Les chiens aussi prêtent une oreille particulière aux consonnes

Une étude publiée dans Science révèle que le cerveau des chiens détecte particulièrement les régularités formées par les consonnes. Explications simples.

Modifié : 16h34

Les chiens aussi prêtent une oreille particulière aux consonnes
Crédit : Péter Göblyös de Pixabay

Les chiens repèrent les consonnes dans notre parole, selon une étude

 

Une étude menée auprès de chiens de compagnie suggère que leur cerveau repère plus facilement certaines régularités de la parole grâce aux consonnes. Une ressemblance avec l’être humain qui éclaire leur façon de nous écouter, sans signifier qu’ils comprennent tout ce que nous disons.

Quand nous parlons à notre chien, il entend un flot de sons, sans les espaces qui séparent les mots à l’écrit. Comment son cerveau s’y retrouve-t-il ? Des chercheurs de l’université Eötvös Loránd, en Hongrie, ont exploré une piste : le rôle des consonnes.

Les voyelles sont souvent plus sonores. Les consonnes, elles, donnent fréquemment aux mots une structure qui aide à les distinguer. Chez l’être humain, le cerveau s’appuie particulièrement sur ces indices lorsqu’il écoute une parole continue. La nouvelle étude montre une tendance comparable chez le chien. 

Une expérience à l’écoute du cerveau

Les scientifiques ont enregistré l’activité cérébrale de 20 adultes et 20 chiens de compagnie à l’aide d’électrodes posées sur leur tête. Tous ont écouté des suites de syllabes sans pauses entre les groupes de sons. Il ne s’agissait pas de leur demander d’obéir à un ordre : les chercheurs voulaient voir si leur cerveau détectait des régularités dans ce qu’ils entendaient.

Dans certaines séquences, les consonnes revenaient selon un motif régulier ; dans d’autres, c’étaient les voyelles. Une troisième série ne comportait pas de motif comparable. Les cerveaux des chiens, comme ceux des humains, ont davantage suivi le rythme des groupes construits autour des consonnes. Les humains ont aussi réagi aux motifs fondés sur les voyelles, ce qui n’a pas été observé de la même façon chez les chiens. 

Est-ce que cela veut dire que les chiens comprennent nos phrases ?

Non : l’expérience mesure une réaction du cerveau à des sons, pas la compréhension d’une conversation. Elle ne prouve pas non plus qu’un chien reconnaît tous les mots que nous prononçons. Elle montre qu’il peut utiliser une régularité sonore qui aide également les humains à découper la parole.

Les chercheurs avancent une hypothèse : à force de vivre au contact de nos voix, le cerveau des chiens pourrait s’être adapté à certains traits de la parole humaine. Le résultat est fascinant, mais l’étude porte sur un petit groupe et ne permet pas encore de dire comment chaque chien utilise ces indices dans la vie quotidienne.

En Camargue comme ailleurs, lorsque nous appelons notre chien ou lui parlons pendant une promenade, il se passe donc peut-être davantage de choses à son écoute qu’on ne l’imagine. Cela ne remplace ni l’apprentissage, ni le contexte, ni nos gestes : c’est une pièce de plus pour comprendre cette relation singulière entre les chiens et nous.