SÉNATORIALES 2026 : QUI VOTE DIMANCHE, COMMENT SONT ÉLUS LES SÉNATEURS ET À QUOI SERT LE SÉNAT ?

Qui vote aux élections sénatoriales du 27 septembre 2026 ? Grands électeurs, listes, scrutin proportionnel, nombre de tours, mandat et rôle du Sénat : Radio Camargue vous explique tout.

Modifié : 10h02

SÉNATORIALES 2026 : QUI VOTE DIMANCHE, COMMENT SONT ÉLUS LES SÉNATEURS ET À QUOI SERT LE SÉNAT ?

Sénatoriales 2026 : qui vote dimanche et comment sont élus les sénateurs ?

 

Dimanche 27 septembre 2026, près de la moitié du Sénat français sera renouvelée. Mais contrairement à une présidentielle, aux législatives ou aux municipales, les citoyens ne se rendront pas directement aux urnes. Les sénateurs sont élus au suffrage universel indirect par des « grands électeurs », principalement issus des communes. Qui vote ? Comment se déroule le scrutin ? Pourquoi parle-t-on de listes dans certains départements et de deux tours dans d’autres ? Et, au fond, à quoi sert le Sénat ? Radio Camargue vous explique.

DIMANCHE, QUE VA-T-ON EXACTEMENT ÉLIRE ?

Le Sénat français compte 348 sénateurs.

Ils sont élus pour six ans, mais les 348 sièges ne sont jamais remis en jeu simultanément. Le Sénat est renouvelé par moitié tous les trois ans, ce qui permet à cette assemblée de conserver une certaine continuité.

Le dimanche 27 septembre 2026, ce sont les 178 sièges de la série 2 qui doivent être renouvelés.

Le précédent renouvellement sénatorial avait eu lieu en septembre 2023 pour l’autre moitié de la Haute Assemblée.

Notre région est directement concernée puisque les Bouches-du-Rhône et le Gard font partie des départements renouvelés cette année.

PREMIÈRE PARTICULARITÉ : LES CITOYENS NE VOTENT PAS DIRECTEMENT

C’est probablement ce qui distingue le plus les élections sénatoriales des autres grands rendez-vous électoraux français.

Les sénateurs sont élus au suffrage universel indirect.

Autrement dit, dimanche, la très grande majorité des habitants ne se rendra pas dans un bureau de vote.

Ce sont des grands électeurs qui désignent les sénateurs.

QUI SONT CES « GRANDS ÉLECTEURS » ?

Le collège électoral sénatorial est composé notamment :

  • des députés ;
  • des sénateurs ;
  • des conseillers régionaux ;
  • des conseillers départementaux ;
  • et surtout des représentants des conseils municipaux.

Les représentants des communes constituent de très loin la majorité du collège électoral sénatorial.

C’est essentiel pour comprendre la philosophie du Sénat : la Constitution lui confie notamment la mission de représenter les collectivités territoriales de la République.

Les communes et leurs élus occupent donc une place déterminante dans le choix des sénateurs.

TOUS LES CONSEILLERS MUNICIPAUX SONT-ILS GRANDS ÉLECTEURS ?

Non.

Tout dépend de la taille de la commune.

Dans les petites communes, le conseil municipal désigne seulement un certain nombre de délégués parmi ses membres.

Plus la commune est importante, plus elle dispose de représentants.

Dans les communes d’au moins 9 000 habitants, l’ensemble des conseillers municipaux participe au collège électoral sénatorial.

Et dans les communes dépassant 30 000 habitants, des délégués supplémentaires viennent encore compléter le collège afin de tenir compte de la population.

Voilà pourquoi les élections sénatoriales sont souvent particulièrement observées par les maires et les élus municipaux.

LE VOTE EST-IL OBLIGATOIRE POUR LES GRANDS ÉLECTEURS ?

Oui.

Contrairement au vote des citoyens lors des élections classiques, la participation des grands électeurs aux élections sénatoriales est obligatoire, sauf motif légitime prévu par la réglementation.

QUI PEUT DEVENIR SÉNATEUR ?

Contrairement à une idée parfois répandue, il n’est pas obligatoire d’être maire, conseiller départemental ou élu local pour se présenter.

Pour être candidat au Sénat, il faut notamment :

  • être Français ;
  • avoir au moins 24 ans ;
  • disposer de ses droits civiques ;
  • et ne pas être frappé d’une cause d’inéligibilité.

Dans les faits, beaucoup de candidats possèdent néanmoins une expérience municipale, départementale ou régionale, ce qui s’explique par la nature même du collège électoral.

QUI CHOISIT LES CANDIDATS ?

Il faut distinguer deux choses.

