Fibre Excellence : à Tarascon, les salariés refusent de renoncer à l’espoir d’une reprise
La liquidation judiciaire de Fibre Excellence à Tarascon n’a pas mis fin à la mobilisation des salariés.
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Après la liquidation judiciaire du site, les salariés dénoncent une décision qu’ils jugent politique et réclament une nouvelle mobilisation autour d’un projet de reprise.
Le 29 juillet, le tribunal de commerce de Toulouse a prononcé la liquidation judiciaire de l’usine Fibre Excellence de Tarascon. Le site emploie environ 270 salariés, un chiffre confirmé par plusieurs sources, tandis que les éléments transmis pour cet article évoquent 275 salariés concernés. Le tribunal a estimé que la situation du site était « irrémédiablement compromise, sans perspective de redressement », avec un passif proche de 105 millions d’euros.
Depuis cette décision, la colère demeure forte parmi les salariés. Pour eux, la liquidation ne signifie pas que toutes les possibilités de reprise ont été épuisées.
Le délégué syndical CGT Jean-Michel Bulinge conteste notamment les conditions dans lesquelles l'offre de reprise portée par Matthieu Pigasse a été écartée. Le projet, qui concernait les deux sites de Fibre Excellence, avait bénéficié du soutien des régions Sud et Occitanie. Le plan de financement présenté au cours de l'été reposait sur un ensemble de financements publics et privés destiné à permettre la relance de l'activité.
Jean-Michel Bulinge estime que le refus de cette proposition relève de considérations politiques. Une position qu'il avait déjà exprimée publiquement après la décision du tribunal, en considérant que les salariés, les emplois indirects et les enjeux de souveraineté industrielle avaient été relégués au second plan.
La liquidation judiciaire entraîne désormais une nouvelle étape particulièrement redoutée par les salariés : les licenciements.
Selon les informations communiquées, les premières lettres de licenciement doivent être envoyées dès aujourd'hui. L'objectif affiché par les salariés et leurs représentants est donc de maintenir la pression alors que le calendrier social se resserre. Ils estiment que 90 % des effectifs pourraient se retrouver au chômage dans un délai de trois semaines.
Cette situation intervient alors que les salariés continuent de défendre la possibilité d'une relance industrielle du site. Dans une conférence de presse organisée à Tarascon en août, Jean-Michel Bulinge avait déjà insisté sur le fait que, selon les représentants du personnel, des solutions existaient encore pour permettre au site de repartir.
La situation de l'autre usine de Fibre Excellence, à Saint-Gaudens, alimente également la colère à Tarascon. Alors que le site des Bouches-du-Rhône a été placé en liquidation judiciaire, celui de Haute-Garonne bénéficie d'un délai supplémentaire dans l'attente d'une solution de reprise.
Le tribunal de commerce de Toulouse a accordé un nouveau délai pour permettre à un industriel de formaliser son projet concernant Saint-Gaudens. Le groupe Soprema s'est notamment positionné pour reprendre le site, dont l'avenir doit encore être examiné par la justice.
Pour les salariés de Tarascon, cette différence de traitement renforce le sentiment d'injustice. Ils demandent que les mêmes possibilités soient examinées pour leur usine et refusent de considérer son avenir industriel comme définitivement scellé.
Dans ce contexte, les salariés souhaitent désormais obtenir rapidement un rendez-vous avec Renaud Muselier, président de la Région Sud. Ils espèrent que cette rencontre permettra de remettre la question d'une reprise sur la table et de rechercher une issue permettant de préserver l'activité et les emplois.
Le dossier dépasse en effet le seul avenir des salariés de l'usine. Fibre Excellence est présenté par les pouvoirs publics comme un actif industriel important pour la filière forêt-bois. Le gouvernement avait lui-même indiqué que la recherche d'un repreneur disposant d'un projet industriel viable constituait une priorité dans le dossier.
Pour les salariés mobilisés à Tarascon, l'enjeu est donc désormais de parvenir à maintenir ouverte la porte d'une reprise avant que les licenciements et la disparition progressive de l'activité ne rendent cette perspective encore plus difficile.
Derrière cette bataille sociale se joue aussi, selon eux, la préservation d'un savoir-faire industriel historique à Tarascon. Leur message reste le même : malgré la liquidation judiciaire, ils veulent croire qu'une solution peut encore être trouvée.
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