Istres : un budget sous pression, Robin Prétot prépare déjà 2027
À l’issue de ses six premiers mois de mandat, le maire d’Istres Robin Prétot veut déjà préparer 2027. Entre maîtrise des dépenses, audits des services, absence de hausse des impôts et incertitudes liées aux finances métropolitaines, la municipalité doit revoir ses priorités tout en maintenant plusieurs projets structurants.
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Invitée ce lundi à un déjeuner presse, le maire d’Istres Robin Prétot a dressé le bilan de ses six premiers mois de mandat et évoqué les grandes lignes de 2027. Dans un contexte financier contraint, le mot d’ordre est clair : sobriété et maîtrise des dépenses.
Un budget sous haute surveillance
Pour Robin Prétot, la priorité est désormais d’anticiper. Le budget a été préparé et voté rapidement afin d’éviter les dépenses imprévues en cours d’année et de mieux maîtriser les finances de la commune. Deux budgets annexes sont aujourd’hui déficitaires et les marges de manœuvre restent limitées. La municipalité a donc lancé un double audit, notamment sur les ressources humaines. Avec environ 1 700 agents, la ville souhaite mieux anticiper les départs à la retraite, réfléchir aux éventuels non-remplacements et revoir l’organisation des services. Le maire s’est notamment rendu sur le terrain, auprès des agents et des responsables de services. Des échanges sont également engagés avec les syndicats et des ateliers de travail doivent permettre de préparer un nouvel organigramme pour 2027.
Pas de hausse des impôts
Autre contrainte : la fiscalité foncière. Avec un taux communal foncier bâti particulièrement élevé de 53,43 %, Istres figure parmi les communes françaises les plus chères. Pour autant, Robin Prétot assure ne pas vouloir augmenter les impôts locaux. La municipalité entend donc adapter ses dépenses aux recettes disponibles et ne plus compter autant sur les cessions de patrimoine pour équilibrer les finances. Pour le maire, ces ventes apportent des recettes ponctuelles mais ne permettent pas de construire une stratégie financière durable. La ville doit également composer avec une dette estimée à environ 51 millions d’euros, sans épargne importante disponible.
La Métropole inquiète
Une autre incertitude concerne la Métropole Aix-Marseille-Provence. Robin Prétot s’inquiète notamment d’une possible baisse ou d’un gel des attributions de compensation versées aux communes. Selon lui, les investissements importants réalisés par la Métropole, notamment dans les transports, ont également généré des coûts de fonctionnement importants. Avec la baisse des dotations de l’État, le maire estime que la situation financière s’est fortement dégradée. Il appelle donc à une réflexion sur le fonctionnement de la Métropole et souhaite que l’État prenne également ses responsabilités.
Quels projets pour Istres ?
Malgré les contraintes budgétaires, tous les projets ne sont pas abandonnés. Le Plan Phénix, destiné à revitaliser et requalifier le centre-ville, reste d’actualité et fait actuellement l’objet d’études et de chiffrages. Le projet de grande plaine sportive et de gymnase pourrait en revanche être revu à la baisse ou reporté. Le nouveau Théâtre de l’Olivier sera, lui, livré comme prévu. Avec plusieurs dizaines de millions d’euros investis, la municipalité réfléchit déjà à son modèle économique et à la manière de mieux utiliser le lieu : mutualisation avec le cinéma, régie publicitaire ou encore location d’espaces à des acteurs privés.
Industrie et mobilité : un autre défi
Le développement industriel du territoire Fos-Berre-Étang représente une opportunité pour Istres, mais pose une question essentielle : celle des déplacements. La liaison entre Fos et Salon-de-Provence est notamment au cœur des réflexions pour faciliter les trajets domicile-travail des salariés du territoire, avec la possibilité de développer des dessertes gratuites. Pour Robin Prétot, le développement économique ne pourra pas se faire sans réponse adaptée aux problèmes de mobilité.
Des économies et quelques nouveautés
Depuis le début du mandat, la municipalité met également en avant plusieurs mesures d’économies, dont la vente aux enchères de plus de 50 véhicules municipaux qui en comptent aujourd'hui près de 300 et la réduction de certaines dépenses liées aux événements estivaux. Une Fête de la Libération a également été créée et la ville souhaite renforcer le dialogue avec les associations. Dans le domaine sportif, un état des lieux doit notamment permettre de mieux maîtriser l’évolution des subventions. Autre dossier important : le projet d’incinérateur porté par Suez ne devrait finalement pas voir le jour, après le retrait du projet annoncé début septembre.
2027, une année encore très incertaine
À quelques mois de l’échéance présidentielle de 2027, les collectivités avancent également dans un contexte national difficile à anticiper. Évolution des dotations de l’État, finances de la Métropole, investissements et fiscalité : de nombreuses inconnues restent encore à lever. À Istres, la ligne est donc désormais clairement affichée : dépenser moins, anticiper davantage et hiérarchiser les projets. Une équation budgétaire qui pourrait encore évoluer au fil des décisions nationales et métropolitaines.
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