Chasse en Camargue : la saison est ouverte, mais pas n’importe où ni n’importe comment
Depuis dimanche 13 septembre, les chasseurs ont repris leurs habitudes dans les marais, les plaines et les massifs de Camargue.
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Depuis le 13 septembre, la saison cynégétique 2026-2027 est officiellement lancée dans les Bouches-du-Rhône et le Gard.
Depuis dimanche 13 septembre, les chasseurs ont repris leurs habitudes dans les marais, les plaines et les massifs de Camargue. Dans les Bouches-du-Rhône comme dans le Gard, l’ouverture générale marque le début d’une saison qui doit se poursuivre jusqu’au 28 février 2027 au soir. Mais cette date ne signifie pas que toutes les espèces peuvent être chassées partout et tous les jours. Dans un territoire partagé entre chasseurs, promeneurs, cyclistes, cavaliers, agriculteurs et touristes, connaître les règles et rester attentif aux signalements demeure essentiel.
Une ouverture fixée au 13 septembre dans les deux départements
Dans les Bouches-du-Rhône, l’ouverture générale de la chasse à tir et de la chasse au vol a été fixée au dimanche 13 septembre 2026 à 7 heures. Dans le Gard, elle a débuté le même jour à 8 heures. Dans les deux départements, la fermeture générale est prévue le 28 février 2027 au soir.
Cette période constitue toutefois un cadre général. Les arrêtés préfectoraux prévoient des calendriers différents selon les espèces, les territoires et les modes de chasse. Certaines espèces peuvent ainsi faire l’objet d’ouvertures anticipées ou de dispositions particulières.
Le sanglier et le chevreuil, notamment, peuvent être chassés avant l’ouverture générale dans certaines conditions. Ces dispositions répondent notamment à des objectifs de gestion des populations et de prévention des dégâts causés aux cultures. Dans le Gard, par exemple, la chasse au sanglier a fait l’objet de mesures spécifiques dès le mois d’août.
Entendre des coups de feu avant le 13 septembre ne signifie donc pas automatiquement qu'une chasse est pratiquée en infraction. Pour déterminer si une action de chasse est autorisée, il faut tenir compte de l’espèce concernée, du territoire, du mode de chasse et des conditions fixées par l’arrêté applicable.
Une réglementation différente selon les espèces
Sanglier, chevreuil, lièvre, lapin, gibier d’eau ou encore oiseaux migrateurs ne sont pas soumis aux mêmes règles. Le gibier d’eau, particulièrement présent dans les zones humides camarguaises, relève notamment de dispositions spécifiques concernant les dates et les modalités de prélèvement.
Dans le Gard, certaines pratiques sont également suspendues certains jours de la semaine. La chasse à tir du gibier sédentaire, de la bécasse des bois et de la caille des blés est notamment suspendue les mardis et vendredis, hors jours fériés, avec plusieurs exceptions prévues par l’arrêté départemental. Les battues au sanglier sont elles aussi soumises à des restrictions spécifiques.
Dans les Bouches-du-Rhône, la situation dépend également des espèces et des territoires. Certaines sociétés de chasse disposent ainsi de jours de pratique déterminés par leur règlement et les dispositions applicables localement.
Il est donc impossible de considérer qu’un jour précis de la semaine est automatiquement synonyme d’absence de chasse dans toute la Camargue.
Des espaces naturels partagés par de nombreux usagers
La question est particulièrement sensible dans un territoire comme la Camargue, où les mêmes chemins et espaces naturels peuvent être fréquentés par des chasseurs, des promeneurs, des cyclistes, des cavaliers ou encore des touristes.
La réouverture de la chasse ne signifie pas que les espaces naturels deviennent interdits au public. Elle impose en revanche à chacun une vigilance renforcée.
Lorsqu’une battue ou une action de chasse est signalée, les usagers sont invités à respecter les panneaux installés sur les lieux, à ne pas pénétrer dans les secteurs explicitement signalés et, lorsque cela est possible, à rester sur les itinéraires balisés. Se rendre visible et éviter de s’approcher d’une zone de chasse permettent également de limiter les situations à risque.
