SÉNATORIALES 2026 : DANS LES BOUCHES-DU-RHÔNE, LA GAUCHE EN TÊTE, LE RN PROGRESSE ET RENAUD MUSELIER ENTRE AU SÉNAT

La gauche arrive en tête des sénatoriales 2026 dans les Bouches-du-Rhône. Muselier élu, RN à deux sièges, Ravier battu : analyse et comparaison avec 2020.

Modifié : 10h20

SÉNATORIALES 2026

Sénatoriales 2026 dans les Bouches-du-Rhône : résultats, élus et comparaison avec 2020

 

Les élections sénatoriales de ce dimanche 27 septembre 2026 redessinent une partie du paysage politique des Bouches-du-Rhône. Huit sièges étaient à pourvoir. La liste d’union de la gauche arrive en tête et conserve ses trois sénateurs, Renaud Muselier fait son entrée au Palais du Luxembourg, Valérie Boyer conserve son mandat et le Rassemblement national obtient deux sièges. Parmi les principaux enseignements du scrutin figure également la défaite de Stéphane Ravier, sénateur depuis 2014. 

La gauche conserve ses trois sièges

La liste d’union de la gauche conduite par le communiste Jérémy Bacchi arrive en tête du scrutin départemental. Jérémy Bacchi, Marie-Arlette Carlotti, du Parti socialiste, et Guy Benarroche, écologiste, sont tous les trois réélus.

C’est une victoire en termes de classement, mais pas une progression en nombre de sièges. En 2020, la liste conduite par Jérémy Bacchi avait déjà remporté trois des huit sièges, avec 987 voix et 28,68 % des suffrages exprimés. Elle avait alors terminé derrière la liste d’union de la droite et du centre de Patrick Boré, qui avait recueilli 36,12 %.  

Six ans plus tard, la gauche devient donc la première force du scrutin sénatorial dans le département, tout en maintenant sa représentation à trois élus.

Renaud Muselier élu avec Brigitte Devésa

Autre événement majeur : l’élection de Renaud Muselier, président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui figurait en deuxième position sur la liste conduite par la sénatrice sortante Brigitte Devésa.

Cette liste d’union de la droite et du centre obtient 16,01 % des suffrages et deux sièges : Brigitte Devésa et Renaud Muselier. 

La campagne avait pourtant été marquée par de fortes divisions. L’accord initial entre différentes composantes de la droite et du centre s’était fissuré après la décision de Valérie Boyer de présenter sa propre liste. Public Sénat avait notamment relaté les tensions entre responsables LR et centristes autour de cette stratégie.  

Le pari réussi de Valérie Boyer

La sénatrice LR sortante Valérie Boyer, qui avait refusé la troisième position qui lui était proposée sur la liste Devésa-Muselier, conserve finalement son siège avec sa propre liste, créditée de 10,88 % des suffrages. 

Au total, si l’on additionne les deux sièges de la liste Devésa-Muselier et celui de Valérie Boyer, les différentes composantes de la droite et du centre obtiennent donc toujours trois sénateurs, comme la grande liste d’union de 2020.

Mais derrière cette stabilité arithmétique, le rapport de forces a profondément changé : en 2020, la liste droite-centre était très largement en tête avec 36,12 %. En 2026, sa fragmentation a réparti les voix entre plusieurs candidatures. 

Le RN passe d’un à deux sièges

C’est l’un des changements les plus significatifs par rapport à 2020.

La liste soutenue par le Rassemblement national et l’UDR, conduite par Marie-Pierre Callet, recueille 18,88 % des suffrages et fait élire deux sénateurs : Marie-Pierre Callet et Fabien Bravi. 

En 2020, la liste conduite par Stéphane Ravier, alors sous l’étiquette RN, avait obtenu 345 voix, soit 10,03 %, et un seul siège. 

En nombre de sièges, la mouvance RN progresse donc de un à deux sénateurs dans les Bouches-du-Rhône.

Stéphane Ravier perd son siège après douze ans au Sénat

L’autre fait marquant de la soirée est la défaite de Stéphane Ravier.

Élu une première fois sénateur en 2014, réélu en 2020, il avait depuis quitté le Rassemblement national et se présentait cette année sur une liste concurrente de celle soutenue par le RN et l’UDR. Il ne parvient pas à obtenir de siège.  

La concurrence entre deux listes classées à l’extrême droite par les autorités préfectorales a ainsi tourné à l’avantage de la liste conduite par Marie-Pierre Callet.

2020-2026 : ce qui change réellement

La comparaison avec le scrutin du 27 septembre 2020 permet de mesurer plus précisément la recomposition.

En 2020, les huit sièges avaient été répartis ainsi : trois pour la liste d’union droite-centre, trois pour l’union de la gauche, un pour la liste de Jean-Noël Guérini et un pour Stéphane Ravier.  

En 2026, la gauche conserve trois sièges. Les différentes listes de droite et du centre totalisent également trois élus, avec Brigitte Devésa, Renaud Muselier et Valérie Boyer. Deux sièges reviennent désormais au RN.

La principale évolution n’est donc pas un basculement massif entre gauche et droite traditionnelle. Elle réside davantage dans une recomposition interne du collège des grands électeurs : disparition du siège issu de la liste Guérini, progression du RN à deux sièges, dispersion de la droite et du centre et échec de Stéphane Ravier.

Un scrutin qui reflète aussi les nouveaux équilibres locaux

Les sénatoriales ont une particularité essentielle : les sénateurs ne sont pas élus directement par l’ensemble des citoyens, mais par un collège de grands électeurs constitué très majoritairement d’élus municipaux.

Les résultats de 2026 interviennent seulement quelques mois après les municipales et traduisent donc, au moins en partie, les nouveaux équilibres issus des conseils municipaux du département. À l’échelle nationale, environ 95 % du collège sénatorial est constitué d’élus communaux. 

Pour les Bouches-du-Rhône, le message de ce scrutin est ainsi multiple : une gauche qui demeure solidement implantée parmi les grands électeurs, une droite et un centre capables de conserver trois sièges malgré leurs divisions, et un RN qui renforce sa représentation sénatoriale.

Le département envoie désormais au Palais du Luxembourg une délégation politiquement très éclatée, reflet d’un territoire où aucun bloc ne dispose à lui seul d’une domination comparable à celle observée lors de certains scrutins précédents.