouveau renchérissement du pétrole.

La baisse spectaculaire enregistrée mercredi constitue donc un signal encourageant pour les consommateurs, sans garantir pour autant un retour rapide à des carburants moins chers.