[ SOCIETE - ARLES ] LES AGRICULTEURS DENONCENT LES TRAITES INTERNATIONAUX.

22 juillet 2019 à 6h45 par sarah rios

RADIO CAMARGUE
Une manifestation a eu lieu hier, mais la mobilisation était faible. Rendez-vous est donné à la rentrée. On a repoussé d'une semaine pour avoir du monde, et puis là..." Il y avait un peu de dépit, hier, chez cet agriculteur, constatant la faible mobilisation de ses collègues. À l'appel de la FDSEA, ils étaient tout de même une cinquantaine à se retrouver en début d'après-midi devant les grilles de la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer). Cet organisme, symbole d'un État décrié, devant lequel ils ont déversé une benne remplie de foin et de bois, pour dénoncer des traités internationaux en passe d'être signés avec les pays d'Amérique du sud (Mercosur) et le Canada (Ceta). "Le Mercosur, le Ceta, ce sont des événements très graves, a affirmé Patrick Lévêque, président de la FDSEA 13. Le Canada, ce sont 40 produits phytosanitaires autorisés de plus qu'en France. Eux, ils n'ont pas de problème avec les OGM, le Brésil ce sont 120 produits phytosanitaires de plus que chez nous, soit 74 %. Et ces produits-là, si les traités aboutissent, vont entrer sur le territoire avec l'accord du parlement. C'est un scandale !" Autre problème relevé par les agriculteurs, la charte du riverain ou du bon voisinage, imposée depuis le ministère et qui stipule que les cultures hautes, comme la vigne ou les arbres fruitiers, ne subissent aucun traitement à moins de 10 mètres du voisin. "Dans le Var, ils ont calculé, ce seraient un tiers des vignobles qui disparaîtraient", tempête Patrick Lévêque, furieux aussi que l'agriculteur puisse demander l'autorisation pour traiter ses cultures, 12 heures à l'avance, à son voisin. "Et peut-être qu'il va dire non", lâche-t-il, avant de promettre une très grosse manifestation en septembre, avec un mot d'ordre national. "On remet en cause notre modèle économique, regrette le président de la fédération syndicale départementale. On est en train de tuer notre modèle agricole, alors qu'il est excédentaire dans la balance commerciale de notre pays, qui est, elle, très déficitaire... Tout cela parce qu'on est trop à l'écoute du monde écolo, et que l'on veut garder sa place !" Des revendications plus locales, comme cette redevance que voudrait instaurer le Symadrem aux agriculteurs dont les installations de pompage passent sous les digues, ont aussi été mises en avant. Et les agriculteurs, après avoir pris la direction du centre-ville, ont pu remettre au sous-préfet d'Arles un dossier avec toutes leurs doléances. Sans trop d'illusions, toutefois, mais en redonnant rendez-vous pour la grande manifestation de septembre. Source : laprovence