[ SANTE - MARSEILLE ] Coronavirus : Emmanuel Macron en visite hier à l'IHU à Marseille mais pas pour "un référendum" pro-Raoult

10 avril 2020 à 7h21 par sarah rios

RADIO CAMARGUE
Crédit: D.R

Visite surprise du chef de l'État à l'Infectiopôle de La Timone, hier. Après trois heures d'entretien, l'Élysée se défend de plébisciter la méthode du Marseillais à contre-courant de la doctrine nationale

Il y a ceux qui l'adorent, ceux qui le vilipendent. Et ceux qui, sans forcément adhérer, lui reconnaissent cette constance dans la crise sanitaire. "À Marseille, Didier Raoult a eu un comportement de chef d'État : il a mis en place une stratégie de dépistage massif, décidé de tester un traitement. Et à l'IHU, tous les médecins suivent parce qu'ils n'ont pas d'autres choix", commentait récemment un infectiologue de l'AP-HP.

Alors que le gouvernement a restreint l'administration du traitement à l'hydroxychloroquine, vanté par le Pr Raoult, aux cas les plus graves, que ses études sont toujours largement contestées sur le plan méthodologique, le chef de l'État, le vrai, est venu lui rendre visite, hier. Emmanuel Macron a donc fait une visite surprise à l'Institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infections. Hors presse. "Si vous insistez, vous ne remettrez plus les pieds ici", nous a signifié d'entrée de jeu Didier Raoult quand les officiers de sécurité répondaient en écho : "C'est privé !". Privé avec suffisamment de fuites pour que toute la presse soit au courant, fasse le pied de grue pendant plus de trois heures sur le trottoir d'en face, sécurité présidentielle oblige, et que des images plus ou moins lointaines tombent pile pour le 20-Heures.

"Didier Raoult a donné sa vision des combats qu'il fallait mener et le Président s'est intéressé à l'organisation du dépistage", expliquait-on à l'IHU à l'issue de la visite. Sa visioncomplètement à contre-courant de la doctrine gouvernementale, Didier Raoult avait déjà eu l'occasion de l'exprimer au sein du Comité scientifique qui conseille le chef de l'État. Et qu'il a préféré quitter. Bon gré, mal gré, Jean-François Delfraissy, qui préside ce conseil, était aussi de la partie hier.

Visite du laboratoire de diagnostic où plus de 3 000 tests sont réalisés chaque jour, des services d'hospitalisation, du laboratoire de haute sécurité biologique, de la biobanque... Le Président et quelques happy-fews ont ensuite conversé dans le bureau de Didier Raoult. Il a bien évidemment été question de la dernière étude de l'IHU sur une cohorte de 1 000 patients traités à la bithérapie marseillaise. "La conversation est allée bien au-delà de cela, elle a permis de confronter des opinions, d'approfondir des débats", expliquait l'entourage de Didier Raoult. Entre deux citations philosophiques, dont les deux hommes ont le secret, Emmanuel Macron poursuivait hier à Marseille une séquence politique entamée le matin même sur le thème de la recherche à l'hôpital du Kremlin-Bicêtre.

"C'est une marque de considération, de reconnaissance de l'institution IHU. Mais on ne se lie pas les mains. Cette visite intervient dans le cadre d'une journée consacrée aux traitements, ce n'est pas un référendum pour ou contre Raoult. En même temps, on ne peut pas autoriser un traitement par rapport à l'opinion, ce n'est pas "The Voice", posait l'entourage du Président.

Le Président n'est "ni pour", "ni contre" le Pr Raoult. "Mais bien au contraire", serait-on tenté d'ajouter, tant les conseillers santé du Président s'entouraient de précautions syntaxiques pour évoquer l'objet de cette visite inopinée "dans l'antre de Raoult", lors d'un "télé-debriefing" qui a rassemblé hier soir plus de quarante journalistes. Officiellement donc, Emmanuel Macron a entamé des "discussions panoramiques" (sic) avec des chercheurs français qui ont lancé des essais de traitement contre le coronavirus. [ ... ]

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Source: laprovence.fr/ Alexandra Ducamp et Sophie Manelli