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[ SPORT - MARSEILLE ] Coronavirus : l'OM déjà dans le rouge...

30 mars 2020 à 09h43 Par sarah rios
Crédit photo : Thierry Garro

Les clubs français, l'OM au premier chef, se demandent comment ils vont sortir de cette épreuve.

À l'arrêt. Et dans l'incertitude la plus totale. Le football européen vit des heures troubles, plongé dans la peur du lendemain depuis que la crise du coronavirus l'a rattrapé et a mis son activité en sommeil pour une durée indéterminée. Aux quatre coins du continent, la même crainte offre des nuits blanches aux dirigeants, lesquels redoutent plus que tout que la saison n'aille pas à son terme et que, de facto, les droits versés par les télévisions ne tombent pas dans des caisses qui ne voient entrer aucune recette. Une telle perspective aurait des conséquences terribles sur les finances de clubs qui tirent la majorité de leurs ressources de ces fameux droits.

Des droits TV gelés ?

À commencer par les écuries françaises. Canal+ et beIN Sports, qui retransmettent la Ligue 1 (et la Ligue 2), sont censés payer la troisième traite ce dimanche, la quatrième et dernière étant programmée deux mois plus tard, soit le 5 juin. L'absence de matches pourrait inciter les diffuseurs à ne pas payer. La chaîne cryptée s'y refuse, son homologue qatarie pourrait l'imiter. Cela se traduirait par un énorme manque à gagner pour les clubs français évalué à 250 millions d'euros (110 M€ pour le premier versement, 140 pour le second).

Et à une vingtaine de millions pour l'OM, soit un peu moins de la moitié du montant total que l'institution olympienne devrait percevoir pour cet exercice (elle a déjà perçu 27,4 M€ au 31 décembre). Car elle sera plus affectée par le non-versement de cette troisième traite calculée sur la notoriété de chacun et donc plus favorable aux gros bras du championnat. Lors du précédent exercice, l'OM était arrivé deuxième au classement notoriété.

Une billetterie en berne

L'absence de matches et donc de droits TV ne constitue pas l'unique problème. Un autre vient s'y greffer : la disparition de recettes au guichet, également l'une des principales sources de revenus des clubs. À mi-saison, l'OM a empoché 18,5 M€, soit un peu plus que la saison dernière à pareille époque (17,2 M€). Mais plus rien, ces temps-ci, alors que la venue du PSG se profilait, avec un Vélodrome plein comme un oeuf. En plus du Clasico, cinq rencontres doivent encore se tenir dans l'enceinte du boulevard Michelet, dont les réceptions de Nice et de Monaco. Une fois le confinement levé et quand le championnat aura repris après le feu vert de l'État, rien ne dit que les supporters migreront en masse vers les stades. D'autant que "démarrer une compétition sans spectateur, ce n'est pas le but du jeu", a précisé Noël Le Graët dans un entretien à l'AFP.

Le chômage partiel comme bouclier

Face à ces imprévus, l'OM, qui compte 343 salariés, a rapidement opté pour le chômage partiel. Concrètement, le club indemnise ses joueurs, ses secrétaires, ses kinés ou encore ses jardiniers à 70 % de leur rémunération brute (environ 84% en net). Puis l'État le rembourse, dans la limite de 4 850 euros par salarié. Ce procédé permet d'alléger considérablement les finances des clubs, tout en économisant toutes les charges sociales, salariales et patronales (hormis la CSG et la CRDS) payées en temps normal. "En mettant le club au chômage partiel et en maintenant le salaire de ses sportifs professionnels, l'employeur va gagner entre 20 et 30% en moyenne. C'est énorme sur la masse salariale d'un club", explique Aymeric Hamon, avocat en droit social au cabinet Fidal.

Des comptes encore plus dans le rouge ?

Ce dispositif n'empêche pas l'OM et ses congénères de se poser des questions sur l'avenir. Au centre Robert Louis-Dreyfus, la saison précédente s'est soldée par un déficit de 91,5 millions d'euros, contraignant la maison mère Éric Soccer à injecter 77 M€ durant le premier semestre 2019 pour "financer le mercato d'été et les pertes d'exploitation". [ ... ]

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Source: laprovence.fr/ Fabrice Lamperti (avec AFP)