[ SOCIETE - REGION ] Contournement d'Arles : la réponse des pro-autoroute aux écologistes.

24 janvier 2019 à 10h12 par Patrick MONROE

RADIO CAMARGUE

Contrer le lobbying parisien des écologistes. Voilà l'objectif poursuivi par l'association "Tous pour le contournement autoroutier d'Arles maintenant". En novembre dernier, deux députées européennes écologistes, et des associations locales de protection de l'environnement, envoyaient aux ministres des Transports et de la Transition écologique une lettre ouverte pour dire tout le mal qu'ils pensaient du contournement d'Arles, un projet "écologiquement destructeur". Une prise de position qui arrivait pile au moment où le dossier, longtemps coincé au fond d'un tirroir, redevenait d'actualité, avec son inscription dans l'ébauche de la loi sur les mobilités nouvelles, et la relance des études censées amener à une réalisation à partir de 2023.

Mais pour Philippe Ghezzi, président de l'association "Tous pour le contournement autoroutier d'Arles maintenant", il était absolument hors de question de laisser le champ libre aux opposants historiques de l'autoroute. "Evidemment, il fallait réagir à ce courrier, assène-t-il. On a l'impression, dans ce genre de situation, qu'il n'y a que les gens contre qui sont entendus, car les gens pour ne se manifestent jamais." Et Philippe Ghezzi de prendre l'exemple du rapport Duron, sur lequel le gouvernement devait s'appuyer pour sa loi sur les mobilités, et qui préconisait de reporter la réalisation du contournement... en 2038 ! "Mr Duron avait enlevé de son projet le contournement, sans prendre attache auprès des élus locaux, alors qu'il avait reçu l'avocate de l'ACEN (association opposée au projet, Ndlr) Corinne Lepage", rappelle-t-il.

L'autoroute, "c'est dans l'intérêt du plus grand nombre"

Le courrier envoyé par l'association pro-autoroute aux ministres des Transports et de la Transition écologique, rempli de contre-arguments, doit donc servir à éviter une telle déconvenue. En montrant notamment que le contournement est ardemment souhaité localement. "C'est une nécessité, et une majorité d'Arlésiens soutient ce projet-là, affirme Philippe Ghezzi. Le réseau routier, à Arles, n'est pas en rapport avec le trafic qui existe. Nous avons un besoin local qui est vital." La RN 113, chaque jour, doit en effet absorber un trafic de plus de 70 000 véhicules, et les projections avancent même le chiffre de 80 000 pour les années à venir, dont la moitié, ou presque, de camions. "Un nouveau pont autoroutier, ce serait une bouffée d'oxygène pour pouvoir ouvrir la ville, la RN 113 pourrait devenir un boulevard urbain", espère le président de l'association "Tous pour le contournement autoroutier d'Arles maintenant". La ville aurait donc deux ponts pour son transit urbain, et se verrait délestée du trafic autoroutier généré sur cette seule RN 113 qui permet pour l'heure la liaison Espagne-Italie. Une issue indispensable, selon Philippe Ghezzi, qui illustre son propos avec l'action des gilets jaunes en novembre et décembre. "Le blocage du Vittier, c'était un enjeu stratégique, il n'y avait plus de circulation entre l'Espagne et l'Italie, explique-t-il. Et au-delà, "à chaque petit problème, ce n'est pas que la voie rapide, mais le réseau entier autour d'Arles qui est bloqué."

Le contournement, c'est donc "dans l'intérêt du plus grand nombre, pour que notre ville se développe, car la situation actuelle constitue un frein majeur au développement économique." Quant aux opposants, Philippe Ghezzi n'est pas tendre avec eux. "Il n'y a pas que des écolos purs et durs dans ces associations, il y a des gens qui habitent sur place, critique-t-il. C'est comme quand il a été question du tracé TGV, tout le monde voulait le train mais personne ne voulait les rails ! Mais aujourd'hui, on en est à 25 ans de procédures, des tas de tracés ont été étudiés, et on a retenu la moins mauvaise solution. Pour notre association, il faut y aller maintenant, prendre ce qui est en route, et avancer. On n'a plus le temps !"

[SOURCE / LA PROVENCE]