Municipales à Marseille : Ghali future première adjointe de Rubirola ?.

2 juillet 2020 à 6h52 par Patrick MONROE

RADIO CAMARGUE

Pendant deux jours, elle est restée silencieuse, consultant depuis chez elle et suscitant l'inquiétude chez ses militants du Printemps marseillais. Michèle Rubirola est réapparue, hier, via un communiqué. Un message envoyé à l'intention de "Samia Ghali et ses colistiers".

Victorieuse dimanche avec 13 091 voix d'avance sur sa concurrente Les Républicains Martine Vassal, emportant quatre secteurs contre trois à la droite, Michèle Rubirola sait toutefois son succès relatif. Les arcanes de la loi PLM qui régissent les élections à Marseille, n'offrent à l'écologiste que 42 sièges au conseil municipal, les Républicains en comptant 39. Pour être élue maire samedi, au cours d'une séance inédite, il lui faudra consolider sa majorité relative. Et essayer d'arriver à un nombre absolu de 51 élus sur 101, afin de gouverner la ville sans accroc. Depuis 1983 et la création de cette loi par Gaston Defferre (PS), c'est ce qui s'est toujours passé.

Pour y parvenir, il faut se tourner vers Samia Ghali. Sa victoire, certes de justesse dans les 15e-16e face au Printemps marseillais emmené par le communiste Jean-Marc Coppola, mais avec l'aide des écologistes issus du même Printemps, lui permet d'envoyer huit élus au conseil municipal. Et de s'afficher en faiseuse de reines. Assurant avoir un "pacte inviolable" avec la sénatrice ex-PS, la droite lui a notamment proposé la présidence d'Euroméditerranée. Samia Ghali, qui a de moins en moins envie de poursuivre sa carrière au Sénat - les élections auront lieu à l'automne - attend désormais que Michèle Rubirola lui fasse ses propositions. Jusqu'à hier, son entourage assurait n'avoir "pas reçu un coup de fil".

"Personne ne souhaite rajouter une crise démocratique à la crise sociale, environnementale et sanitaire"

Suivant les conseils des états-majors de la gauche locale et parisienne, parmi lesquels l'ex-ministre EELV Cécile Duflot, actuellement à Marseille pour des raisons personnelles, Michèle Rubirola a repris la main en deux temps. Hier, elle a envoyé un message en direction de Samia Ghali et des siens. "Je souhaite qu'ils travaillent avec nous en partageant un projet qui assure un rééquilibrage de Marseille et de ses politiques publiques dans tous les secteurs", écrit-elle. "Personne ne souhaite rajouter une crise démocratique à la crise sociale, environnementale et sanitaire", poursuit Michèle Rubirola. "Les Marseillais ne comprendraient pas qu'une droite minoritaire dans la ville, minoritaire dans les urnes, battue dans son fief, puisse se maintenir au prix de manoeuvres politiciennes hasardeuses et indignes. Personne ne peut trahir cette attente et cet espoir exprimés par les Marseillais, dimanche." Chaque mot est choisi à dessein.

Furieuse après ce communiqué qui la ferait "venir sous la contrainte", Samia Ghali a toutefois accepté un rendez-vous en tête-à-tête, aujourd'hui en fin de journée avec Michèle Rubirola. Elles discuteront notamment d'un éventuel poste de première adjointe, de la place accordée à ses colistiers et des projets jugés prioritaires pour les quartiers Nord. "Le Printemps marseillais est décidément prêt à toutes les combines", dégaine David Galtier, élu maire sur la liste de Martine Vassal (LR) dans les 13e-14e voisin, après le retrait de la gauche dans l'entre-deux-tours. Le général sait la partie serrée. Il sait aussi que Samia Ghali s'affirme toujours "de gauche".

[source / La Provence]