[ ECOLOGIE - ARLES ] Dès le 1er janvier, les habitants trieront 100% de leurs emballages

19 décembre 2019 à 9h57 par sarah rios

RADIO CAMARGUE

2020 marquera l'application de l'extension des consignes de tri pour Arles, St-Martin et les Saintes.

Mettre tout ce qui est emballage, flaconnage et plastique dans son sac jaune, sans se poser de question : c'est désormais possible ! Enfin presque. Dans quelques jours, précisément dès le 1er janvier 2020, les habitants d'Arles, des Saintes-Maries-de-la-Mer et de Saint-Martin-de-Crau seront concernés par l'extension des consignes de tri (ECT). Déjà en place à Boulbon, Tarascon et Saint-Pierre-de-Mézoargues. L'objectif est simple : faciliter le geste de tri.

Et pour mettre en place ce nouveau dispositif, l'intercommunalité peut compter sur un soutien de poids, celui de Citeo. Lundi, l'éco-organisme - acteur de référence en France en matière de collecte et de recyclage des emballages plastiques et des papiers - a annoncé qu'ACCM était l'une des lauréates de son appel à projets national lancé au printemps dernier et relatif à l'ECT ainsi qu'aux mesures d'accompagnement pour l'optimisation de la collecte des emballages ménagers et des papiers graphiques.

Ainsi primé, le projet porté par l'intercommunalité va bénéficier du soutien financier non négligeable de Citeo. Un soutien qui devrait servir à financer les équipements de collecte, selon Bertrand Schaeffler, le directeur Gestion des déchets ménagers et assimilés à ACCM. Car outre le fait que désormais tous les emballages plastiques (du pot de yaourt à la barquette de jambon en passant par la barquette de viande en polystyrène) pourront être mis dans le sac jaune - "ce qui est possible grâce à la proximité et à la performance du centre de tri Paprec à Nîmes", insiste Bertrand Schaeffler - d'autres mesures vont venir se greffer progressivement. Avec toujours la même idée en ligne de mire : détourner un maximum de déchets de la poubelle grise et en valoriser un maximum. A la clé, un double objectif : faire du bien à l'environnement et aussi, au portefeuille. Ainsi, d'ici un an, des points d'apports volontaires pour les emballages devraient voir le jour. "Partout où ils ont été installés, les retours d'expérience sont très positifs", note Bertrand Schaeffler. 91 points de ce type sont prévus. Même esprit avec l'ajout d'une cinquantaine de colonnes à verre.

"Avec l'ECT, reprend le responsable de service, nous espérons augmenter, dans les deux ou trois ans à venir, de 20 à 30 % le poids des emballages dans les sacs jaunes." Dans les trois communes (Arles, Saint-Martin et les Saintes), "nous en sommes actuellement à près de 2 000 tonnes par an. Pour la première année, on espère au moins 200 tonnes de plus." Mais évidemment, pour y parvenir, tout dépend des usagers. "C'est sûr que s'il n'y a pas le geste du tri, alors tout cela est un coup d'épée dans l'eau." ACCM s'est depuis lundi lancée dans une vaste opération pour communiquer à l'adresse des habitants. Chaque foyer recevra une lettre et un flyer avec des explications claires, des conseillers du tri se rendront sur les marchés des villes concernées... pour que le message soit entendu : "100 % des emballages triés !"

"L'interco est au rendez-vous"

Citeo est l'une des deux seules entreprises agréées par l'État pour organiser le recyclage des emballages ménagers. Elle collabore avec plus de 50 000 entreprises contributives qui, depuis 1992, ont déjà investi près de 10 milliards d'€ pour la collecte, le tri et le recyclage des emballages et des papiers. Citeo travaille autour de trois axes majeurs : la gestion des filières de collecte et de recyclage, la mobilisation des consommateurs pour un meilleur tri des déchets, et le développement de l'écoconception des produits de consommation pour réduire la quantité de déchets produite. Son credo : "trouver des solutions d'éco-conception, de recyclage et de réemploi pour 100% de nos emballages et nos papiers, et préserver nos ressources et la planète." Citeo accompagne les collectivités dans l'évolution du tri des déchets (emballages et papier donc) et les finance sous certaines conditions, d'où ces appels à projets. "Déjà, en 2016-2017, ACCM avait répondu à l'un des appels relatif au verre et cela avait porté ses fruits", note Christine Leuthy-Molina, directrice régionale Sud Est et Corse chez Citeo. Cette fois-ci, elle loue la qualité du dossier déposé par ACCM. "Non seulement c'est un dossier robuste mais en plus il présente un vrai plan d'actions, car multileviers", souligne-t-elle. "L'enjeu, c'est d'accélérer les performances, en facilitant le geste de tri." Pour booster la collecte sélective, "l'intercommunalité est au rendez-vous, on espère que les habitants vont l'être." De ce côté-là, Citeo a été séduit par "le plan de communication massif" envisagé par ACCM : "les réunions avec les CIQ, la collaboration avec les bailleurs sociaux, avec l'ensemble des services..."

En désignant ACCM comme lauréat, Citeo apportera son aide à hauteur de 170 000€, sans compter les soutiens apportés en fonction des tonnes recyclées.

En termes de collecte sélective, la Région Sud est plutôt en retard. Elle trie 51,4 kg par habitant et par an. La moyenne nationale est de 70,4 kg/hbt/an. La moyenne départementale est de 35,7 kg/hbt/an et la moyenne d'ACCM est de 39,3kg/hbt/an.


Vers un traitement par valorisation énergétique

Les OMR (ordures ménagères résiduelles) désigne la part des déchets qui restent après les collectes sélectives. Sa composition varie selon les lieux en fonction des types de collecte. Le traitement de ces déchets est de la responsabilité de la communauté d'agglomération ACCM depuis le 1er janvier 2017, au même titre que la collecte des déchets. À titre d'exemple, les communes d'Arles et Saint-Martin-de-Crau produisent environ 29 000 tonnes d'OMR par an. L'actuel marché public de traitement des OMR d'un coût annuel de 3,3 millions d'euros arrivant à terme, ACCM vient de contractualiser un nouveau marché. Le prestataire sélectionné est Suez RV Méditerranée, seul acteur à l'échelle locale en capacité de proposer un traitement par valorisation énergétique. Jusqu'alors ACCM était contraint de traiter ces OMR par stockage ou enfouissement dans l'installation spécialisée de Bellegarde (30). Aujourd'hui pour répondre aux obligations réglementaires du plan régional de prévention et de gestion des déchets (PRPGD) et poursuivre sa politique de réduction des déchets et de transition écologique, ACCM va répartir le traitement des OMR. Une répartition des tonnages entre les deux unités de traitement de stockage de Bellegarde et l'Unité de valorisation énergétique de Vedène, à hauteur de 20 000 tonnes en stockage et 10 000 tonnes en valorisation énergétique. Au-delà des effets positifs sur l'environnement, cette nouvelle orientation permettra à terme de réduire le coût. En effet, le marché du traitement des déchets est actuellement à un prix élevé de 120€ HT/la tonne, ce qui représente un coût annuel de 4,4 millions d'euros. Néanmoins, pour des raisons d'incitation à la transition écologique des territoires, la TGAP (taxe générale sur les activités polluantes) pour le traitement par stockage va fortement augmenter en passant de 24€ la tonne traitée en 2019 à 65€ en 2025, alors que pour le traitement par valorisation énergétique, elle passera à 15€. En se positionnant ainsi sur l'augmentation de la part de traitement des OMR par valorisation énergétique, ACCM réduira mathématiquement sa TGAP.

Source: Laprovence.fr/J. Razil

Photo: V.F