Dieudonné condamné à six mois sous bracelet électronique pour apologie du terrorisme

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné jeudi 17 septembre 2026 Dieudonné M’Bala M’Bala à six mois d’emprisonnement ferme, aménagés sous la forme d’une détention à domicile avec bracelet électronique.

Modifié : 10h15

Dieudonné condamné à six mois sous bracelet électronique pour apologie du terrorisme

Le tribunal correctionnel de Paris a également prononcé une amende de 5 000 euros et trois ans d’inéligibilité à l’encontre du polémiste, poursuivi pour plusieurs publications sur les réseaux sociaux.

 

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné jeudi 17 septembre 2026 Dieudonné M’Bala M’Bala à six mois d’emprisonnement ferme, aménagés sous la forme d’une détention à domicile avec bracelet électronique. La justice l’a reconnu coupable d’apologie du terrorisme pour deux publications, ainsi que d’injure publique envers Laurent Nuñez. Une peine complémentaire de trois ans d’inéligibilité et plusieurs condamnations civiles viennent s’ajouter à cette décision, rendue en première instance.

Deux publications au cœur du dossier

L’une des affaires examinées par la justice concernait une vidéo publiée le 7 octobre 2024 sur les réseaux sociaux, date correspondant au premier anniversaire des attaques du Hamas en Israël. Dans cette publication, Dieudonné avait présenté cette journée en termes favorables avant d'affirmer qu’il faisait en réalité référence à l’anniversaire de sa fille, née un 7 octobre.

Lors de l’audience, cette explication n’a pas convaincu les magistrats. Selon le tribunal, cette présentation reposait sur une ambiguïté permettant de mettre les attaques du 7-Octobre sous un jour favorable. La justice a ainsi retenu la qualification d’apologie du terrorisme.

Le second volet concernait une vidéo diffusée après l’incendie criminel ayant visé, en août 2024, la synagogue Beth Yaacov de La Grande-Motte, dans l’Hérault. Dieudonné y avait présenté cet acte comme pouvant constituer une réponse à certains propos tenus depuis les attaques du 7-Octobre.

Là encore, le tribunal a considéré que les propos publiés caractérisaient une apologie du terrorisme. L’affaire avait suscité une attention particulière en raison du contexte dans lequel cette publication était intervenue.

La défense invoquait l’humour et la liberté d’expression

À l’audience, Dieudonné avait revendiqué son statut d’humoriste et expliqué pratiquer notamment la dérision et l’humour noir. Son avocat avait, de son côté, défendu la liberté artistique de son client.

Le tribunal a toutefois estimé que les publications poursuivies dépassaient les limites admissibles de la liberté d’expression. Cette appréciation concerne également une troisième vidéo examinée dans le dossier, dans laquelle Dieudonné s’en prenait à Laurent Nuñez après l’interdiction de l’un de ses spectacles. Pour ces propos, il a été reconnu coupable d’injure publique.

Une peine assortie de plusieurs mesures

Outre les six mois d’emprisonnement ferme aménagés à domicile sous bracelet électronique, le tribunal a condamné Dieudonné à 5 000 euros d’amende. Il devra également respecter une peine complémentaire de trois ans d’inéligibilité.

Sur le plan civil, il devra verser 1 000 euros à l’Organisation juive européenne et un euro symbolique à Laurent Nuñez.

Cette nouvelle condamnation intervient alors que le casier judiciaire du polémiste comptait déjà 34 condamnations avant cette affaire, selon les éléments rapportés lors du procès. Elle constitue donc une nouvelle décision judiciaire dans un parcours marqué par de nombreuses procédures liées notamment à ses prises de parole publiques.

Une décision rendue en première instance

Le jugement a été rendu par le tribunal correctionnel de Paris en première instance. À ce stade, aucune annonce d’un éventuel appel de Dieudonné n’a été rapportée dans les sources consultées.

La décision intervient également dans un contexte où plusieurs représentations de l’artiste font régulièrement l’objet de mesures administratives. En août 2026, le préfet des Alpes-Maritimes avait notamment interdit un spectacle prévu dans le département, invoquant notamment un risque de troubles à l’ordre public et de commission d’infractions pénales.