Violences du 17 octobre : deux appels à la mobilisation des maires lundi, à midi et à 18 heures

Après les violences du 17 octobre, David Lisnard appelle les maires à se rassembler lundi à midi et Olivier Galzi à 18 heures. Deux initiatives distinctes.

Modifié : 10h14

Violences du 17 octobre : deux appels à la mobilisation des maires lundi, à midi et à 18 heures

Violences du 17 octobre : deux appels des maires lundi à 12 h et 18 h

 

Au lendemain des violences qui ont frappé plusieurs villes françaises, les maires sont appelés à se mobiliser lundi 19 octobre 2026. David Lisnard, président de l’Association des maires de France (AMF), donne rendez-vous à midi devant les mairies. De son côté, Olivier Galzi, maire d’Avignon, lance un appel distinct à 18 heures, sous le mot d’ordre « Touche pas à ma ville ». Deux initiatives qui poursuivent un objectif commun, mais dont les modalités différentes interrogent.

David Lisnard appelle à un sursaut républicain à midi

Depuis Limoges, ville particulièrement touchée par les violences du samedi 17 octobre, David Lisnard, président de l’Association des maires de France, a prononcé un discours ferme pour dénoncer les attaques contre les bâtiments publics, les commerces et les forces de l’ordre.

Il a insisté sur la nécessité de rechercher les responsabilités individuelles des auteurs de violences.

« La responsabilité est individuelle. Ce sont des casseurs, des briseurs, qui se croient en toute impunité », a-t-il déclaré.

Pour David Lisnard, les violences portent atteinte aux libertés fondamentales : liberté de circuler, de travailler, de commercer, de manifester et d’assurer les services publics.

Il appelle les élus et les citoyens à se rassembler lundi 19 octobre à 12 heures devant les mairies, dans une démarche de solidarité avec les communes touchées.

À Limoges, il a lancé cette déclaration :

« Limoges ne sera pas le symbole de la République en cendres. Limoges sera le nom du premier jour du sursaut républicain et civique pour redonner à la France une espérance. »

Le président de l’AMF entend ainsi faire des communes le point de départ d’une mobilisation républicaine nationale.

Olivier Galzi lance son propre appel à 18 heures

À Avignon, le maire Olivier Galzi (divers droite) a choisi une autre formule.

Invité de CNews dimanche 18 octobre, il a appelé les maires de France à se mobiliser sous le mot d’ordre « Touche pas à ma ville ».

« Maires de France, unissons-nous », a-t-il lancé.

« Nous sommes les dernières sentinelles. »

L’élu avignonnais propose d’apposer un ruban blanc sur les façades des hôtels de ville et appelle à des rassemblements lundi 19 octobre à 18 heures.

À Avignon, il annonce un rendez-vous sur le parvis de sa mairie et affirme avoir reçu des réponses favorables de plusieurs élus du Gard, des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse.

Deux horaires, deux démarches : pourquoi ?

C’est l’une des particularités de cette mobilisation.

D’un côté, David Lisnard, qui s’exprime en qualité de président de l’Association des maires de France, appelle à un rassemblement à midi.

De l’autre, Olivier Galzi, maire d’Avignon, lance une initiative distincte six heures plus tard, avec son propre mot d’ordre et un symbole particulier.

Les deux élus dénoncent les violences, défendent les collectivités locales et appellent à une réaction républicaine.

Mais pourquoi deux rendez-vous différents plutôt qu’une mobilisation commune ?

Cette différence de calendrier pose la question de la coordination entre les initiatives.

À ce stade, aucun élément ne permet d’affirmer que cette différence d’horaire résulte d’une divergence politique ou d’une volonté de concurrence entre les deux élus.

Elle révèle néanmoins deux façons de porter publiquement la mobilisation : l’une sous l’autorité de l’AMF, l’autre à l’initiative du maire d’Avignon.

« Ce n’est pas aux mairies de payer les pots cassés »

Olivier Galzi insiste également sur le coût des violences pour les communes.

Il estime à 500 000 euros les réparations nécessaires à Avignon, selon le bilan provisoire qu’il a lui-même avancé.

« Ce n’est pas aux mairies de payer les pots cassés. »

Il dénonce une double peine pour les collectivités, confrontées à des contraintes budgétaires tout en devant supporter les conséquences matérielles des violences.

Le maire rend également hommage aux policiers mobilisés, évoquant une centaine d’agents engagés et affirmant que 20 % auraient été blessés. Ce dernier chiffre reste à confirmer par un bilan officiel.

Une même condamnation des violences

David Lisnard et Olivier Galzi insistent tous deux sur la nécessité de condamner les auteurs des dégradations et de défendre les institutions républicaines.

Le maire d’Avignon distingue néanmoins les revendications sociales, dont il reconnaît la légitimité, des violences qui ont éclaté au fil de la journée.

Il qualifie ces dernières d’« insurrectionnelles » et met en cause ce qu’il présente comme des « milices d’extrême gauche », une appréciation politique qui ne constitue pas, en elle-même, une identification judiciaire des auteurs.

David Lisnard insiste pour sa part sur la responsabilité individuelle des casseurs et sur les responsabilités politiques qu’il estime devoir être examinées.

Dans les Bouches-du-Rhône, le Gard et le Vaucluse, quels maires répondront présents ?

Les deux initiatives pourraient trouver un écho particulier dans le sud de la France, notamment dans les communes de Camargue, du pays d’Arles, des Alpilles et de la Côte Bleue.

Reste à savoir quels élus participeront au rassemblement de midi, lesquels relaieront l’appel de 18 heures, et si certaines communes choisiront de s’associer aux deux initiatives.

Lundi 19 octobre sera donc marqué par deux rendez-vous : midi pour l’appel de David Lisnard, 18 heures pour celui d’Olivier Galzi.

Au-delà des discours, la participation effective des maires et des habitants permettra de mesurer la portée de cette mobilisation.

Et peut-être aussi de comprendre si ces deux appels distincts annoncent une démarche commune ou des stratégies différentes.