Ligne THT : le théâtre antique d’Arles plein à craquer contre le projet de RTE
Le théâtre antique d’Arles affichait complet samedi soir. À l’appel du collectif THT 13/30, plus de 2 500 personnes se sont rassemblées pour dénoncer le projet de ligne électrique à très haute tension porté par RTE.
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Plus de 2 500 personnes se sont réunies samedi 19 septembre au théâtre antique d’Arles pour contester le projet de ligne aérienne à très haute tension entre Jonquières-Saint-Vincent et Fos-sur-Mer.
Le théâtre antique d’Arles affichait complet samedi soir. À l’appel du collectif THT 13/30, plus de 2 500 personnes se sont rassemblées pour dénoncer le projet de ligne électrique à très haute tension porté par RTE. Une mobilisation qui a réuni des élus de sensibilités politiques différentes, des agriculteurs, des représentants du monde associatif, des acteurs du tourisme et de la culture, mais aussi des gardians et des Arlésiennes en costumes traditionnels. Tous ont affiché leur volonté de poursuivre le débat sur l’avenir du territoire et de demander l’étude de solutions alternatives.
Un rassemblement d’une ampleur exceptionnelle
Dans les gradins du monument romain, la mobilisation a pris une dimension particulièrement symbolique. Des dizaines de maires, députés et sénateurs étaient présents, aux côtés notamment des anciennes ministres Delphine Batho et Françoise Nyssen. Le maire d’Arles, Patrick de Carolis, a également participé au rassemblement.
Le collectif THT 13/30, qui rassemble plusieurs dizaines d’associations, avait appelé les élus et les citoyens à se retrouver pour porter un message commun : ne pas remettre en cause le besoin de décarboner l’industrie, mais contester le choix d’une infrastructure aérienne traversant plusieurs territoires agricoles et naturels sensibles.
Une centaine d’élus ont ainsi signé un engagement en faveur de la recherche d’une alternative au projet actuel. La mobilisation réunit des personnalités issues de courants politiques très différents, avec une revendication centrale : que les différentes solutions permettant d’acheminer l’électricité vers le bassin industriel de Fos soient réellement étudiées et comparées.
65 kilomètres de ligne et 145 pylônes
Au cœur du conflit se trouve le projet d’une nouvelle ligne électrique aérienne à deux circuits de 400 000 volts entre le poste de Feuillane, à Fos-sur-Mer, et celui de Jonquières-Saint-Vincent, dans le Gard.
Selon les données communiquées par RTE, le projet prévoit une infrastructure d’environ 65 kilomètres et 145 pylônes, dont la hauteur serait généralement comprise entre 40 et 60 mètres. Le tracé doit traverser ou longer plusieurs secteurs agricoles et naturels, notamment la Camargue, les plaines de l’Argence et la Crau.
Pour RTE et les acteurs économiques favorables au projet, cette nouvelle infrastructure répond à un besoin de renforcement du réseau électrique. Elle doit permettre d’accompagner la transformation et la décarbonation du bassin industriel de Fos-sur-Mer, confronté à d’importants besoins supplémentaires en électricité avec les projets industriels annoncés dans le secteur.
Début septembre, organisations patronales et syndicats de salariés se sont d’ailleurs exprimés conjointement pour défendre la réalisation de cette infrastructure. Ils mettent notamment en avant la sécurisation de l’approvisionnement électrique, l’attractivité industrielle du territoire et les enjeux liés à l’emploi.
Biodiversité, agriculture et paysages au cœur des inquiétudes
Face à ces arguments, les opposants dénoncent les conséquences potentielles d’une ligne aérienne de cette ampleur sur les paysages, l’agriculture, le tourisme et la biodiversité.
La présence d’espaces naturels protégés et de populations d’oiseaux sensibles constitue notamment l’un des principaux sujets de préoccupation. Les opposants craignent également les conséquences de l’installation des pylônes sur les exploitations agricoles et sur l’identité paysagère de territoires comme la Camargue et la Crau.
Le collectif THT 13/30 défend une autre approche reposant notamment sur l’enfouissement de certaines infrastructures et le renforcement du réseau existant. RTE a, de son côté, écarté certaines solutions d’enfouissement en mettant en avant leur coût, leur complexité technique et les délais nécessaires à leur mise en œuvre.
Le débat porte donc désormais autant sur la nécessité de renforcer le réseau électrique que sur la manière de le faire, avec une opposition qui demande que les conséquences environnementales et territoriales des différentes options soient pleinement prises en compte.
Une procédure administrative qui entre dans une nouvelle phase
Le dossier se trouve désormais à une étape importante. L’instruction de la demande de déclaration d’utilité publique déposée par RTE a été engagée par l’État en mai 2026. Une concertation relative à la mise en compatibilité des documents d’urbanisme a également été organisée au cours de l’été dans les communes concernées.
La prochaine étape majeure sera l’enquête publique préalable à la déclaration d’utilité publique. Elle permettra notamment au public de prendre connaissance du dossier et de formuler ses observations avant la poursuite de la procédure.
Pour les opposants réunis samedi à Arles, cette nouvelle phase administrative constitue donc un rendez-vous décisif. Leur mobilisation devrait se poursuivre autour d’une même demande : obtenir l’étude d’une alternative permettant de répondre aux besoins électriques du bassin de Fos tout en limitant les impacts sur les territoires traversés.
Dans les gradins du théâtre antique, le message affiché samedi était clair : le débat sur la ligne THT est loin d’être terminé. Entre impératifs industriels, transition énergétique, protection de la biodiversité et préservation des activités agricoles, c’est désormais tout un territoire qui demande à être entendu avant que le projet ne franchisse les prochaines étapes.
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