[ SANTE - ARLES ] Coronavirus : les urgences d'Arles consacrées à l'épidémie, et des soignants inquiets

19 mars 2020 à 10h30 par sarah rios

RADIO CAMARGUE
Crédit: Valérie Farine

Sur le pied de guerre depuis le début de la pandémie, les hospitaliers tirent la sonnette d'alarme


Dissimulés sous leurs masques, lunettes, gants, blouses et charlottes, les soignants des urgences de l'hôpital Joseph-Imbert semblent tout droit sortis d'un film apocalyptique. Réunie sous un chapiteau à l'arrière du bâtiment, une équipe est dédiée au test et au dépistage du Covid-19 chez les patients présentant des symptômes. Depuis hier matin, une cellule spéciale a été ouverte au CH d'Arles, afin de séparer les personnes potentiellement infectées par le coronavirus des autres patients à risque.

Sous la tente, une sorte de salle d'attente, avec quatre sièges séparés d'un mètre, puis une pièce consacrée à l'auscultation. Si les symptômes correspondent au Covid-19, des prélèvements seront faits. "Ils ne sont pas systématiques. On ne peut pas tester tout le monde", explique Marc*, aide-soignant mobilisé sur la cellule spéciale.

"On est peu approvisionnés, on nous demande de faire des économies"

Les tests sont alors envoyés à Marseille, où ils seront analysés. Ce n'est que 24 h plus tard que les résultats seront connus. "On renvoie les patients chez eux sans savoir s'ils sont positifs, soupire Marc. C'est indécent, mais on n'a pas le choix."

Au moment où nous écrivons ces lignes, l'hôpital arlésien n'a détecté qu'un seul cas de coronavirus, une dame de 75 ans, hospitalisée pour des problèmes respiratoires. Si ce service des urgences est encore calme, en ce premier jour d'ouverture, les soignants craignent un pic d'ici la moitié de la semaine prochaine. "Pour l'instant, on a de quoi faire. Mais la direction insiste pour qu'on économise, se révolte Sandra*. Ils nous demandent de porter des masques non imperméables, mais on sait qu'on ne sera pas protégés ! On est des soignants, pas des kamikazes. Si on ne peut pas se protéger, on ne viendra plus..."

Ce que dément la direction, qui "regrette" ce ressenti de la part de ses équipes, et affirme avoir demandé à ses personnels "d'utiliser de façon rationnelle et raisonnable les masques de protection, conformément aux recommandations des pouvoirs publics, affirme le directeur du CH Laurent Donadille. Malheureusement pour l'instant, on a des stocks limités, et il faut être précautionneux, et ce pour l'ensemble des membres de la cellule Covid-19. Il y a eu des annonces comme quoi on devrait avoir des livraisons dans les prochains jours."

Le personnel soignant du CH d'Arles entend profiter du "retard" de l'épidémie dans la région pour apprendre de l'expérience que vivent d'autres hôpitaux, comme dans le Grand Est. "On essaie de se préparer. [ ... ]

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Source: laprovece.fr/ Manon Variol