Grève du 5 novembre : la CGT appelle à une mobilisation nationale après une réunion infructueuse à Matignon
La tension sociale reste vive en France. À l’issue d’une rencontre avec le Premier ministre Sébastien Lecornu, ce mercredi 21 octobre 2026, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a réaffirmé l’appel à une mobilisation nationale le jeudi 5 novembre.
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Une réunion à Matignon qui ne satisfait pas la CGT
La rencontre organisée ce mercredi 21 octobre à Matignon devait permettre au gouvernement de renouer le dialogue avec les principales organisations syndicales, dans un climat particulièrement tendu après les manifestations et les violences du 17 octobre.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu avait notamment convié la CGT, la CFDT, Force ouvrière (FO), la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) et la Confédération française de l’encadrement - Confédération générale des cadres (CFE-CGC).
À la sortie de cette réunion, Sophie Binet a exprimé sa déception, estimant que le gouvernement n’avait apporté aucune réponse concrète aux revendications sociales.
« La grève doit prendre le relais », a déclaré la secrétaire générale de la CGT, appelant à une mobilisation « la plus large possible le 5 novembre ».
Pour la responsable syndicale, les questions de sécurité et de maintien de l’ordre ne doivent pas faire oublier les difficultés économiques et sociales rencontrées par les salariés.
Le jeudi 5 novembre, une mobilisation préparée depuis plusieurs semaines
Contrairement à ce que pourrait laisser penser l’annonce faite à la sortie de Matignon, la journée du 5 novembre n’est pas une nouvelle date décidée ce mercredi.
Un appel intersyndical avait déjà été lancé début octobre par cinq organisations : la Confédération française démocratique du travail (CFDT), la CGT, FO, l’Union nationale des syndicats autonomes (UNSA) et la Fédération syndicale unitaire (FSU).
Cet appel concerne les salariés du secteur privé comme ceux du secteur public, mais également les jeunes et les retraités, invités à participer aux manifestations.
L’objectif est d’obtenir des réponses du gouvernement sur plusieurs revendications jugées prioritaires.
Salaires, retraites, services publics : que réclament les syndicats ?
Les principales revendications portent sur :
- L’augmentation des salaires et du salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC).
- La revalorisation des pensions de retraite et des prestations sociales.
- Le dégel du point d’indice des fonctionnaires.
- Le renforcement des moyens des hôpitaux, des établissements scolaires et des services publics.
- La défense de l’emploi industriel et la lutte contre les licenciements.
- Des mesures pour réduire les inégalités et améliorer le pouvoir d’achat.
Les syndicats contestent également plusieurs orientations du projet de budget 2027, qu’ils considèrent comme défavorables aux salariés et aux ménages les plus modestes.
De son côté, le gouvernement a indiqué vouloir poursuivre les échanges sur le pouvoir d’achat et les questions budgétaires. Le Premier ministre a notamment chargé le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, de travailler sur différentes mesures avec les organisations syndicales.
Après les violences du 17 octobre, un contexte social particulièrement sensible
Cette nouvelle étape de mobilisation intervient quelques jours après les manifestations du 17 octobre, marquées par des violences, des dégradations et des pillages dans plusieurs villes françaises.
Le gouvernement entend garantir la liberté de manifester tout en empêchant de nouveaux débordements.
Les organisations syndicales condamnent les violences, mais souhaitent que les revendications économiques et sociales ne soient pas éclipsées par les questions de sécurité.
La place des jeunes dans le dialogue social constitue également un point de désaccord. Les représentants lycéens et étudiants n’étaient pas conviés à la réunion de ce mercredi, alors que leurs revendications figuraient parmi les sujets annoncés.
Quelles conséquences en Provence et en Camargue ?
Dans les Bouches-du-Rhône, cette journée nationale pourrait concerner plusieurs secteurs importants de l’économie locale : les transports, l’éducation, les services publics, l’industrie et les activités portuaires.
Sur le territoire couvert par Radio Camargue, notamment à Arles, Port-Saint-Louis-du-Rhône, Fos-sur-Mer, Istres, Martigues et dans le secteur des Saintes-Maries-de-la-Mer, les conséquences dépendront du niveau de participation des salariés et des appels lancés localement.
À ce stade, aucun chiffre de participation ni aucune perturbation précise ne peuvent être annoncés pour ces communes.
Les éventuels préavis, rassemblements et modifications de services devront être confirmés dans les prochains jours par les organisations syndicales et les opérateurs concernés.
Une date désormais au centre du calendrier social
Le jeudi 5 novembre constitue donc une nouvelle échéance importante dans le bras de fer entre le gouvernement et les organisations syndicales.
Reste à connaître l’ampleur réelle de la mobilisation, particulièrement dans les transports, les services publics et les grandes entreprises industrielles.
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