Port-Saint-Louis-du-Rhône : moules et huîtres interdites à la vente, les producteurs durement touchés
À Port-Saint-Louis-du-Rhône, moules et huîtres sont interdites à la vente après une contamination bactérienne. Les producteurs redoutent les conséquences économiques.
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Port-Saint-Louis : moules et huîtres interdites après une contamination à E. coli
Après les violentes intempéries qui ont frappé la Camargue, une contamination bactérienne entraîne l’interdiction temporaire de récolter et de commercialiser les moules et les huîtres de l’Anse de Carteau Sud. Une nouvelle épreuve pour les professionnels de la conchyliculture, déjà fragilisés économiquement.
Une contamination détectée après les inondations
C’est un nouveau coup dur pour les producteurs de coquillages de Port-Saint-Louis-du-Rhône.
À la suite des importantes inondations du 20 octobre, les analyses sanitaires ont révélé une concentration anormalement élevée de la bactérie Escherichia coli dans les coquillages de l’Anse de Carteau Sud.
Les prélèvements effectués le 22 octobre, dont les résultats ont été connus le lendemain, ont mis en évidence un dépassement des seuils réglementaires.
Le préfet des Bouches-du-Rhône a donc pris un arrêté, le 23 octobre, suspendant temporairement la récolte et la commercialisation des coquillages concernés.
Cette décision s’applique aux moules, aux huîtres et aux autres mollusques bivalves non fouisseurs du groupe 3 provenant de cette zone.
La pêche à pied de loisir est également interdite.
Les coquillages concernés déjà commercialisés doivent être retirés de la vente et faire l’objet d’un rappel.
La communication municipale des Saintes-Maries-de-la-Mer retient les récoltes effectuées depuis le 19 octobre, tandis que d’autres communications mentionnent le 20 octobre. Par précaution, les consommateurs doivent vérifier la provenance et la date de récolte des produits achetés.
Pourquoi cette bactérie inquiète-t-elle ?
Escherichia coli, également appelée E. coli, est une bactérie naturellement présente dans les intestins des humains et des animaux.
Sa présence à des concentrations excessives dans les coquillages constitue un indicateur de contamination fécale et d’un risque sanitaire.
Certaines souches peuvent provoquer des troubles digestifs parfois importants.
Les coquillages filtrent de grandes quantités d’eau et peuvent ainsi concentrer les micro-organismes présents dans leur environnement.
Les fortes pluies et les ruissellements peuvent favoriser l’arrivée de contaminants dans les zones littorales.
Dans le cas de l’Anse de Carteau, les intempéries constituent un contexte préoccupant, même si le lien direct entre les inondations et la contamination doit être établi scientifiquement.
L’interdiction constitue une mesure de protection sanitaire. Elle ne signifie pas que tous les coquillages commercialisés en Camargue sont contaminés.
Une activité économique brutalement interrompue
Derrière cette décision sanitaire, ce sont des dizaines de professionnels et leurs familles qui se retrouvent dans l’incertitude.
La coopérative aquacole de Port-Saint-Louis-du-Rhône fédère 36 conchyliculteurs, selon son président Denis Manias, interrogé par La Provence.
Pour ces petites entreprises, chaque journée d’interruption représente un manque à gagner.
Les charges, elles, continuent de courir : carburant, matériel, entretien des installations, remboursements bancaires et frais de fonctionnement.
Plusieurs producteurs redoutent une interruption prolongée de leur activité.
La situation est d’autant plus délicate que les fêtes de fin d’année approchent, une période traditionnellement importante pour la commercialisation des huîtres et des autres coquillages.
Des stocks préservés, mais une inquiétude grandissante
Certains professionnels avaient anticipé les conséquences des intempéries.
C’est notamment le cas de Camargue Coquillages, installé sur l’Anse de Carteau.
Son exploitant, Daniel Castejon, explique avoir mis à l’abri une partie de sa production avant les fortes pluies.
Selon les informations recueillies par La Provence, l’entreprise dispose de 1,5 tonne d’huîtres et de 500 kilos de moules conservés dans des bassins en circuit fermé.
L’ostréiculteur affirme que ces produits ont été récoltés avant l’épisode de contamination et conservés dans de l’eau salée propre.
Leur situation commerciale doit néanmoins rester conforme aux prescriptions sanitaires et aux règles de traçabilité.
Cette précaution permet de préserver une partie de l’activité, mais les stocks ne sont pas illimités.
Pour les professionnels, l’enjeu est désormais de retrouver rapidement l’accès aux zones de production, sans compromettre la sécurité des consommateurs.
Une filière qui demande un accompagnement
Les producteurs lancent également un appel aux collectivités territoriales et aux pouvoirs publics.
Ils souhaitent que les conséquences économiques de cette fermeture sanitaire soient prises en compte dans les dispositifs d’accompagnement des entreprises touchées par les intempéries.
Leur inquiétude porte notamment sur les pertes de revenus et la capacité des petites exploitations à supporter plusieurs semaines d’interruption.
Les professionnels soulignent qu’une activité suspendue ne signifie pas la disparition des charges.
La question d’une aide financière spécifique pourrait donc rapidement se poser.
Une réouverture envisagée début novembre, sous conditions
De nouveaux prélèvements sont annoncés pour le jeudi 29 octobre et le dimanche 1er novembre, selon les informations rapportées par La Provence.
Une levée de l’interdiction est évoquée à partir du 5 novembre.
Mais cette échéance reste conditionnelle.
La reprise de l’activité nécessite des résultats d’analyses conformes aux exigences sanitaires et une décision officielle de levée de l’interdiction.
La communication municipale rappelle notamment la nécessité de deux résultats conformes successifs, obtenus sur des prélèvements espacés d’une semaine.
À ce mercredi 28 octobre, l’Atlas sanitaire officiel des coquillages classe toujours l’Anse de Carteau Sud en alerte microbiologique.
Un nouvel épisode sanitaire en 2026
Cette interdiction n’est pas la première à toucher l’Anse de Carteau cette année.
En février 2026, une contamination au norovirus avait déjà conduit les autorités à suspendre temporairement la récolte et la commercialisation de coquillages.
En mai, une nouvelle interdiction avait concerné certaines espèces, notamment les palourdes, les tellines et les praires, après la détection de phycotoxines.
Les restrictions avaient alors été levées après le retour d’analyses conformes.
Ces épisodes, provoqués par des agents sanitaires différents, rappellent la vulnérabilité de la production conchylicole aux variations de la qualité de l’eau.
Ils soulignent également l’importance d’une surveillance régulière des zones de récolte.
Entre sécurité sanitaire et survie économique
À Port-Saint-Louis-du-Rhône, les professionnels ne contestent pas la nécessité de protéger les consommateurs.
Mais ils espèrent que les prochaines analyses permettront une reprise rapide de leur activité.
Au-delà de l’urgence sanitaire, cette nouvelle fermeture pose une question essentielle : comment mieux protéger économiquement les producteurs lorsque des événements climatiques ou des contaminations les contraignent à interrompre leur travail ?
Pour ces entreprises souvent familiales, quelques semaines sans revenus peuvent avoir des conséquences durables.
Radio Camargue suivra l’évolution des analyses et les décisions préfectorales concernant la reprise de la récolte et de la commercialisation des coquillages.
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