[ SOCIETE/ECONOMIE - NIMES ] La mairie de Nîmes dévoile son plan d’action pour aider les commerces

27 avril 2020 à 7h44 par sarah rios

RADIO CAMARGUE

Exonérations de taxes, parking gratuit ou aides à l’équipement sanitaire : 4,2 millions d’euros de mesures.

Début avril, un "collectif de commerçants, cafetiers et restaurateurs nîmois" avait publié une lettre ouverte destinée au maire (comme au président de l’Agglo et au préfet) ainsi qu’une pétition en ligne pour tirer le signal d’alarme et réclamer des mesures d’aides face à la crise (ML du 2 avril). "J’avais déjà pris l’engagement ferme que, dès lors que nous aurions un peu plus de visibilité sur les conditions de déconfinement, je présenterai des actions, assure Jean-Paul Fournier. Hélas, le gouvernement n’est toujours pas en mesure de préciser le cadre de cette sortie de crise. Il n’est plus temps d’attendre !"

Ce samedi matin en conférence de presse, entouré des élus concernés, le premier magistrat a dévoilé un "plan d’action financier pour aider les commerces à supporter la crise ". Plusieurs mesures, chiffrées à 4,2 millions d’euros au total, seront présentées au conseil municipal du 30 mai.

1 Supporter la crise : des exonérations

La majorité municipale proposera d’abord de voter six mois d’exonération d’occupation du domaine public. Du 1er avril au 30 septembre, la Ville renonce à percevoir les recettes pour les terrasses des commerces, bars et restaurants (soit 285 550 €), pour l’installation sur l’espace public de commerces sédentaires et non-sédentaires lors de la feria des vendanges, des Jeudis de Nîmes ou des Grands Jeux Romains (229 400 €). Effacée aussi la convention d’occupation des étaliers des Halles pour cette période (235 700 €). Idem pour les chantiers provisoires, les marchés de plein air et restaurateurs ambulants, les kiosques, les manèges, etc. Le tout pour un montant global de 1,2 million d’euros.

La mairie accepte aussi de se passer durant ces six mois des loyers pour ses locaux loués aux commerçants, artisans, entreprises (une mesure qui comprend notamment la taxe locale sur la publicité extérieure) et aussi associations. Redevance publicitaire et licences des taxis ne seront pas réclamées. "Ce sont bien des suppressions de taxes, pas des reports", insiste Pascal Gourdel, élu délégué au commerce, foires et marché.

2 Fin du confinement : du parking gratuit

Deuxième grand axe de ce plan, "l’accompagnement des commerces à la sortie du déconfinement". "On va prendre en charge les mesures sanitaires, indique d’abord Sophie Roulle, adjointe à la redynamisation commerciale. L’objectif est d’être prêt pour le jour J. " En partenariat avec la CCI, seront distribués dans chaque magasin de proximité : 50 masques à usage unique, un distributeur de gel hydroalcoolique et de la signalétique. Tous les commerces seront dotés avant le 11 mai (1 700 commerces ont été identifiés). Montant de l’opération : 600 000 €

Par ailleurs, de nouvelles mesures de stationnement de surface entreront en vigueur dès le 11 mai (jusque-là, il reste gratuit). Les commerçants nîmois le réclamaient depuis longtemps, la crise leur permet d’obtenir satisfaction (du moins provisoirement) : la mairie accordera deux heures gratuites par jour, du lundi au vendredi, à consommer à n’importe quel moment de la journée. "Un test" jusqu’au 30 septembre.

Ces deux heures se substituent aux deux heures libres fixes de midi à 14 h en vigueur actuellement, ainsi qu’à la demi-heure gratuite. De plus, le parking deviendra également gratuit le samedi matin en plus de l’après-midi déjà en vigueur. Montant de l’opération : un million d’euros tout rond.

3 Événements : un automne riche ?

Jeudis de Nîmes, feria des Vendanges, Grands Jeux Romains (reportés à fin octobre) : ces événements auront-ils lieu ? "On travaille comme si, on ne peut pas être passif et devoir subir", souligne Jean-Paul Fournier. Qui consent quelques indiscrétions. Les Jeudis de Nîmes pourraient être prolongés jusqu’à mi-septembre. Pour "déconfiner le centre-ville", les boulevards seraient alors investis, les JeuDisVins se déplaceraient sur l’Esplanade. Quid de la feria de septembre ? "On étudie un scénario avec un élargissement de 2,5 à 4 jours, avec des corridas du jeudi au dimanche", glisse le maire.

En aparté de la conférence de presse de ce samedi matin, le directeur général des services, Christophe Madalle, estime le coût de la crise, pour l’instant (avec ces mesures comprises), à 10 millions d’euros pour la mairie de Nîmes.
Source: midilibre.fr/Mathieu LAGOUANÈRE