Les partis et mouvements politiques sont libres d’organiser leurs propres procédures internes : investiture, discussions entre responsables, accords entre formations, choix d’une tête de liste, représentation des territoires, etc.

Mais la loi n’impose pas une primaire ou un mécanisme uniforme de désignation.

Ce sont ensuite les candidatures officiellement enregistrées qui sont soumises au vote des grands électeurs.

Y A-T-IL UN OU DEUX TOURS ?

C’est là que le système devient un peu plus complexe.

Il existe deux modes de scrutin, en fonction du nombre de sénateurs à élire dans le département.

Un ou deux sénateurs : scrutin majoritaire

Dans les départements qui élisent un ou deux sénateurs, l’élection se déroule au scrutin majoritaire à deux tours.

Pour être élu dès le premier tour, il faut obtenir :

  • la majorité absolue des suffrages exprimés ;
  • et un nombre de voix représentant au moins le quart des électeurs inscrits.

Si tous les sièges ne sont pas pourvus au premier tour, un second tour est organisé.

Particularité : contrairement à une présidentielle ou à des législatives, les deux tours peuvent se dérouler le même jour.

Au second tour, la majorité relative suffit : les candidats obtenant le plus grand nombre de voix sont élus.

TROIS SÉNATEURS OU PLUS : DES LISTES ET DE LA PROPORTIONNELLE

Dans les départements où sont élus trois sénateurs ou davantage, le système change complètement.

L’élection se déroule alors à la représentation proportionnelle, au scrutin de liste et en un seul tour.

Les grands électeurs ne choisissent donc pas individuellement un candidat : ils votent pour une liste.

Il n’y a :

  • ni panachage ;
  • ni possibilité de supprimer un nom ;
  • ni vote préférentiel permettant de modifier l’ordre des candidats.

Les sièges sont ensuite attribués proportionnellement aux résultats obtenus par chaque liste, selon le système de la plus forte moyenne.

Et, à l’intérieur de chaque liste, les candidats deviennent sénateurs dans l’ordre dans lequel ils ont été présentés.

L’ordre de la liste est donc déterminant.

COMMENT SE FAIT LE CALCUL À LA PROPORTIONNELLE ?

Prenons un exemple volontairement simplifié.

Imaginons huit sièges à répartir entre plusieurs listes.

On calcule d’abord un quotient électoral en divisant le nombre de suffrages exprimés par le nombre de sièges à attribuer.

Une première répartition est effectuée en fonction de ce quotient.

Les sièges restant à distribuer sont ensuite attribués selon la règle dite de la plus forte moyenne.

Le système vise donc à permettre à plusieurs listes d’obtenir une représentation correspondant à leur poids électoral, plutôt qu’à donner tous les sièges à la liste arrivée en tête.

COMMENT SONT CONSTITUÉES LES LISTES ?

Dans les départements votant à la proportionnelle, chaque liste doit respecter plusieurs règles.

Elle comprend davantage de candidats que le nombre exact de sièges à pourvoir afin de prévoir notamment les situations de remplacement.

Elle doit aussi respecter les règles de parité, avec une alternance entre candidats des deux sexes.

Les sièges remportés sont attribués dans l’ordre de présentation.

Ainsi, si une liste obtient trois sièges, ce sont ses trois premiers candidats qui sont élus.

ET DANS LES BOUCHES-DU-RHÔNE ?

Les Bouches-du-Rhône élisent plusieurs sénateurs et relèvent donc du scrutin proportionnel de liste à un tour.

Pour les grands électeurs du département, il n’est donc pas question de sélectionner plusieurs personnalités appartenant à différentes listes.

Ils choisissent une liste complète.

Après dépouillement, les sièges sont répartis entre les listes en fonction de leur nombre de voix, selon la règle de la plus forte moyenne.

ET DANS LE GARD ?

Le Gard élit lui aussi suffisamment de sénateurs pour relever de la représentation proportionnelle.

Là encore, les grands électeurs choisissent donc entre différentes listes, en un seul tour.

Dans une grande partie du territoire couvert par Radio Camargue, le principe à retenir est donc simple :

un collège de grands électeurs, un vote sur des listes et une répartition proportionnelle des sièges.

MAIS À QUOI SERT LE SÉNAT ?

Pour comprendre l’importance de cette élection, il faut revenir au fonctionnement des institutions françaises.

Le Parlement comprend deux assemblées :

l’Assemblée nationale, composée de députés ;

et le Sénat, composé de sénateurs.

Le Sénat n’est donc pas une simple instance consultative.

Avec l’Assemblée nationale, il participe directement au travail législatif.

