Lancée il y a 49 ans, une sonde spatiale se trouve à près de 26 milliards de kilomètres de la Terre !
Lancée en 1977, Voyager 1 atteindra une journée-lumière de la Terre le 18 novembre 2026. Découvrez son histoire et cet incroyable record spatial.
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Voyager 1 : 49 ans après son lancement, la sonde atteint 26 milliards de kilomètres
Le 18 novembre prochain, Voyager 1 franchira une étape extraordinaire : elle sera si éloignée de notre planète qu’un simple signal radio mettra 24 heures pour lui parvenir. Pourtant, cet engin spatial a été lancé en 1977, avec une mission initialement prévue pour cinq ans. Près d’un demi-siècle plus tard, il fonctionne toujours. Une aventure scientifique qui donne le vertige.
Mais au fait, qu’est-ce que Voyager 1 ?
Imaginez un engin métallique d’environ 730 kilos, sans aucun passager, équipé d’une grande antenne parabolique de 3,70 mètres de diamètre, de plusieurs bras articulés et d’instruments scientifiques.
Son corps principal est à peu près de la taille d’une petite voiture. Son apparence rappelle davantage un assemblage d’antennes et d’appareils électroniques qu’une fusée de science-fiction.
Cet engin porte un nom : Voyager 1.
Il s’agit d’une sonde spatiale, autrement dit d’un appareil envoyé dans l’espace pour explorer des régions inaccessibles aux humains et transmettre ses observations à la Terre.
Le 5 septembre 1977, la NASA, l’agence spatiale américaine, l’expédie depuis Cap Canaveral, en Floride, à bord d’une fusée.
À cette époque, les ordinateurs personnels commencent à peine à se développer, Internet n’est pas accessible au grand public et le premier iPhone n’apparaîtra que trente ans plus tard.
La mission de Voyager 1 est alors d’explorer deux planètes géantes de notre système solaire : Jupiter et Saturne.
Les ingénieurs ont conçu l’engin pour une mission d’environ cinq ans. Il fonctionne toujours 49 ans plus tard !
Un voyage extraordinaire à travers notre système solaire
En mars 1979, Voyager 1 atteint Jupiter.
Ses caméras transmettent des images d’une précision exceptionnelle pour l’époque. La sonde permet notamment de découvrir des volcans actifs sur Io, l’une des lunes de Jupiter.
C’est une première : jamais une activité volcanique n’avait été observée sur un autre monde.
En novembre 1980, Voyager 1 survole Saturne, observe ses anneaux et étudie plusieurs de ses satellites.
Sa mission principale est accomplie.
Mais au lieu de s’arrêter, elle poursuit sa route.
Il faut comprendre qu’une sonde spatiale n’a pas besoin de faire fonctionner continuellement un moteur pour avancer. Dans l’espace, en l’absence de frottements comparables à ceux de l’atmosphère terrestre, elle conserve son mouvement.
Les ingénieurs ont également utilisé l’attraction gravitationnelle des planètes pour modifier sa trajectoire et augmenter sa vitesse.
C’est ce qu’on appelle l’assistance gravitationnelle.
En août 2012, Voyager 1 franchit une frontière invisible : l’héliopause, limite de la région dominée par les particules émises par le Soleil.
Elle devient ainsi le premier engin spatial à pénétrer dans l’espace interstellaire.
Autrement dit, elle voyage désormais dans l’espace situé entre les étoiles, au-delà de cette frontière de l’influence du vent solaire.
Le 18 novembre 2026, une distance presque inimaginable
C’est ici que les chiffres deviennent véritablement vertigineux.
Le mercredi 18 novembre 2026, Voyager 1 atteindra une distance d’environ 25,9 milliards de kilomètres de la Terre.
Mais comment imaginer une telle distance ?
Commençons par rappeler que la lumière voyage à près de 300 000 kilomètres par seconde.
Oui, par seconde !
À cette vitesse, elle pourrait effectuer environ sept fois et demie le tour de notre planète en une seule seconde.
Prenons maintenant un exemple que nous connaissons tous : le Soleil.
Notre étoile se trouve à environ 150 millions de kilomètres de la Terre.
Lorsque la lumière quitte le Soleil, elle met 8 minutes et 20 secondes pour nous parvenir.
Cela signifie que lorsque nous regardons le Soleil, nous le voyons tel qu’il était un peu plus de huit minutes auparavant.
Maintenant, imaginez une distance tellement gigantesque que cette même lumière mettrait non plus huit minutes, mais 24 heures entières pour la parcourir.
C’est exactement la distance que Voyager 1 atteindra le 18 novembre.
Huit minutes et vingt secondes entre le Soleil et la Terre. Une journée entière entre la Terre et Voyager 1 !
