Budget 2027 : le gouvernement annonce des efforts pour tous et explore plusieurs pistes

Le gouvernement prépare un projet de budget 2027 qui devrait demander des efforts à l’ensemble des Français.

Modifié : 10h11

Budget 2027 : le gouvernement annonce des efforts pour tous et explore plusieurs pistes

Retraites, carburants, énergie : l’exécutif prépare un budget placé sous le signe de la réduction des déficits

 

Le gouvernement prépare un projet de budget 2027 qui devrait demander des efforts à l’ensemble des Français. Invité sur RTL lundi 24 août, le ministre des Comptes publics David Amiel a insisté sur « l’urgence » de réduire les déficits. Parmi les pistes évoquées figurent une moindre revalorisation de certaines pensions de retraite, la prolongation d’aides ciblées sur les carburants et la reconduction du chèque énergie.

Le ton est donné pour le budget 2027. Invité sur RTL lundi 24 août, le ministre des Comptes publics David Amiel a estimé que « tous devront faire des efforts », alors que le gouvernement cherche à poursuivre la réduction des déficits.

Le ministre a insisté sur l’« urgence » de la situation et sur la nécessité d’éviter une dérive jugée très grave des finances publiques. Les arbitrages structurants doivent être présentés par le Premier ministre. David Amiel a également souligné que les efforts devront permettre de financer des politiques publiques considérées comme essentielles pour l’avenir du pays, notamment la défense et la transition écologique.

Le ministre a par ailleurs rappelé que les contribuables les plus fortunés avaient déjà été mis à contribution lors des précédents budgets, notamment à travers la contribution différentielle sur les hauts revenus instaurée en 2024 et 2025. La question de leur contribution supplémentaire fera, selon lui, « évidemment partie des débats légitimes » à venir.

Autre dossier au cœur des discussions : les pensions de retraite. Le gouvernement envisage une moindre revalorisation des retraites pour les pensions les plus élevées.

David Amiel considère cette piste comme « incontournable » et rappelle que l’indexation totale des retraites sur l’inflation représente un coût de 15 milliards d’euros chaque année pour les finances publiques.

Le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, a également défendu cette possibilité sur BFMTV-RMC. Il propose de « demander aux retraités un effort réel, qui consiste à ne pas être augmenté autant que l’inflation ». Pour illustrer cette mesure, il a pris l’exemple d’un retraité percevant 2 000 euros par mois : avec une inflation de 2 %, une indexation complète représenterait 40 euros supplémentaires.

La désindexation ou sous-indexation partielle des pensions avait déjà été évoquée mi-août. L’objectif affiché est de préserver les retraités les plus modestes tout en faisant davantage contribuer les retraités considérés comme aisés. La question du seuil reste toutefois sensible. Un seuil élevé permettrait de cibler davantage les pensions importantes mais rapporterait moins aux finances publiques ; un seuil plus bas produirait davantage d’économies mais concernerait aussi des retraités moins aisés.

Un seuil de solidarité autour de 2 000 euros de pension brute mensuelle est notamment évoqué dans les débats, une proposition jugée injuste par ses détracteurs mais présentée par ses défenseurs comme proportionnée à la nécessité de préserver le système par répartition. La désindexation des pensions supérieures à 2 000 euros figure bien parmi les pistes évoquées par le gouvernement, sans qu'un seuil définitif ait été arrêté.

Le gouvernement travaille également à la prolongation des aides destinées aux secteurs les plus exposés à la hausse des prix des carburants.

Sur LCI, lundi 24 août, Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l’Énergie, a confirmé que l’exécutif travaille à une reconduction des dispositifs pour les secteurs les plus dépendants des carburants. Sont notamment concernés les agriculteurs, le BTP, les transporteurs ainsi que les travailleurs modestes effectuant de longs trajets. Les dispositifs actuels doivent arriver à échéance le 31 août.

« Le gouvernement travaille à une reconduction des aides pour les secteurs les plus exposés, pour ceux qui consomment le plus de carburants, parce que derrière ce sont des emplois, ce sont les salaires des Français », a déclaré Maud Bregeon.

Ces aides devraient être reconduites dans le cadre du projet de loi de finances pour 2027, mais leurs modalités précises restent à définir. Il s’agit, à ce stade, d’une proposition qui doit encore être intégrée au processus budgétaire.

Le gouvernement prévoit enfin de proposer la reconduction du chèque énergie dans le budget 2027.

Cette aide destinée aux ménages modestes, d’un montant compris entre 150 et 277 euros, a été versée automatiquement en avril à environ 4,2 millions de Français. Maud Bregeon a confirmé que son maintien serait proposé dans le prochain projet de loi de finances.

La reconduction du dispositif s’inscrit dans une volonté affichée de maintenir des aides ciblées pour les ménages les plus modestes, alors que les prix de l’énergie restent élevés.

À ce stade, plusieurs pistes sont donc sur la table pour le budget 2027 : réduction des déficits, participation accrue de certains contribuables et retraités, maintien d’aides ciblées sur les carburants et reconduction du chèque énergie. Les arbitrages définitifs doivent encore être présentés par le Premier ministre.