PREMIÈRE MISSION : VOTER LES LOIS

Lorsqu’un projet ou une proposition de loi est examiné par le Parlement, députés et sénateurs peuvent successivement étudier le texte.

Ils peuvent :

  • l’adopter ;
  • le modifier ;
  • déposer et voter des amendements ;
  • supprimer certaines dispositions ;
  • en ajouter d’autres.

Le texte peut ainsi passer plusieurs fois de l’Assemblée nationale au Sénat.

C’est ce qu’on appelle la navette parlementaire.

Lorsque les deux chambres ne parviennent pas à s’entendre sur une loi ordinaire, différents mécanismes de conciliation existent et, dans certaines conditions prévues par la Constitution, l’Assemblée nationale peut finalement avoir le dernier mot.

Mais le Sénat participe pleinement à toute la phase d’examen et de modification des textes.

DEUXIÈME MISSION : CONTRÔLER LE GOUVERNEMENT

Le Sénat contrôle également l’action du Gouvernement.

Les sénateurs peuvent notamment :

  • interroger les ministres ;
  • organiser des auditions ;
  • mener des missions d’information ;
  • créer des commissions d’enquête ;
  • étudier l’utilisation de l’argent public ;
  • contrôler la mise en œuvre des politiques publiques.

La Constitution confie explicitement au Parlement une mission de contrôle de l’action du Gouvernement et d’évaluation des politiques publiques.

LE SÉNAT PEUT-IL FAIRE TOMBER LE GOUVERNEMENT ?

Non.

C’est une différence essentielle avec l’Assemblée nationale.

Le Gouvernement est politiquement responsable devant l’Assemblée nationale, qui peut adopter une motion de censure.

Le Sénat peut questionner, contrôler ou contester l’action gouvernementale, mais il ne peut pas renverser le Gouvernement par une motion de censure.

PEUT-ON DISSOUDRE LE SÉNAT ?

Non plus.

Le président de la République peut, sous certaines conditions, dissoudre l’Assemblée nationale.

Il ne peut pas dissoudre le Sénat.

Le Sénat est donc une assemblée permanente.

C’est aussi l’une des raisons de son renouvellement par moitié tous les trois ans.

LE SÉNAT REPRÉSENTE PARTICULIÈREMENT LES TERRITOIRES

C’est probablement l’une de ses caractéristiques les plus importantes.

L’article 24 de la Constitution prévoit que le Sénat assure la représentation des collectivités territoriales de la République.

Communes, départements et régions occupent donc une place centrale dans son mode d’élection.

Ce lien explique aussi pourquoi de nombreux dossiers concernant les collectivités locales, les communes rurales, l’aménagement du territoire ou les finances locales font l’objet d’un suivi particulièrement attentif au Sénat.

ET LE PRÉSIDENT DU SÉNAT ?

Le président du Sénat possède également un rôle institutionnel particulier.

En cas de vacance de la présidence de la République — par exemple après un décès ou une démission — ou en cas d’empêchement constaté du chef de l’État, le président du Sénat assure provisoirement les fonctions de président de la République, dans les conditions prévues par la Constitution.

Cette situation s’est déjà produite sous la Ve République avec Alain Poher.

POURQUOI LES SÉNATEURS SONT-ILS ÉLUS POUR SIX ANS ?

Le mandat d’un sénateur dure six ans.

Mais seule la moitié du Sénat est renouvelée tous les trois ans.

Ce mécanisme vise à assurer une continuité institutionnelle.

À aucun moment les 348 sièges ne sont simultanément remis en jeu.

Le Sénat conserve donc toujours une moitié de ses membres déjà en fonction.

EN RÉSUMÉ

Quelques chiffres et principes permettent de retenir l’essentiel :

  • 348 sénateurs composent le Sénat.
  • 178 sièges sont renouvelés en septembre 2026.
  • Le mandat d’un sénateur dure six ans.
  • Le Sénat est renouvelé par moitié tous les trois ans.
  • Les citoyens n’élisent pas directement les sénateurs : ce sont les grands électeurs.
  • Ces grands électeurs sont principalement issus des communes.
  • Dans les départements élisant un ou deux sénateurs : scrutin majoritaire, avec éventuellement deux tours.
  • Dans les départements élisant trois sénateurs ou plus : scrutin de listes à la proportionnelle et en un seul tour.
  • Le Sénat vote la loi, contrôle l’action du Gouvernement, évalue les politiques publiques et représente les collectivités territoriales.

Un scrutin beaucoup moins visible pour le grand public qu’une présidentielle, des législatives ou des municipales, mais loin d’être secondaire : ce dimanche, c’est près de la moitié de l’une des deux chambres du Parlement français qui sera renouvelée.