Région Sud : François de Canson succède à Renaud Muselier, entre continuité politique et nouvelles priorités
Élu le 12 octobre à la tête de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur avec 83 voix, le Varois François de Canson prend les commandes d’un exécutif dont il entend préserver les grandes orientations tout en imprimant sa marque, notamment sur les lycées, la santé et l’adaptation au changement climatique
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Une succession politique qui soulève aussi des questions pour la Camargue et l’ouest des Bouches-du-Rhône.
La Région Provence-Alpes-Côte d’Azur ouvre un nouveau chapitre politique. Réunis en assemblée plénière extraordinaire à Marseille, lundi 12 octobre 2026, les conseillers régionaux ont élu François de Canson à la présidence de la Région Sud. Seul candidat en lice, il a recueilli 83 voix sur 122 suffrages exprimés. Les 39 élus du Rassemblement national ont voté blanc.
Il succède à Renaud Muselier, qui a quitté ses fonctions après son élection au Sénat des Bouches-du-Rhône, le 27 septembre dernier. Dans l’attente de cette élection, l’intérim avait été assuré par Christian Estrosi, premier vice-président de la Région.
Cette passation ne marque pas un changement de majorité. Soutenu par son prédécesseur, François de Canson prend la tête d’un exécutif régional dont il connaît déjà les rouages. Mais le nouveau président entend désormais traduire ses propres priorités dans l’action régionale.
François de Canson, un élu varois issu du monde économique
Âgé de 61 ans, François de Canson est maire de La Londe-les-Maures depuis 2008 et président de la communauté de communes Méditerranée Porte des Maures. Né à Toulon le 10 mai 1965, il a suivi des études en sciences économiques et en management avant de travailler dans le secteur privé, en France et à l’international.
Son parcours politique régional débute en 2015, lorsqu’il devient conseiller régional. Depuis 2021, il occupait le poste de troisième vice-président, chargé notamment du développement économique, de l’attractivité, du tourisme et de la prévention des risques majeurs. Il préside également le Comité régional de tourisme Provence-Alpes-Côte d’Azur depuis 2018.
Cette expérience constitue l’un de ses principaux atouts pour prendre la tête de la collectivité. Économiquement diversifiée, la région doit en effet concilier les besoins des entreprises, l’emploi, l’attractivité touristique et les enjeux environnementaux.
Avec cette nomination, François de Canson devient le premier élu du Var à accéder à la présidence de la Région Sud.
Lycées, santé, économie : les premiers chantiers annoncés
Dans son discours d’investiture, le nouveau président a présenté plusieurs orientations pour les mois à venir. Parmi elles, la situation des lycées figure en bonne place, dans un contexte marqué par les préoccupations liées à la sécurité et aux conditions d’accueil dans les établissements.
François de Canson a notamment annoncé une inspection générale, la création d’une plateforme d’alerte et la mise en place d’équipes départementales d’intervention pour répondre aux urgences matérielles dans les lycées. Ces mesures devront permettre de mieux identifier les difficultés et d’apporter des réponses aux établissements concernés.
La santé fait également partie des priorités affichées, avec la volonté de mettre en œuvre un plan régional destiné à améliorer l’accès aux soins. Le développement économique et la souveraineté industrielle doivent, de leur côté, rester au cœur de l’action régionale.
Autre enjeu majeur : l’adaptation au changement climatique. La prévention des risques naturels et l’accompagnement des territoires face aux conséquences du dérèglement climatique s’inscrivent dans les orientations annoncées par le nouveau président.
Enfin, François de Canson souhaite simplifier les relations entre la Région et les communes. Un objectif qui pourrait compter pour les collectivités locales, souvent confrontées à des procédures administratives complexes lorsqu’elles sollicitent des financements ou un accompagnement régional.
Ces annonces dessinent les premières lignes de sa présidence. Leur portée dépendra désormais des décisions prises, des moyens mobilisés et de leur mise en œuvre sur le terrain.
Quel impact pour la Camargue et l’ouest des Bouches-du-Rhône ?
Pour les habitants d’Arles, de Port-Saint-Louis-du-Rhône, des Saintes-Maries-de-la-Mer, de Martigues, d’Istres ou de Saint-Martin-de-Crau, cette succession politique soulève une question concrète : quelles conséquences pour les projets et les services dont dépendent leurs territoires ?
À ce stade, aucune réorientation spécifique à la Camargue ou à l’ouest des Bouches-du-Rhône n’a été annoncée. Plusieurs dossiers régionaux méritent néanmoins une attention particulière.
Les transports constituent un premier enjeu, notamment pour les déplacements entre les bassins de vie, les établissements de formation et les zones d’emploi. Les choix budgétaires de la Région en matière de mobilité restent donc un sujet important pour les habitants du territoire.
Le tourisme représente un autre axe de vigilance. Avec son expérience à la tête du Comité régional de tourisme, François de Canson connaît les enjeux d’attractivité et de développement de cette activité. En Camargue et dans les Alpilles, où les patrimoines naturel et culturel contribuent à l’économie locale, les orientations régionales en faveur du tourisme pourraient retenir l’attention des professionnels.
L’emploi et l’industrie sont également au cœur des préoccupations de l’ouest des Bouches-du-Rhône. Autour de Fos-sur-Mer, de Port-Saint-Louis-du-Rhône et de l’étang de Berre, les questions de transition industrielle, de formation et de développement économique constituent des enjeux majeurs pour l’avenir du territoire.
Enfin, l’adaptation au changement climatique concerne directement les espaces littoraux et les zones humides. En Camargue, la gestion des risques d’inondation et de submersion marine représente un sujet de long terme qui nécessite une attention particulière des acteurs publics.
Reste à savoir comment ces enjeux se traduiront dans les choix du nouvel exécutif. Les prochaines décisions budgétaires et les projets soutenus par la Région permettront de mesurer plus précisément les effets de cette nouvelle présidence sur les territoires.
Un mandat placé sous le signe de la continuité… et de l’échéance électorale
François de Canson hérite d’une majorité régionale de droite et du centre, mais aussi d’un calendrier politique qui laisse peu de temps pour installer son style. Les prochaines élections régionales, prévues en 2028, constitueront une échéance importante pour son équipe.
D’ici là, le nouveau président devra démontrer sa capacité à faire avancer les dossiers régionaux, à répondre aux attentes des élus locaux et à maintenir la cohésion de sa majorité face au Rassemblement national.
Son expérience du développement économique, du tourisme et de la gestion des risques constitue une base solide. Mais la réussite de son mandat se mesurera surtout aux résultats concrets obtenus dans les domaines annoncés comme prioritaires.
À la tête de la Région Sud, François de Canson mise donc sur une transition maîtrisée, sans rupture politique majeure. Pour la Camargue comme pour le reste de la région, l’enjeu sera désormais de voir comment cette continuité se traduira dans les décisions qui touchent au quotidien des habitants.
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