[ HOMMAGE ] La France prépare ses adieux à Jacques Chirac.

30 septembre 2019 à 7h21 par Patrick MONROE

RADIO CAMARGUE

Une "cérémonie populaire" aura lieu demain après-midi aux Invalides avant la journée de deuil national qui a été décrétée lundi.

On a tous quelque chose en nous de Jacques Chirac

Un adage dit qu’on aime toujours bien les gens quand ils sont morts. Mais là ce n’est plus de l’amour, c’est de la rage, une rage nationale, fusionnelle, une "chiracomania" incroyable qui dépasse tout ce qu’on pouvait imaginer quand on entend aujourd’hui ses anciens adversaires ou ennemis se répandre sur Jacques Chirac, la voix étranglée, la larme à l’œil.
Pourquoi tant d’émotion dans le pays, à droite comme à gauche, après l’annonce de la mort de Jacques Chirac ? Sans doute parce qu’après être entré en politique en 1967, il a accompagné les Français pendant plus de quarante ans, donc sur plusieurs générations, comme Johnny Hallyday dans un autre genre. Comme l’a dit Bernard Tapie, paraphrasant la célèbre chanson du même Johnny, on a tous quelque chose en nous de Jacques Chirac.
Jamais à une contradiction près, cultivant le doute, changeant de pied comme de chemise, il était tout "en même temps" gaulliste, radical-socialiste, ultra-libéral, dirigiste, populiste, travailliste, bonapartiste, démagogue, rigoureux, mais toujours soucieux d’incarner le mieux possible la France, toutes ses couleurs, toutes ses différences. Le tout avec une énergie peu commune, un réalisme non dénué de modestie, un sens très français de la gaudriole, un amour de la bonne chère, de surcroît bien arrosée. Malgré ses erreurs et ses défauts, il était devenu la preuve que notre cher et vieux pays avait une âme. Il en portait un morceau. C’est pourquoi il manque tant aux Français depuis jeudi dernier.

[SOURCE / LA PROVENCE]