Léon XIV en France : de Paris à Lourdes, sur les traces d’une histoire qui passe aussi par Avignon
De Paris à Lourdes, la visite du pape Léon XIV marque la France. Radio Camargue revient sur ses temps forts et sur l’histoire des papes d’Avignon
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De Paris à Lourdes, sur les traces d’une histoire qui passe aussi par Avignon
La visite du pape Léon XIV en France restera sans doute comme l’un des événements marquants de cette rentrée 2026. Depuis son arrivée vendredi 25 septembre, le souverain pontife multiplie les rencontres et les rassemblements à Paris puis à Lourdes, avant une dernière étape prévue lundi à Metz. Un déplacement religieux, bien sûr, mais dont le retentissement dépasse largement le seul monde catholique.
De l’Élysée au Stade de France
À son arrivée à Paris vendredi, Léon XIV a d’abord été reçu à l’Élysée par Emmanuel Macron et Brigitte Macron. Face aux autorités, à la société civile et au corps diplomatique, le pape a notamment évoqué la place de la France dans le monde, sa tradition de laïcité et son patrimoine culturel et religieux. Il a appelé la France à demeurer un « artisan infatigable de paix et de multilatéralisme ».
Le chef de l’Église catholique s’est ensuite rendu au siège de l’UNESCO avant de rejoindre Notre-Dame de Paris pour y célébrer les vêpres. Une visite particulièrement symbolique : Léon XIV est le premier pape à entrer dans la cathédrale depuis sa réouverture après l’incendie de 2019.
Mais l’une des images fortes de cette première journée restera celle du Stade de France, rempli vendredi soir par quelque 80 000 jeunes venus participer à une veillée de prière. Dans son discours, Léon XIV les a invités à rejeter la violence, l’orgueil et le mépris, pour privilégier la justice, la foi, la charité, la patience et la douceur. Une parole tournée vers la jeunesse et accompagnée d’un message très clair : le « combat » auquel appelle la foi ne doit jamais être dirigé contre les autres et ne peut avoir pour arme que l’amour.
Paris, puis le départ vers Lourdes
La journée de samedi a également été particulièrement dense. Léon XIV a visité la Maison Bakhita, à Paris, un lieu consacré à l’accueil et à l’accompagnement des personnes migrantes. Il a ensuite rencontré à l’Institut catholique de Paris des catéchumènes et de nouveaux baptisés.
Autre temps fort : la grande messe célébrée place de la Concorde, avec un dispositif s’étendant jusqu’aux Champs-Élysées. L’événement avait suscité une mobilisation exceptionnelle, plusieurs centaines de milliers de participants ayant été annoncés en amont par les organisateurs.
Samedi soir, changement de décor : le pape a rejoint Lourdes, l’un des plus importants lieux de pèlerinage catholique au monde. Dès son arrivée, il s’est rendu à la grotte de Massabielle.
150 000 fidèles à Lourdes
Ce dimanche 27 septembre, Léon XIV a rencontré les évêques de France avant de présider une messe en plein air sur la prairie du sanctuaire.
Selon Vatican News, environ 150 000 fidèles, un millier de prêtres, 150 évêques, une centaine de diacres et quelque 1 500 bénévoles ont participé à cette célébration. Le pape a notamment présenté Lourdes comme un lieu d’espérance jusque dans l’épreuve et appelé les pèlerins à repartir comme des « missionnaires de l’espérance ».
Son programme se poursuit ce dimanche avec des rencontres auprès de personnes malades ou en situation de grande précarité, puis avec des religieuses contemplatives. La journée doit s’achever par l’un des moments les plus emblématiques de Lourdes : la procession aux flambeaux, précédée de la prière du Rosaire.
Enfin, lundi 28 septembre, dernière étape française : Metz. Léon XIV doit y participer à une rencontre interreligieuse, puis à un rendez-vous consacré aux « racines de l’Europe, pour la paix et l’unité », avant une dernière messe à la cathédrale Saint-Étienne et son retour à Rome.
Et dans notre région, Avignon rappelle une autre histoire des papes
Impossible pourtant, depuis la Provence et la zone de Radio Camargue, d’évoquer un pape en France sans tourner également le regard vers Avignon.
Car pendant une partie du XIVᵉ siècle, le centre de la chrétienté occidentale s’est déplacé sur les bords du Rhône.
Il faut toutefois préciser un point souvent mal compris : la papauté n’est pas née au Vatican avant de déménager définitivement à Avignon, ni l’inverse. Rome était déjà le siège historique de l’évêque de Rome et donc de la papauté depuis des siècles. Mais, dans un contexte politique particulièrement troublé en Italie, le pape Clément V choisit en 1309 de s’installer à Avignon.
Commence alors ce que l’histoire retiendra comme la papauté d’Avignon.
Sept papes à Avignon
De 1309 à 1377, sept papes successifs siègent à Avignon : Clément V, Jean XXII, Benoît XII, Clément VI, Innocent VI, Urbain V et Grégoire XI.
La cité provençale devient alors l’un des principaux centres politiques, diplomatiques, religieux, intellectuels et artistiques de l’Europe médiévale.
C’est notamment sous Benoît XII puis Clément VI que se développe l’impressionnant Palais des Papes, toujours dressé aujourd’hui au-dessus du Rhône. L’UNESCO décrit Avignon comme un lieu ayant joué un rôle majeur dans l’Europe chrétienne du XIVᵉ siècle. Son centre historique, comprenant le Palais des Papes, l’ensemble épiscopal et le pont Saint-Bénézet, est inscrit au patrimoine mondial depuis 1995.
En 1377, Grégoire XI ramène finalement la papauté à Rome. La période qui suit est encore plus complexe : le Grand Schisme d’Occident voit pendant plusieurs décennies plusieurs prétendants revendiquer simultanément la papauté, certains continuant à résider à Avignon.
Rome, Avignon… et le Vatican
Autre curiosité historique : si le Vatican est aujourd’hui indissociable de l’image du pape, l’État de la Cité du Vatican tel que nous le connaissons aujourd’hui n’existe que depuis 1929, avec les accords du Latran.
Avignon appartient donc pleinement à l’histoire européenne de la papauté, même si Rome reste son siège historique.
Près de sept siècles après la papauté avignonnaise, le Palais des Papes demeure l’un des monuments les plus spectaculaires de Provence et le témoignage, tout près de la Camargue, d’une époque durant laquelle une partie du destin religieux et politique de l’Europe s’écrivait sur les rives du Rhône.
La visite de Léon XIV en France offre ainsi l’occasion de regarder l’actualité, mais aussi de se souvenir que l’histoire des papes possède, elle aussi, de profondes racines dans notre région.
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