[ SOCIETE ] Arles : la situation sanitaire rattrape les festivals des arts de la rue

19 juillet 2021 à 9h45 par sarah Rios

Arles : la situation sanitaire rattrape les festivals des arts de la rue

La quadrature du cercle. Alors que la plupart des communes ont relancé un maximum d'événements après une année blanche, le poids des contraintes sanitaires annoncées ces derniers jours les fragilise encore. Des spectacles gratuits au premier rang desquels figurent les "Mercredis du port" à Port-Saint-Louis-du-Rhône ou encore les "Cartes postales" de Saint-Martin-de-Crau. Des rendez-vous destinés à valoriser les arts de la rue pour tous les publics.

Si le pass sanitaire ou les tests PCR n'étaient pas nécessaires pour assister à ces spectacles jusqu'à présent, ce ne sera plus le cas à partir de ce 21 juillet. Et cela change tout ! De l'esprit de ces manifestations jusqu'à leur organisation, les deux étant intimement liés.

"Tout est bousculé, on doit réfléchir à un autre protocole"

À Port-Saint-Louis-du- Rhône, des barrières vont être installées à proximité de la scène et des contrôles seront effectués pour toutes les personnes qui souhaitent suivre ces représentations. Mais cela ne va pas tout résoudre selon Guillaume Peyre, chargé des relations publiques au Citron jaune. "On redoute que des gens s'agglutinent autour de ces grilles, observe-t-il. On ne va pas mettre 3 km de barrières, c'est ridicule ! Tout est bousculé, on doit réfléchir à un autre protocole. Nous avons du mal à comprendre la soudaineté de la décision".

 

Une position ubuesque à laquelle se trouve également confronté Jean-Louis Aubertin, le directeur du Centre de développement culturel de Saint-Martin-de-Crau.

Tout au long de l'été, deux spectacles gratuits sont proposés chaque semaine dans plusieurs lieux de la commune. "Mais certains espaces ne vont pas se prêter au respect de la réglementation", confie-t-il. Ce sera le cas pour le Jardin des 4 éléments par exemple, avec plusieurs points d'entrée, ou encore pour le spectacle prévu devant le CDC, qui pourrait être déplacé sous le Grande halle, où la gestion du flux du public est plus évidente.

"L'accès à la culture est en jeu"

Cette réglementation est surtout contraire à l'âme de ces spectacles gratuits. Car il sagit de rendez-vous où la liberté de circuler, de s'arrêter, de découvrir ou de passer son chemin pour profiter d'une autre représentation un peu plus loin ou plus tard constituent la magie de ces espaces de culture pour tous.

"Ces mesures, c'est l'effet contraire de la gratuité, s'agace Jean-Louis Aubertin. L'accès à la culture est en jeu. Si la personne n'est pas vaccinée, elle ne peut pas aller voir de spectacles". Et cela, peu importe le lieu.

La fréquentation pourrait s'en ressentir alors que les premiers rendez-vous avaient déjà rencontré leur public. Face à ces mesures, des interrogations émergent. "La gratuité, la démocratisation de la culture, on en est loin, regrette Guillaume Peyre. Cela casse la dynamique".

Pour leurs deux dernières soirées, des solutions vont être trouvées par le Citron jaune, qui organise les "Mercredis du port", comme cela a été le cas l'année dernière avec un protocole sanitaire très strict. "Mais cela donne une drôle d'image, remarque Guillaume Peyre. Une place entière cernée par des barrières, contrôler les gens, ce n'est pas notre travail".

Pour le moment, aucune annulation n'est à l'ordre du jour, simplement des spectacles qui pourraient changer de lieu du côté du CDC. Chacun attend la promulgation du texte, qui devrait intervenir dans les prochains jours. Mais quoi qu'il en soit, la spontanéité liée à ces rendez-vous ne sera plus qu'un lointain souvenir. Et le plaisir du retour des arts de la rue dans certaines communes aura été fugace.

 

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