[ JUSTICE - SAINTES MARIES DE LA MER ] Sylvette a été expulsée de sa cabane hier matin.

7 mai 2019 à 5h01 par Patrick MONROE

RADIO CAMARGUE

Ce n'était qu'une question de jours. Depuis le 2 avril, Sylvette César s'attendait à devoir quitter sa cabane des Saintes-Maries-de-la-mer d'un moment à l'autre. 

Après des années d'un bras de fer musclé avec la municipalité, la Cour de cassation avait confirmé le jugement du Tribunal de grande instance d'Aix qui estimait que la Saintoise, sa fille et sa petite-fille vivaient dans deux cabanes de gardians "sans droit ni titre". 

Dès lors, l'expulsion de Sylvette et de sa famille était imminente. "Aux alentours du 10 avril, j'avais eu une première alerte avec la visite de gendarmes", confie Sylvette César, dont la fille et la petite-fille ont déjà quitté les lieux. Hier, elle a dû définitivement dire adieu à une cabane où sa famille vivait depuis 1974.

Dès 8h du matin, une dizaine de gendarmes des Saintes et du PSIG d'Arles sont intervenus, ainsi que l'huissière et les services de la ville. Une opération dont Sylvette dénonce la brutalité. "Je n'ai pas été prévenue, assure-t-elle, la voix étranglée par l'émotion. J'étais devant chez moi lorsque j'ai vu les gendarmes arriver. Je n'ai pas eu le temps de m'organiser". 

Durant trois heures, les services de la ville se sont attelés à murer l'entrée de la cabane et à interdire l'accès au site avec l'installation de blocs de béton par des tractopelles. Une opération menée sous une tension palpable avec la présence d'une quinzaine de membres du comité de soutien au Camarguais (le nom des cabanes) ainsi que de la fille de Sylvette César. "Les gendarmes ne m'ont pas lâché, explique la Saintoise. Leur action était disproportionnée ! Je n'aurais jamais cru que cela allait se passer comme ça". 

Toutes les affaires de Sylvette ont été stockées chez des amis, dans un camion et dans sa voiture. Pour le moment, la Saintoise s'avouait un peu perdue, entre émotion et colère. Pas question d'occuper le logement proposé par la municipalité. "On lui a soumis une habitation en face de la mairie. Elle ne va pas vivre à côté de la personne qui a détruit sa vie ! Et je ne parle pas des moyens déployés, cela dépasse l'entendement", s'agace un membre du comité. 

Un déploiement justifié, par la compagnie de gendarmerie, en raison des crispations qui pouvaient apparaître autour de cette expulsion. Mais Sylvette César n'a pas abdiqué. "Je vais voir s'il y a eu des vices de procédure". Le 3 décembre, une audience est également prévue auprès de la Cour de renvoi à Aix. La page n'est peut-être pas encore tournée.

[SOURCE / LA PROVENCE]