Vaccination contre la grippe et le Covid-19 : des pharmacies de Camargue confrontées à des retards de livraison

La campagne nationale de vaccination contre la grippe et le Covid-19 a débuté mardi 13 octobre 2026.

Modifié : 11h54

 Vaccination grippe et Covid : des retards de livraison signalés en Camargue

 Vaccination grippe et Covid : des retards de livraison signalés en Camargue

 

La campagne nationale de vaccination contre la grippe et le Covid-19 a débuté mardi 13 octobre 2026. Pourtant, à la veille de son lancement, plusieurs pharmacies contactées par Radio Camargue indiquaient ne pas avoir encore reçu les vaccins commandés. Simple décalage logistique ou difficultés d’approvisionnement plus importantes ? Une situation qui interroge, alors qu’une évolution réglementaire modifie également les modalités de prescription des vaccins antigrippaux.

Une campagne lancée le 13 octobre

La nouvelle campagne de vaccination contre la grippe saisonnière et le Covid-19 a débuté ce mardi 13 octobre en France métropolitaine. Comme les années précédentes, les deux vaccinations sont proposées simultanément, avec une attention particulière portée aux personnes les plus fragiles : les personnes âgées de 65 ans et plus, les femmes enceintes, les personnes souffrant de maladies chroniques, les patients immunodéprimés et les résidents des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). La vaccination est également recommandée aux professionnels de santé et aux personnes régulièrement en contact avec des populations vulnérables.

Mais à la veille du lancement, un problème semblait se dessiner dans certaines officines : tous les vaccins attendus n’étaient pas encore arrivés.

En Camargue, des pharmaciens attendaient leurs commandes

Plusieurs pharmacies contactées par Radio Camargue faisaient état de difficultés d’approvisionnement à la veille de la campagne. Selon les témoignages recueillis, des commandes passées plusieurs mois auparavant n’avaient toujours pas été entièrement honorées. Cette situation soulevait des interrogations pour les professionnels, qui devaient organiser les rendez-vous de vaccination et répondre aux demandes de leurs patients.

Pour autant, ces témoignages ne permettaient pas d’établir l’existence d’une pénurie généralisée en Camargue ou dans les Bouches-du-Rhône. Il restait également nécessaire de distinguer les vaccins contre la grippe de ceux contre le Covid-19, dont les circuits d’approvisionnement ne sont pas identiques. L’absence de livraison dans une officine pouvait résulter d’un retard logistique, d’une livraison partielle ou d’une difficulté concernant une référence particulière.

Ce que précisait l’Ordre national des pharmaciens

L’Ordre national des pharmaciens avait publié des consignes pour préparer la campagne 2026-2027. Concernant les vaccins contre le Covid-19 commandés par les officines, il précisait que les livraisons intervenaient normalement environ dix jours après la commande, sauf exception. Les commandes effectuées les 28 et 29 septembre devaient ainsi être livrées les jeudi 8 et vendredi 9 octobre 2026.

Les pharmacies disposaient d’un outil de suivi leur permettant de consulter les quantités commandées et les dates prévisionnelles de livraison. L’Ordre recommandait de programmer les rendez-vous de vaccination à partir du lendemain de la date annoncée pour la livraison.

Ces indications apportaient un premier éclairage sur les difficultés signalées. Elles ne permettaient toutefois pas de déterminer si les officines concernées en Camargue avaient subi un simple décalage de livraison ou un problème plus large. Aucune communication publique spécifique de l’Ordre national des pharmaciens ou de l’Union régionale des professionnels de santé (URPS) Pharmaciens Provence-Alpes-Côte d’Azur n’avait été identifiée dans les informations disponibles pour confirmer une rupture généralisée des vaccins dans la région.

Vaccin contre la grippe : ce qui change pour la prescription

Depuis le 10 juillet 2026, les vaccins contre la grippe saisonnière sont classés parmi les médicaments soumis à prescription obligatoire. Cette évolution réglementaire pouvait laisser penser qu’il fallait désormais obligatoirement consulter son médecin avant de se faire vacciner. Ce n’était toutefois pas le cas.

