Autoradio obligatoire dans les voitures neuves : le Sénat veut garantir l’avenir de la radio

Le Sénat veut rendre obligatoire la radio FM et DAB+ dans les voitures neuves. Une mesure importante pour les automobilistes et les radios locales.

Modifié : 11h08

Autoradio obligatoire dans les voitures neuves : le Sénat veut garantir l’avenir de la radio

Autoradio obligatoire : le Sénat veut protéger la FM et le DAB+ dans les voitures neuves

 

Le Sénat a adopté une proposition de loi visant à imposer la présence d’un récepteur FM et DAB+ dans les véhicules neufs. Une mesure destinée à préserver l’accès gratuit à la radio, alors que les constructeurs automobiles privilégient de plus en plus les systèmes connectés. Pour les radios locales, notamment en Camargue et en Provence, l’enjeu est considérable.

La radio pourrait devenir un équipement obligatoire dans toutes les voitures neuves

C’est une décision importante pour l’avenir de la radio française. Mardi 13 octobre 2026, les sénateurs ont adopté en première lecture une proposition de loi visant à moderniser le secteur radiophonique.

Porté par Laurent Lafon, sénateur centriste du Val-de-Marne et président de la commission de la culture du Sénat, le texte prévoit notamment de rendre obligatoire la présence d’un récepteur radio compatible avec la modulation de fréquence (FM) et la radio numérique terrestre (DAB+) dans les véhicules neufs.

L’objectif est simple : permettre aux automobilistes de continuer à écouter gratuitement leurs stations préférées, sans dépendre d’une connexion Internet ou d’un abonnement.

La mesure concernerait également les véhicules utilitaires et les poids lourds.

Attention toutefois : il ne s’agit pas encore d’une obligation en vigueur. Le texte doit poursuivre son parcours parlementaire, notamment devant l’Assemblée nationale.

Pourquoi les sénateurs veulent-ils protéger l’autoradio ?

Depuis plusieurs années, l’industrie automobile transforme profondément les équipements embarqués.

Les écrans tactiles, les applications musicales et les plateformes de streaming occupent une place grandissante dans les véhicules.

Certains constructeurs proposent désormais des systèmes multimédias dans lesquels l’accès à la radio traditionnelle n’est plus systématiquement garanti.

Une évolution qui inquiète les professionnels du secteur.

Car la radio demeure un média particulièrement populaire en France.

Selon les données de Médiamétrie reprises dans le rapport sénatorial, environ 38 millions de Français âgés de 13 ans et plus écoutent la radio chaque jour.

Mais son audience s’érode progressivement, notamment auprès des jeunes générations.

Or, la voiture reste l’un des lieux privilégiés de l’écoute radiophonique.

Pour les sénateurs, il serait paradoxal de laisser disparaître progressivement l’accès direct à la radio dans les véhicules, alors que celle-ci constitue toujours un moyen essentiel d’information, de divertissement et d’accompagnement des déplacements.

Le DAB+, qu’est-ce que c’est exactement ?

Derrière ce sigle encore méconnu se cache une évolution majeure de la radio.

Le DAB+, pour Digital Audio Broadcasting, est une technologie de diffusion numérique qui permet de recevoir des stations de radio gratuitement, sans utiliser Internet.

Contrairement à l’écoute sur smartphone, elle ne consomme pas de données mobiles.

Elle offre également une meilleure qualité sonore dans de bonnes conditions de réception et permet d’accéder à davantage de programmes.

Le DAB+ est en quelque sorte l’équivalent, pour la radio, de la télévision numérique terrestre (TNT).

Son déploiement progresse en France, mais tous les appareils ne sont pas encore compatibles.

La proposition de loi entend donc accélérer l’équipement des Français, aussi bien dans les voitures qu’à domicile.

En Camargue et en Provence, un enjeu particulièrement important

Pour les habitants d’Arles, de Port-Saint-Louis-du-Rhône, des Saintes-Maries-de-la-Mer, de Martigues, d’Istres ou encore de Fos-sur-Mer, la voiture fait partie intégrante des déplacements quotidiens.

Entre trajets professionnels, déplacements familiaux et longues distances, la radio accompagne de nombreux automobilistes.

Elle permet de retrouver de la musique, des informations locales, la météo, les conditions de circulation ou encore les événements qui rythment la vie du territoire.

Pour les radios de proximité comme Radio Camargue, diffusée sur 94.6 FM, la préservation de l’autoradio représente donc un enjeu essentiel.

C’est aussi une question de pluralisme : garantir l’accès aux radios locales, c’est permettre aux habitants de continuer à bénéficier d’une information proche de leur quotidien, aux côtés des grandes stations nationales.

Un média indispensable en cas de crise

Les sénateurs mettent également en avant un argument de sécurité publique.

En cas d’intempéries majeures, d’inondations, d’incendies ou de saturation des réseaux mobiles, la radio hertzienne peut continuer à transmettre des informations et des consignes aux populations, sous réserve du fonctionnement de ses infrastructures de diffusion.

Cet enjeu prend une dimension particulière dans le sud de la France, régulièrement confronté aux épisodes méditerranéens, aux risques d’incendie et aux difficultés de circulation.

Contrairement aux applications connectées, la réception FM ou DAB+ ne nécessite pas d’accès individuel à Internet.

La radio conserve ainsi une fonction d’information et d’alerte qui dépasse largement son rôle de divertissement.

Des publicités radio également concernées

La proposition de loi ne se limite pas aux autoradios.

Elle prévoit également d’assouplir certaines obligations relatives aux mentions légales diffusées dans les messages publicitaires.

Aujourd’hui, de nombreuses publicités radiophoniques doivent comporter des avertissements sanitaires, environnementaux ou réglementaires.

Le texte permettrait, sous certaines conditions, de remplacer certaines de ces mentions par des campagnes d’intérêt général ou des programmes d’information consacrés aux mêmes sujets.

L’objectif affiché est de maintenir la prévention du public tout en évitant l’accumulation de messages parfois difficiles à comprendre à l’oral.

Pour les radios commerciales et associatives, cette évolution pourrait également contribuer à préserver les recettes publicitaires, indispensables au financement de leurs programmes.

Une nouvelle étape pour l’avenir de la radio

Le texte adopté par le Sénat traduit une volonté de préserver un média qui reste profondément ancré dans les habitudes des Français.

La radio doit certes évoluer avec les nouvelles technologies, mais sans perdre ce qui fait sa force : sa gratuité, sa simplicité d’accès, sa proximité et sa capacité à informer rapidement.

Reste désormais à connaître la position des députés et la version définitive du texte.

Une chose est certaine : à l’heure des plateformes numériques et des voitures toujours plus connectées, l’avenir de la radio se joue aussi derrière le volant.