CHANGEMENT D’HEURE : NOS ENFANTS NON PLUS N’ONT PAS CHANGÉ D’HORLOGE BIOLOGIQUE !

Depuis ce dimanche 25 octobre, nous sommes passés à l’heure d’hiver. Une heure de sommeil supplémentaire pour les adultes, du moins en théorie ! Car pour les bébés et les jeunes enfants, ce décalage peut modifier les habitudes de sommeil, les repas et les heures de réveil.

Modifié : 10h48

CHANGEMENT D’HEURE : NOS ENFANTS NON PLUS N’ONT PAS CHANGÉ D’HORLOGE BIOLOGIQUE !

UNE HEURE DE PLUS POUR DORMIR… VRAIMENT ?

Dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2026, à 3 heures du matin, il était de nouveau 2 heures.

Toute la France métropolitaine est passée à l’heure d’hiver.

Sur le papier, nous avons donc gagné une heure de sommeil.

Mais les parents de jeunes enfants le savent bien : ce n’est pas parce que les aiguilles reculent que les petits décident de dormir une heure supplémentaire !

Un enfant habitué à se réveiller à 7 heures peut ainsi ouvrir les yeux dès 6 heures, selon la nouvelle heure officielle.

Pour lui, rien n’a changé. Son organisme continue de fonctionner selon son rythme habituel.

Et c’est précisément là que les difficultés peuvent commencer.

POURQUOI LES BÉBÉS ET LES JEUNES ENFANTS SONT-ILS CONCERNÉS ?

Notre organisme possède une horloge biologique qui régule notamment les périodes de sommeil et d’éveil.

Cette horloge est influencée par la lumière naturelle, mais également par les habitudes quotidiennes.

Chez les nourrissons, le rythme entre le jour et la nuit se construit progressivement au cours des premiers mois.

Chez les enfants plus grands, les horaires des repas, des siestes, des activités et du coucher constituent des repères importants.

Le changement d’heure peut donc provoquer temporairement quelques perturbations : réveils plus précoces, difficultés à s’endormir, irritabilité ou fatigue inhabituelle.

Mais attention : tous les enfants ne sont pas perturbés par le changement d’heure.

Certains s’adaptent sans difficulté. D’autres, particulièrement attachés à leurs habitudes, ont besoin de quelques jours.

Le pédiatre Andréas Werner, interrogé sur le site spécialisé mpedia, rappelle d’ailleurs que les très jeunes bébés rencontrent généralement peu de difficultés avec ce changement. Les adaptations deviennent parfois plus utiles chez les enfants plus grands.

POUR LES NOURRISSONS : RESPECTER LEUR RYTHME AVANT TOUT

C’est probablement le conseil le plus important.

Chez un nourrisson, il ne faut pas chercher à imposer brutalement de nouveaux horaires sous prétexte que nous avons changé d’heure.

Le dispositif public des 1 000 premiers jours rappelle que les rythmes de sommeil des bébés se construisent progressivement.

Durant les premiers mois, les périodes de sommeil et d’éveil peuvent être très irrégulières.

Un bébé peut dormir davantage pendant la journée, se réveiller plusieurs fois la nuit et réclamer ses repas à des heures variables.

Ce fonctionnement est normal.

Il est donc préférable de respecter ses besoins, d’observer les signes de fatigue et de maintenir une atmosphère rassurante.

Un bébé qui bâille, se frotte les yeux ou devient agité manifeste peut-être simplement son besoin de dormir.

Inutile de le maintenir éveillé artificiellement pour le faire correspondre immédiatement à la nouvelle heure.

Même chose pour l’alimentation : les besoins du nourrisson doivent rester prioritaires sur l’horloge.

ENTRE 1 ET 3 ANS : LES HABITUDES COMPTENT BEAUCOUP

À mesure que l’enfant grandit, ses journées deviennent généralement plus structurées.

Le lever, les repas, la sieste, le bain et le coucher constituent autant de repères.

Un décalage brutal d’une heure peut donc être ressenti par certains enfants.

Prenons un exemple.

Votre enfant a l’habitude de dîner à 19 heures et de se coucher à 20 heures.

Après le passage à l’heure d’hiver, son organisme peut commencer à réclamer le repas dès 18 heures et manifester des signes de fatigue vers 19 heures.

Il n’est pas nécessaire de bouleverser immédiatement toute son organisation.

On peut progressivement décaler les horaires de 10 à 15 minutes par jour, en fonction de ses réactions.

En quelques jours, beaucoup d’enfants retrouvent ainsi leurs habitudes.

L’essentiel n’est pas de respecter la montre à la minute près, mais de préserver les besoins de sommeil de l’enfant.