L’Ordre national des pharmaciens précisait que cette évolution ne devait pas modifier le parcours habituel des patients. Les pharmaciens habilités pouvaient eux-mêmes prescrire les vaccins contre la grippe aux personnes âgées de 11 ans et plus, qu’elles soient ou non concernées par les recommandations prioritaires.

En pratique, une personne pouvait donc toujours se présenter dans une pharmacie pour demander à être vaccinée, sans avoir nécessairement obtenu une ordonnance préalable de son médecin. Le pharmacien devait néanmoins s’assurer que la vaccination était adaptée à la situation du patient, respecter les conditions réglementaires et assurer la traçabilité de la prescription. La nouveauté concernait principalement la formalisation de cette prescription, et non l’obligation d’effectuer une consultation médicale supplémentaire.

Le bon de prise en charge restait valable

Pour les personnes concernées par les recommandations vaccinales, l’Assurance Maladie adressait un bon de prise en charge permettant d’obtenir gratuitement le vaccin contre la grippe. Ce document valait prescription médicale. Il suffisait de le présenter avec sa carte Vitale à la pharmacie.

Les personnes éligibles qui n’avaient pas reçu leur bon, ou qui l’avaient égaré, pouvaient en demander un auprès d’un professionnel de santé habilité. Pour les enfants de moins de 11 ans, la prescription devait être établie par un médecin ou une sage-femme.

Les adultes qui ne faisaient pas partie des publics prioritaires pouvaient également se faire vacciner contre la grippe. Le pharmacien habilité pouvait établir la prescription nécessaire. Dans ce cas, le vaccin et l’injection n’étaient normalement pas remboursés par l’Assurance Maladie.

Grippe et Covid-19 : les deux vaccins pouvaient être administrés ensemble

Les autorités sanitaires confirmaient que les deux vaccins pouvaient être administrés lors d’un même rendez-vous, à condition d’utiliser deux sites d’injection distincts, par exemple un bras pour chaque vaccin. Aucun délai minimal n’était non plus nécessaire si les deux injections étaient réalisées à des dates différentes.

La vaccination contre le Covid-19 demeurait particulièrement recommandée aux personnes susceptibles de développer une forme grave de la maladie. Elle restait accessible aux autres personnes qui souhaitaient en bénéficier, selon les conditions médicales applicables.

Pour les personnes âgées de 65 ans et plus, les autorités sanitaires recommandaient préférentiellement deux vaccins antigrippaux spécifiques, Efluelda et Fluad, conçus pour renforcer la réponse immunitaire de cette population. D’autres vaccins pouvaient néanmoins être utilisés.

Une couverture vaccinale encore insuffisante

Cette campagne intervenait dans un contexte où la couverture vaccinale contre la grippe demeurait inférieure aux objectifs de santé publique. Selon les données disponibles pour la saison 2024-2025, seulement 53,7 % des personnes âgées de 65 ans et plus avaient été vaccinées. Chez les personnes de moins de 65 ans présentant des facteurs de risque, ce taux atteignait 25,3 %.

Ces niveaux restaient éloignés de l’objectif de 75 % fixé pour les populations à risque. La vaccination ne garantissait pas une protection absolue contre l’infection, mais elle réduisait le risque de complications graves, d’hospitalisation et de décès, particulièrement chez les personnes fragiles.

Faut-il s’inquiéter des retards signalés en Camargue ?

À ce stade, il serait prématuré de parler de pénurie. Les difficultés rapportées par plusieurs officines constituaient néanmoins un signal qui méritait d’être éclairci. Les professionnels devaient pouvoir disposer des doses nécessaires pour assurer les rendez-vous programmés, notamment pour les personnes âgées et les patients vulnérables.

Les habitants d’Arles, de Port-Saint-Louis-du-Rhône, des Saintes-Maries-de-la-Mer, de Martigues, d’Istres et des communes voisines étaient invités à contacter leur pharmacie avant de se déplacer afin de vérifier la disponibilité des vaccins et les possibilités de rendez-vous.

La campagne de vaccination a bien débuté mardi 13 octobre. Mais pour certaines officines, la question restait de savoir si les livraisons permettraient de répondre à toutes les demandes. Les témoignages locaux devaient encore être complétés par des informations des distributeurs et des autorités sanitaires afin de déterminer l’ampleur réelle de ces difficultés.