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Arles : l'hôpital Joseph-Imbert, objet architectural très soigné.

10 août 2020 à 15h17 Par Patrick MONROE

L'hôpital Joseph-Imbert parmi les perles du patrimoine arlésien ? À première vue, cela peut surprendre. Certes, le touriste ne se précipite pas sur la colline de Fourchon et préfère se ruer sur les monuments romains ou romans de la ville, classés au patrimoine mondial de l'Unesco. Mais le centre hospitalier est loin d'être le simpliste rectangle de béton que l'on aperçoit depuis la 113. Mieux, Paul Nelson, à la baguette de ce projet qui s'est concrétisé dans les années 70, a commis un vrai geste architectural pour donner naissance à cet établissement de santé.

"Pour Nelson, son programme, c'est d'avoir un objet complet, cohérent, qui fait synthèse", explique Olivier Blanc, architecte des bâtiments de France sur l'arrondissement d'Arles. Dans les années 70, "c'est d'ailleurs un signe de puissance, la capacité d'un architecte de tout organiser", complète-t-il.

Sur ce plateau de Fourchon, où la qualité du sol rocheux offre la possibilité de réaliser un immeuble de grande hauteur, Nelson va tout imaginer de A à Z, avec comme résultat une structure sous forme de galette, pour le socle technique, dominée par une barre de huit étages pour l'hospitalisation. "Il est parti de zéro, mais avec une grande capacité de maîtrise et carte blanche. Mais cela rend les choses difficiles, il faut obligatoirement rendre une copie nette. Neslon avait tout à gérer, c'est ce qu'on appelle l'architecture de la poignée de porte", raconte l'architecte des bâtiments de France.

Autrement dit, Paul Nelson n'a laissé échapper aucun détail, pour atteindre son but : une fonctionnalité optimum. "Cet hôpital, c'est un objet intellectuel fascinant. C'est maîtrisé, il y a tout. Nelson a une vision globale, c'est la planification. Il est conscient de tous les usages, il a la connaissance de toutes les conventions. Et il fait entrer dans le volume rectangle toutes les fonctions. Chaque dimension doit correspondre aux usages, les couloirs avec le point de retrait où on met le chariot des infirmières, les chambres...", indique Olivier Blanc. Un regard total sur l'oeuvre architectural, "une idéologie à laquelle on a renoncé aujourd'hui", et dont Nelson était l'une des figures.

[Source / La Provence]