LE RITUEL DU COUCHER : NOTRE MEILLEUR ALLIÉ

Les spécialistes de l’Assurance maladie insistent sur l’importance de la régularité.

Un enfant s’endort généralement plus facilement lorsqu’il retrouve des habitudes rassurantes.

Le bain, le pyjama, une histoire, un câlin ou une berceuse peuvent constituer un véritable rituel du coucher.

Ce qui compte, c’est de conserver ces repères, même lorsque l’horaire évolue légèrement.

Il est également recommandé de privilégier une chambre calme, une lumière tamisée et une température adaptée.

L’Assurance maladie conseille une température comprise entre 18 et 20 °C dans la chambre.

Et surtout, évitons les écrans avant le coucher.

Leur lumière et leurs contenus stimulants peuvent compliquer l’endormissement.

LA LUMIÈRE NATURELLE POUR REMETTRE LES PENDULES À L’HEURE

C’est un élément essentiel, souvent sous-estimé.

La lumière naturelle participe à la synchronisation de notre horloge biologique.

Dès le matin, ouvrir les volets et profiter de la lumière du jour aide l’organisme à identifier le début de la journée.

Une promenade, des jeux à l’extérieur ou une activité tranquille en plein air peuvent également contribuer à structurer le rythme quotidien.

Le soir, à l’inverse, une ambiance plus calme et moins lumineuse favorise la préparation au sommeil.

Il ne s’agit pas de transformer le changement d’heure en programme compliqué.

Quelques habitudes régulières suffisent souvent.

ET SI NOTRE ENFANT SE RÉVEILLE À 5 OU 6 HEURES DU MATIN ?

C’est probablement la situation que redoutent le plus les parents !

Un enfant habitué à se lever à 6 heures peut désormais se réveiller à 5 heures.

La tentation est grande de modifier brutalement son heure de coucher ou de supprimer sa sieste pour qu’il dorme davantage le lendemain.

Ce n’est généralement pas la bonne solution.

Un enfant trop fatigué peut, au contraire, rencontrer davantage de difficultés à s’endormir.

Mieux vaut conserver des repères réguliers et ajuster progressivement les horaires.

Si l’enfant se réveille très tôt, on peut maintenir une ambiance calme et peu lumineuse, sans nécessairement commencer immédiatement toutes les activités de la journée.

Mais il faut également respecter ses besoins, particulièrement chez les plus petits.

La patience reste souvent le meilleur remède.

ET POUR LES PARENTS, COMMENT S’ORGANISER DÈS CE LUNDI ?

Le changement d’heure intervient cette année pendant les vacances scolaires de la Toussaint en métropole.

Une période qui peut faciliter l’adaptation, puisque certaines familles disposent de davantage de souplesse dans leurs horaires.

Pour celles qui doivent continuer à travailler et confier leurs enfants à une crèche, une assistante maternelle ou des proches, quelques ajustements peuvent être utiles.

Voici cinq conseils simples :

1. Décaler progressivement les horaires.
Si votre enfant semble perturbé, ajustez les repas, les siestes et le coucher par petites étapes de 10 à 15 minutes.

2. Conserver les rituels.
L’histoire du soir, le câlin et les habitudes rassurantes doivent rester les mêmes.

3. Profiter de la lumière du matin.
La lumière naturelle aide à retrouver progressivement un rythme régulier.

4. Ne pas supprimer les siestes nécessaires.
Un enfant fatigué a besoin de repos. Respectez ses besoins selon son âge.

5. Éviter les écrans avant le coucher.
Privilégiez les activités calmes, les histoires et les moments partagés.

Et si les troubles du sommeil persistent ou deviennent importants, un avis médical peut être utile.

FINALEMENT, NOS ENFANTS SONT UN PEU COMME NOS ANIMAUX !

Nous l’évoquions dans notre précédent article consacré aux chiens, aux chats, aux chevaux et aux taureaux de Camargue.

Nos animaux ne connaissent pas le changement d’heure.

Nos jeunes enfants non plus !

Les uns comme les autres vivent d’abord selon leurs besoins biologiques et les habitudes qui structurent leurs journées.

Ce sont nos horaires officiels qui ont changé, pas leur organisme.

Alors, si votre petit dernier vous réveille une heure plus tôt ce lundi matin, inutile de lui expliquer que nous sommes passés à l’heure d’hiver.

Il risque de ne pas être très sensible à l’argument !

Finalement, nous avons changé d’heure. Mais pour les bébés, l’heure du biberon, du câlin ou du dodo reste avant tout celle de leurs besoins !