La sonde sera alors à une « journée-lumière » de notre planète.
Cette expression désigne une distance, et non une durée de voyage de la sonde : celle que parcourt la lumière en 24 heures.
Deux jours pour envoyer un message et recevoir une réponse !
Comment les ingénieurs de la NASA peuvent-ils encore communiquer avec Voyager 1 ?
Grâce à un réseau de gigantesques antennes réparties sur Terre, notamment aux États-Unis, en Espagne et en Australie.
Ces installations transmettent des instructions à la sonde et reçoivent les informations qu’elle envoie.
Les communications utilisent des ondes radio qui, comme la lumière, se déplacent à près de 300 000 kilomètres par seconde.
Mais même à cette vitesse, les distances sont devenues considérables.
À partir du 18 novembre, lorsqu’un ingénieur enverra une instruction à Voyager 1, celle-ci mettra 24 heures pour parvenir à destination.
Et si la sonde répond immédiatement, son message mettra encore 24 heures pour revenir sur Terre.
Résultat : 48 heures pour un simple aller-retour !
Ce délai n’est pas dû à une technologie dépassée ou à une mauvaise réception.
Il est imposé par les lois de la physique.
Et plus Voyager 1 s’éloignera, plus les communications prendront du temps.
Mais comment fonctionne-t-elle encore après 49 ans ?
C’est l’autre exploit de cette aventure.
Voyager 1 ne possède pas de panneaux solaires. À une telle distance du Soleil, ils ne fourniraient pas suffisamment d’énergie.
Elle est équipée de générateurs utilisant la chaleur produite par la désintégration naturelle du plutonium 238 pour fabriquer de l’électricité.
Cette technologie lui permet de fonctionner pendant des décennies.
Mais la quantité d’électricité disponible diminue progressivement.
Les ingénieurs doivent donc économiser chaque watt.
Certains instruments ont été arrêtés depuis longtemps. Les caméras, par exemple, ne fonctionnent plus depuis 1990.
La sonde continue néanmoins de mesurer certains phénomènes physiques dans l’espace interstellaire.
En septembre 2026, la NASA a encore procédé à une opération destinée à réduire sa consommation électrique et à prolonger sa mission.
Et preuve que l’aventure reste fragile, les scientifiques ont temporairement perdu son signal en octobre.
Après deux tentatives de communication infructueuses, le contact a été rétabli le 20 octobre.
La NASA cherche toujours à comprendre précisément les causes de cet incident.
Elle transporte aussi un message destiné aux extraterrestres !
Voilà sans doute l’un des aspects les plus étonnants de cette histoire.
À bord de Voyager 1 se trouve un disque de cuivre recouvert d’or, de 30 centimètres de diamètre.
Il ressemble à un disque vinyle et porte le nom de Golden Record.
Il contient 115 images représentant la Terre et ses habitants, des sons de la nature, des musiques et des messages de bienvenue enregistrés dans 55 langues.
On peut notamment y entendre des vagues, des oiseaux, des baleines, mais aussi des œuvres de Mozart, Bach et Chuck Berry.
Pourquoi avoir placé ce disque à bord ?
Parce que les scientifiques ont imaginé qu’un jour, dans un avenir extrêmement lointain, une éventuelle civilisation extraterrestre pourrait découvrir la sonde.
Ce disque constituerait alors une sorte de carte de visite de l’humanité.
Une bouteille à la mer, envoyée non pas sur un océan, mais dans l’immensité de l’espace.
Et maintenant, jusqu’où ira Voyager 1 ?
La sonde poursuit actuellement sa route à environ 61 000 kilomètres à l’heure.
C’est considérable à notre échelle.
Mais dans l’Univers, cette vitesse reste très modeste.
Pour comprendre, prenons l’étoile la plus proche du Soleil : Proxima du Centaure.
Elle se trouve à environ 4,24 années-lumière de nous.
Cela signifie que sa lumière, qui voyage pourtant à 300 000 kilomètres par seconde, met plus de quatre ans pour atteindre la Terre.
Voyager 1, elle, n’atteindra pas cette étoile.
Dans environ 40 000 ans, elle passera à quelque 1,7 année-lumière d’une autre étoile, appelée Gliese 445.
Même après tout ce temps, elle en sera donc encore extrêmement éloignée.
Voilà peut-être ce qui donne le plus le vertige.
Après 49 ans de voyage, près de 26 milliards de kilomètres et des découvertes scientifiques majeures, Voyager 1 n’a parcouru qu’une infime partie des distances qui séparent les étoiles.
Et pourtant, quelque part dans cette immensité, un engin lancé depuis la Terre en 1977 continue de nous envoyer des informations.
Une aventure qui raconte autant les prouesses de la science que les dimensions presque inconcevables de notre Univers.
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