Permis de conduire : pourquoi les jeunes sont de plus en plus nombreux à choisir la boîte automatique

De plus en plus de jeunes passent leur permis sur une voiture automatique. Formation plus courte, coût, boîte manuelle : ce qu’il faut savoir.

Modifié : 9h36

Permis de conduire : pourquoi les jeunes sont de plus en plus nombreux
Crédit : amir am de Pixabay

Permis de conduire : pourquoi les jeunes choisissent la boîte automatique

 

Longtemps considéré comme un permis « à part », le permis de conduire passé sur une voiture automatique séduit de plus en plus de jeunes candidats. Formation plus courte, apprentissage simplifié, véhicules électriques et hybrides de plus en plus présents : la boîte automatique gagne du terrain. Mais attention : obtenir son permis sur une automatique ne permet pas immédiatement de conduire une voiture à boîte manuelle.

C’est un changement générationnel qui commence à se voir jusque dans les auto-écoles. Pour beaucoup de jeunes candidats, apprendre à conduire ne signifie plus nécessairement apprendre à manier une pédale d’embrayage et un levier de vitesses.

Le permis sur boîte automatique, officiellement assorti de la restriction B78, attire une proportion croissante d’élèves.

La progression est spectaculaire sur le long terme. Selon le ministère de l’Intérieur, la part des examens du permis B passés sur boîte automatique est passée de 1 % en 2015 à 14 % en 2022, soit près de 220 000 examens cette année-là. Une enquête réalisée en 2025 auprès de professionnels de l’enseignement de la conduite indiquait ensuite qu’en moyenne un candidat sur quatre choisissait déjà l’automatique en première intention. En 2026, certains professionnels font état d’une progression encore plus marquée. 

13 heures minimum au lieu de 20

Le premier argument est simple : la formation minimale est plus courte.

Pour un premier permis B, il faut normalement au moins 20 heures de formation pratique en auto-école. Pour un permis passé sur une voiture automatique, le minimum réglementaire descend à 13 heures. 

Cela ne signifie évidemment pas que chaque candidat sera prêt en treize heures. Le nombre réel d’heures dépend du niveau et de la progression de chacun. Mais cette différence peut réduire sensiblement le coût de la formation.

La conduite elle-même est également plus simple à appréhender : pas d’embrayage, pas de point de patinage, pas de vitesse à passer et pratiquement aucun risque de caler.

Le candidat peut ainsi davantage concentrer son attention sur la circulation, les intersections, les autres usagers ou les règles de priorité. C’est d’ailleurs l’un des arguments avancés par la Sécurité routière pour expliquer l’intérêt croissant de cette formule. 

Attention : permis automatique ne veut pas dire permis manuel

C’est le point essentiel à connaître.

Un conducteur qui passe son examen sur une voiture automatique n’a pas immédiatement le droit de conduire une voiture équipée d’une boîte manuelle.

Son permis comporte une restriction correspondant à la conduite des véhicules automatiques.

Autrement dit, après avoir obtenu son permis sur une automatique, impossible de prendre légalement la vieille voiture familiale à boîte manuelle ou d’emprunter celle d’un ami si elle possède une pédale d’embrayage. 

Mais cette limitation n’est pas définitive.

Sept heures pour passer ensuite à la boîte manuelle

Le dispositif a justement été considérablement assoupli.

Pour pouvoir conduire ensuite une voiture à boîte manuelle, le titulaire d’un permis automatique passé pour des raisons non médicales doit suivre une formation complémentaire d’au moins 7 heures dans une auto-école habilitée.

Il n’est pas nécessaire de repasser l’épreuve pratique du permis.

Et depuis le 1er mars 2024, il n’est même plus nécessaire d’attendre trois mois après l’obtention du permis automatique avant de commencer cette formation passerelle. 

Le parcours peut donc être très simple : passer son permis sur une automatique, acquérir de l’expérience puis, si nécessaire, effectuer ensuite les sept heures permettant de conduire une boîte manuelle.

La voiture elle-même est en train de changer

Cette évolution des auto-écoles accompagne surtout celle du marché automobile.

Les véhicules hybrides et électriques utilisent très majoritairement des transmissions automatiques. Et même parmi les voitures thermiques récentes, la boîte automatique s’est fortement développée.

Dans ces conditions, certains jeunes se demandent tout simplement s’il est encore indispensable d’apprendre immédiatement à conduire une voiture manuelle.

Le ministère de l’Intérieur avait lui-même souligné cette évolution en 2024 en expliquant que le recul progressif des véhicules thermiques à boîte manuelle au profit des hybrides et électriques allait nécessairement avoir des conséquences sur l’apprentissage de la conduite. 

Le permis manuel conserve pourtant un avantage

La boîte automatique n’a cependant pas totalement réglé le débat.

Passer directement son permis sur une voiture manuelle offre encore une liberté immédiate : le conducteur peut ensuite prendre le volant aussi bien d’une automatique que d’une manuelle.

Cela peut rester important pour les jeunes qui utilisent la voiture de leurs parents, achètent un premier véhicule d’occasion à petit prix ou ont besoin de conduire différents véhicules dans leur vie professionnelle.

À l’inverse, celui qui sait qu’il conduira principalement une voiture récente, hybride ou électrique peut être tenté de choisir directement l’automatique.

Le permis de conduire est donc lui aussi en train de suivre l’évolution de l’automobile : la pédale d’embrayage, longtemps passage obligé de générations d’apprentis conducteurs, pourrait progressivement perdre son statut d’incontournable.

Et pour les jeunes conducteurs, une question qui paraissait presque incongrue il y a encore quelques années devient désormais parfaitement légitime : faut-il encore apprendre à conduire avec une boîte manuelle ?