Freedom Ship : la ville flottante géante de 80 000 personnes verra-t-elle vraiment le jour ?

Des logements, des écoles, un hôpital, des commerces…

Modifié : 11h02

Freedom Ship : la ville flottante géante de 80 000 personnes verra-t-elle vraiment le jour ?

Une ville flottante pour 80 000 personnes

 

Un navire long comme dix terrains de football mis bout à bout, avec des logements, des écoles, un hôpital et des commerces : le Freedom Ship ressemble à un décor de science-fiction. Relancé en 2026, ce projet américain reste toutefois au stade de la conception. Son financement n’est pas encore bouclé.

Et si l’on pouvait habiter dans une ville qui fait le tour du monde ? C’est l’ambition du Freedom Ship, un projet de cité flottante imaginé il y a près de trente ans. Ses concepteurs évoquent une capacité de plus de 80 000 personnes, résidents et visiteurs compris. Le cabinet américain Schopfer Associates a été chargé de développer le concept architectural.

Les dimensions donnent le vertige. Au fil des versions, la longueur annoncée a approché 1,8 kilomètre. La présentation publiée par la société porteuse du projet en mars 2026 décrit, elle, un navire d’environ 1,6 kilomètre de long, 244 mètres de large et 30 niveaux de hauteur. Il serait sans commune mesure avec les paquebots que nous connaissons aujourd’hui.

Des écoles, un hôpital et des quartiers entiers à bord

Le Freedom Ship serait pensé pour y vivre, travailler et se divertir pendant de longues périodes. Logements à acheter ou à louer, commerces, restaurants, banques, espaces verts, établissements scolaires et hôpital figurent dans le programme présenté par ses promoteurs. D’autres descriptions du projet évoquent également des musées, un parc aquatique et un stade de 15 000 places. Des ferries et des appareils aériens assureraient les liaisons avec la terre.

Vu depuis la Camargue, où la vie maritime se mesure aussi aux contraintes très concrètes des ports, de la météo et des traversées, une question vient vite à l’esprit : comment ravitailler et faire fonctionner au quotidien une ville entière en mer ? Eau, déchets, soins, sécurité et déplacements demanderaient une organisation d’une ampleur inédite.

Un rêve à plusieurs milliards, encore loin du départ

Le chiffre de 16 milliards souvent repris pour ce projet est exprimé en dollars dans plusieurs publications récentes, et non en euros. Surtout, réunir les fonds nécessaires reste le principal obstacle. Aucune date ferme de construction ou de première traversée n’a été confirmée.

La propulsion constitue un autre point à éclaircir. Certains articles parlent d’un futur navire nucléaire. Dans sa présentation officielle de 2026, la société évoque plutôt une propulsion hybride, sans annoncer un système nucléaire arrêté. Et même en eaux internationales, le Freedom Ship ne pourrait pas fonctionner « hors de toute loi » : un navire relève notamment de l’État dont il porte le pavillon.

Le Freedom Ship fait donc rêver, mais il faut encore distinguer la ville dessinée sur les plans du navire effectivement construit. Pour l’heure, ses 80 000 occupants ne sont pas près d’embarquer.