Pilules au désogestrel : 1,6 million de femmes alertées sur un risque rare de méningiome
À partir de ce jeudi 10 septembre, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) informe directement quelque 1,6 million de femmes ayant utilisé ou utilisant une contraception à base de désogestrel, notamment Cerazette, Optimizette, Antigone ou Elfasette.
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L’ANSM informe les utilisatrices de plusieurs contraceptifs à base de désogestrel d’un risque accru, mais jugé faible, de développer cette tumeur bénigne des membranes entourant le cerveau.
À partir de ce jeudi 10 septembre, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) informe directement quelque 1,6 million de femmes ayant utilisé ou utilisant une contraception à base de désogestrel, notamment Cerazette, Optimizette, Antigone ou Elfasette. Un risque accru de méningiome a été identifié, particulièrement après plusieurs années de traitement. L’agence insiste toutefois sur son caractère faible et recommande de ne pas interrompre brutalement la contraception sans avis médical.
Un risque faible, mais désormais clairement signalé
Le désogestrel est un progestatif utilisé notamment dans des contraceptifs hormonaux. Plusieurs spécialités sont concernées, parmi lesquelles Cerazette, Optimizette, Antigone et Elfasette. Face aux nouvelles données disponibles, l’ANSM a décidé de renforcer l’information destinée aux femmes concernées et aux professionnels de santé.
Selon les éléments communiqués par l’agence, le risque de méningiome apparaît supérieur à celui observé chez les femmes n’ayant pas pris ce type de contraception. Il reste néanmoins considéré comme faible dans l’absolu. Les données montrent notamment que le risque augmente avec la durée d’exposition : il est multiplié par deux après environ sept années de traitement. Il diminue ensuite après l’arrêt et disparaît un an après celui-ci.
Cette augmentation concerne plus particulièrement les femmes âgées de plus de 45 ans ainsi que celles ayant déjà été exposées pendant plus d’un an à certains progestatifs connus pour être associés à un risque plus important de méningiome.
Quels symptômes doivent alerter ?
Le méningiome est une tumeur qui se développe à partir des méninges, les membranes qui entourent le cerveau. Dans la grande majorité des cas, il s’agit d'une tumeur bénigne, mais sa localisation et sa taille peuvent entraîner des conséquences importantes.
L’ANSM invite les femmes concernées à consulter un professionnel de santé en cas de maux de tête persistants, troubles de la vision, faiblesse musculaire, troubles de l’équilibre ou du langage, pertes de mémoire, ou apparition ou aggravation de crises d’épilepsie. Selon les symptômes et le contexte médical, une imagerie cérébrale, notamment une IRM, pourra être envisagée.
La présence de l’un de ces symptômes ne signifie évidemment pas qu’un méningiome est nécessairement en cause. Mais ils justifient un avis médical afin d’en rechercher l’origine.
Pas question d’arrêter sa pilule brutalement
Face à cette nouvelle information, l’ANSM rappelle un point essentiel : les femmes concernées ne doivent pas interrompre leur contraception de leur propre initiative.
Un arrêt sans solution contraceptive alternative pourrait en effet exposer à une grossesse non désirée. L’agence recommande plutôt d’aborder la question avec son médecin, son gynécologue ou sa sage-femme, notamment lors de la prochaine consultation de suivi.
L’objectif est de permettre une réévaluation individuelle de la contraception en fonction de l’âge, de la durée d’utilisation, des antécédents et de l’état de santé de chaque patiente. L’ANSM rappelle d’ailleurs que la contraception doit être réévaluée régulièrement, notamment chaque année, avec un professionnel de santé.
Les médecins également informés
Les patientes ne sont pas les seules concernées par cette campagne d’information. Environ 90 000 médecins ayant prescrit une contraception à base de désogestrel dosée à 75 microgrammes doivent également recevoir un courrier.
Les notices des contraceptifs concernés vont par ailleurs évoluer afin de faire apparaître plus clairement cette information sur le risque rare de méningiome. Cette évolution fait suite à une décision prise au niveau européen après l’évaluation des données disponibles.
L’ANSM met également à disposition une foire aux questions destinée à répondre aux principales interrogations des femmes concernées.
Une information à prendre au sérieux, sans céder à l’inquiétude
Cette nouvelle alerte sanitaire ne signifie donc pas que les femmes prenant du désogestrel doivent arrêter leur contraception. Elle vise avant tout à améliorer l’information et à permettre aux professionnelles et professionnels de santé d’évaluer, au cas par cas, si le traitement reste adapté.
Le message de l’agence se veut ainsi équilibré : le risque existe, mais il demeure faible, et il doit être mis en perspective avec les bénéfices et les besoins contraceptifs de chaque femme.
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