Les panneaux « chasse en cours » ou « battue en cours » ont précisément vocation à informer les autres usagers et à faciliter cette cohabitation.
Du côté des chasseurs, les règles de sécurité imposent notamment d’identifier avec certitude le gibier avant tout tir, de respecter les angles de sécurité et de maîtriser la direction des tirs. L’Office français de la biodiversité rappelle d’ailleurs régulièrement l’importance du respect des règles de sécurité, aussi bien pour les chasseurs que pour les autres utilisateurs de la nature.
Une activité profondément ancrée dans le territoire camarguais
En Camargue, la chasse fait partie des pratiques traditionnelles liées aux zones humides et aux espaces ruraux. Elle concerne notamment le petit gibier, le sanglier et, dans les secteurs de marais, les oiseaux d’eau.
À l’échelle du Gard, la Fédération départementale des chasseurs recense environ 18 800 chasseurs actifs. Entre 900 et 1 000 d’entre eux pratiquent plus particulièrement la chasse au gibier d’eau, principalement dans le sud du département.
Il reste en revanche difficile d’établir précisément combien de chasseurs pratiquent leur activité sur la seule Camargue. Le territoire camarguais s’étend sur plusieurs espaces et deux départements, avec une mosaïque de propriétés publiques, privées et associatives. Sans étude consolidée permettant de distinguer précisément ces différents territoires, avancer un chiffre unique serait donc approximatif.
Une population de chasseurs en recul sur plusieurs décennies
À l’échelle nationale, la chasse connaît par ailleurs une évolution démographique importante. Le nombre de pratiquants a fortement diminué depuis plusieurs décennies, alors que la pression de chasse et les prélèvements peuvent continuer à évoluer selon les espèces.
Cette évolution n’empêche pas la chasse de conserver un rôle dans la gestion de certaines populations animales. Le sanglier constitue notamment un enjeu important dans de nombreux territoires en raison des dégâts agricoles et des risques associés à sa présence, notamment sur les routes.
Les données de l’Office français de la biodiversité montrent ainsi une hausse importante des prélèvements de sangliers sur le long terme, avec environ 800 000 animaux prélevés en moyenne chaque année sur les dernières années étudiées. La situation reste toutefois très variable d’un département et d’un territoire à l’autre.
Une vigilance supplémentaire face au risque incendie
Cette reprise de la chasse intervient également durant une période où le risque d’incendie reste un sujet de vigilance dans les Bouches-du-Rhône.
L’accès aux massifs forestiers du département est réglementé durant la période estivale, jusqu’au 30 septembre. Les conditions d’accès peuvent évoluer en fonction du niveau de danger et doivent être vérifiées avant toute sortie.
Le département connaît par ailleurs plus de 300 départs de feu chaque année. La chasse n’est évidemment pas présentée comme une cause habituelle d’incendie, mais la présence humaine dans les espaces naturels, les déplacements de véhicules ou toute imprudence dans une végétation sèche peuvent contribuer au risque de départ de feu.
Avant de partir dans un massif, les promeneurs comme les chasseurs ont donc intérêt à vérifier les conditions d’accès et à respecter les éventuelles interdictions en vigueur.
Partager le territoire en toute sécurité
L’ouverture de la saison de chasse rappelle finalement une réalité bien connue en Camargue : les espaces naturels sont aujourd’hui utilisés par un nombre croissant d’activités et d’usagers.
Chasseurs, marcheurs, cyclistes, cavaliers, naturalistes, agriculteurs et touristes doivent composer avec cette diversité des usages. Pour les promeneurs, la prudence passe par la consultation des informations locales, le respect de la signalisation et une attention particulière aux zones de chasse signalées.
Pour les chasseurs, le respect strict des règles de sécurité reste indispensable afin de permettre à chacun de profiter du territoire sans prendre de risque inutile.
La saison 2026-2027 est donc bien ouverte, mais elle ne se résume pas à une simple date inscrite au calendrier. En Camargue plus qu’ailleurs, la connaissance des règles, la vigilance et le respect mutuel restent les meilleurs alliés d’une cohabitation apaisée.
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