Des Saintes-Maries-de-la-Mer à Nîmes, les fortes pluies ont balayé la Camargue et le Gard

Fortes pluies du 30 septembre : Radio Camargue fait le point aux Saintes-Maries-de-la-Mer, à Arles et à Nîmes, entre inondations et transports perturbés.

Modifié : 9h24

Des Saintes-Maries-de-la-Mer à Nîmes, les fortes pluies ont balayé la Camargue et le Gard
Crédit : Roman Grac de Pixabay

Fortes pluies en Camargue : le bilan aux Saintes, à Arles et Nîmes

 

L’épisode méditerranéen du mercredi 30 septembre a touché les Cévennes, le bassin nîmois puis la plaine camarguaise. Les Saintes-Maries-de-la-Mer ont subi de fortes pluies, tandis qu’à Arles, des automobilistes ont dû être secourus et plusieurs commerces et habitations ont été inondés. À Nîmes, les intempéries ont perturbé les déplacements et entraîné la fermeture de nombreux services publics.

Des pluies qui se renforcent, des orages qui se succèdent et des rues où l’eau s’accumule : ce mercredi 30 septembre, le premier épisode méditerranéen majeur de l’automne a profondément perturbé une partie du territoire couvert par Radio Camargue.

Après avoir déversé des quantités d’eau considérables sur les Cévennes, les précipitations ont gagné les plaines du Gard et de l’Hérault, puis la basse vallée du Rhône. En soirée, l’activité orageuse s’est renforcée dans le delta, avec de fortes pluies sur la Camargue et le secteur d’Arles.

Aux Saintes-Maries-de-la-Mer, de fortes pluies en soirée

Les Saintes-Maries-de-la-Mer ont également été touchées par de fortes précipitations, selon les informations publiées mercredi soir par Maritima. À ce stade, aucun cumul local vérifié ni bilan détaillé des conséquences dans la commune ne permet de quantifier précisément cet épisode aux Saintes.

Les observations disponibles dans les communes voisines témoignent toutefois de l’intensité des orages sur la plaine camarguaise. Dans son suivi de mercredi soir, La Chaîne Météo faisait état de 44,3 millimètres en une heure à Aigues-Mortes, soit 44,3 litres d’eau par mètre carré.

Ce relevé concerne bien Aigues-Mortes : les cumuls peuvent varier fortement d’une commune à l’autre sous les cellules orageuses.

Au Grau-du-Roi, une partie du centre-ville a été inondée en fin d’après-midi. Selon InfOccitanie, la circulation était très difficile et les services municipaux ont été mobilisés.

À Arles, près de 70 millimètres en une heure et demie

Plus à l’est, les conséquences ont été concrètes dans les rues d’Arles. Selon Objectif Sud, qui rapporte les informations du SDIS des Bouches-du-Rhône, près de 70 millimètres de pluie sont tombés en une heure et demie en fin de journée.

À 20 h 45 mercredi, les pompiers avaient effectué une vingtaine d’interventions et de reconnaissances. Des automobilistes bloqués dans leur véhicule ont été secourus. Plusieurs rues, commerces, habitations et parkings ont été inondés.

Le bilan communiqué à cette heure ne faisait pas état de conséquences graves, mais il restait provisoire.

À Nîmes, des ruissellements et une ville mobilisée

Dans le bassin nîmois, La Chaîne Météo a rapporté 62,2 millimètres en trois heures à Nîmes-Garons, contre 38,2 millimètres sur la même durée à Nîmes-Courbessac. Deux stations, deux niveaux de précipitations : ces différences illustrent le caractère très localisé des pluies les plus intenses.

Dans l’après-midi, InfOccitanie a documenté des ruissellements et des inondations de points bas, notamment dans le secteur de Saint-Césaire.

Face à l’épisode et à la vigilance rouge pluie-inondation dans le Gard, la Ville de Nîmes avait activé son plan de sauvegarde et sa cellule de crise. Les services municipaux ont suivi l’évolution de la situation avec le dispositif ESPADA.

Les équipements municipaux et les accueils ont été fermés, notamment les crèches et les accueils de loisirs. Le CCAS a également contacté les personnes vulnérables et les seniors inscrits dans son fichier pour vérifier leur situation et leur transmettre les consignes.

Transports interrompus et services fermés

Les intempéries ont aussi bouleversé les déplacements. À Nîmes, le réseau Tango a été interrompu mercredi. Les déchèteries de l’agglomération, le stade nautique Nemausa et plusieurs accueils administratifs ont fermé. La collecte des déchets a été reportée et devait être adaptée à l’évolution de la situation.

À l’échelle régionale, La Dépêche du Midi a rapporté des suppressions de trains, notamment sur des liaisons entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, ainsi que pour les Intercités entre Bordeaux et Marseille à partir de mercredi midi.

Dans le Gard, la préfecture a autorisé la réouverture des établissements scolaires et la reprise des transports scolaires pour ce jeudi 1er octobre. Des exceptions restent possibles pour les établissements affectés par les intempéries, avec une information aux familles concernées.

Plus de 330 millimètres sur les Cévennes gardoises

Les plus forts cumuls de l’épisode ont été mesurés plus au nord. Dans son point de mercredi à 18 heures, Météo-France relevait 337,6 millimètres à Saint-Hippolyte-du-Fort, 299 millimètres à Colognac et 258 millimètres à Générargues.

Ces quantités considérables expliquent la surveillance des cours d’eau, en complément des risques de ruissellement dans les villes et sur le littoral. Elles ne correspondent pas aux cumuls tombés en Camargue.

Pourquoi les pluies ont-elles été aussi fortes ?

L’épisode a été alimenté par de l’air chaud et très humide remontant de Méditerranée. En rencontrant les reliefs cévenols, cet air s’est élevé, favorisant des pluies abondantes. Les cellules orageuses se sont ensuite régénérées sur certains secteurs, prolongeant les précipitations avant leur déplacement vers les plaines.

C’est pourquoi le terme « épisode méditerranéen » décrit l’ensemble du phénomène. L’expression « épisode cévenol » désigne plus précisément les pluies intenses qui se bloquent sur les Cévennes.

Ce jeudi, suivre aussi l’évolution des cours d’eau

Dans son bilan publié ce jeudi matin, Météo Consult annonce une amélioration progressive, tout en maintenant une surveillance des cours d’eau après les volumes tombés sur les bassins en amont. L’arrêt de la pluie ne signifie donc pas nécessairement la fin immédiate du risque de crue.

Pour les déplacements, il reste essentiel de consulter les informations actualisées des autorités et de respecter les routes fermées. Une chaussée inondée ne doit pas être franchie. Météo-France recommande également de s’éloigner des cours d’eau et des points bas, et de ne pas descendre dans les sous-sols lors d’une montée des eaux.