[FAITS-DIVERS]: Feu de Vitrolles : "On a eu la peur de notre vie !".

24 août 2020 à 6h34 par Patrick MONROE

RADIO CAMARGUE

Il est là sur la corniche de Vitrolles, à l'entrée du jardin public. Pierrot lunaire que l'on aurait extrait de son domicile sans lui expliquer pourquoi. François, 80 ans, habite depuis dix ans à Caucadis, un quartier proche de la Plaine, celui qui a été le plus touché. "On n'allait pas attendre. Il y avait des braises partout. On a eu la peur de notre vie. J'habite la première villa qui risquait de prendre feu".

On le sent à présent un peu plus rassuré mais il ne quitte quand même pas les camions des pompiers des yeux. "Ils ont bien travaillé", répète-t-il en boucle, pour dire le travail accompli. "C'est la première fois que le feu vient jusqu'ici. Ça a démarré du cimetière et après il est monté très vite. Il a sauté d'un coup. "

Aux Hameaux de l'Étang, un peu plus loin, Ghislaine et Régine sont sur le terre-plein central, tout proche du parc de la Corniche, elles aussi. Leurs maisons sont à plusieurs centaines de mètres. Invisibles d'ici. Un peu désemparées. "Vous m'auriez vue il y a une demi-heure, j'étais pas bien du tout, confie Régine. "Quatre pompiers sont venus nous dire de partir. En nous disant : fermez les fenêtres !" "On a eu peur. Les flammes étaient hautes. C'était incroyable." "Dans notre lotissement, il y a une cabane qui a pris feu, poursuit Régine. Le temps qu'on remonte la route, là où c'est très rocailleux et boisé, les flammes qui venaient du cimetière mesuraient dix mètres de hauteur".

"Pour l'instant, on ne peut pas revenir, explique Ghislaine, qui vient d'avoir son compagnon au téléphone. "Les pins entre les immeubles ont brûlé. Et mon pin, il va bien ?" demande-t-elle au téléphone. En éclaireur, son compagnon est allé voir s'ils pouvaient réintégrer les lieux. "Mais apparemment, c'est trop tôt !" note Ghislaine. On ne prend pas de risque !" L'une et l'autre avouent avoir emporté à la hâte ce qu'elles pouvaient, c'est-à-dire trois fois rien, un petit sac "avec nos papiers, c'est tout". Pas le temps de partir avec autre chose. Ce qui vous est le plus cher dans ce cas-là. Pas le temps de réfléchir. L'urgence incendiaire ne laisse de répit à rien. "Déjà il y a quatre ans, il y avait eu un feu à Vitrolles", se souvient Ghislaine.

[SOURCE / LA PROVENCE]