Créations d’entreprises : record historique en France, mais qui se lance réellement ?

L’Insee annonce un record historique de créations d’entreprises en septembre 2026. Découvrez les secteurs concernés et les chiffres en Provence-Alpes-Côte d’Azur et dans les Bouches-du-Rhône.

Modifié : 16h59

Créations d’entreprises : record historique en France, mais qui se lance réellement ?

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Jamais autant d’entreprises n’avaient été créées en France depuis le début des statistiques de l’Insee en 2000. Avec 119 307 créations en septembre 2026, le pays établit un nouveau record. Mais derrière ce chiffre spectaculaire se cache une réalité moins connue : près de deux nouvelles entreprises sur trois sont des micro-entreprises. Qui sont ces nouveaux entrepreneurs, dans quels secteurs se lancent-ils et que signifie cette dynamique pour notre économie ?

Un record historique malgré une économie sous tension

C’est un chiffre qui peut surprendre dans le contexte économique actuel. Selon les données publiées ce vendredi 16 octobre par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), 119 307 entreprises ont été créées en France au mois de septembre 2026, en données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables.

Il s’agit du niveau mensuel le plus élevé enregistré depuis janvier 2000, date à laquelle débute cette série statistique.

La progression atteint 1,1 % par rapport au mois d’août, après une augmentation de 7,2 % le mois précédent.

Sur les neuf premiers mois de 2026, la France totalise 971 803 créations d’entreprises, contre 859 047 durant la même période en 2025.

Cela représente près de 113 000 créations supplémentaires.

Sur les douze derniers mois, la progression atteint 12,2 %.

Mais attention : créer une entreprise ne signifie pas nécessairement ouvrir une usine, embaucher des salariés ou investir des centaines de milliers d’euros.

Près de deux créations sur trois sont des micro-entreprises

C’est sans doute le chiffre le plus révélateur de cette publication.

Sur les 971 803 entreprises créées entre janvier et septembre 2026 :

  • 653 316 sont des micro-entreprises, soit 67,2 % du total.
  • 233 170 sont des sociétés, soit 24 %.
  • 85 317 sont des entreprises individuelles classiques, soit 8,8 %.

Autrement dit, plus des deux tiers des nouvelles immatriculations concernent des personnes qui choisissent le régime simplifié de la micro-entreprise.

Ce statut permet de démarrer une activité avec des formalités relativement légères et des cotisations sociales calculées sur le chiffre d’affaires déclaré.

Il peut s’agir d’une activité principale, d’un complément de revenu ou d’une reconversion professionnelle.

Un consultant indépendant, un artisan, un livreur, un prestataire de services ou un professionnel de la communication peuvent ainsi exercer sous ce régime.

Les créations de sociétés progressent également, mais moins rapidement que celles des micro-entrepreneurs.

Il faut toutefois éviter une confusion : les statistiques de créations ne permettent pas, à elles seules, de déterminer combien d’emplois seront créés ni quelle sera la taille future de ces entreprises.

Quels sont les secteurs qui attirent le plus les nouveaux entrepreneurs ?

Les données de septembre 2026 permettent d’identifier les principales activités concernées.

Le soutien aux entreprises arrive en tête, avec 31 785 créations. Cette catégorie regroupe notamment des prestations de services aux professionnels, du conseil, des activités administratives ou encore du nettoyage.

Le commerce et la réparation automobile représentent 20 146 créations.

Viennent ensuite les transports et l’entreposage, avec 11 240 créations, puis les services aux ménages, avec 11 196 créations.

L’enseignement, la santé et l’action sociale totalisent 10 739 créations.

L’information et la communication représentent 9 985 créations, devant la construction, avec 8 018.

Enfin, l’industrie totalise 6 150 créations et l’hébergement-restauration 4 469.

Ces chiffres montrent que la création d’entreprise concerne très largement les activités de services, davantage que les grandes structures industrielles.

Information et communication : une progression particulièrement spectaculaire

C’est l’un des enseignements les plus marquants des dernières statistiques.

Sur la période de juillet à septembre 2026, les créations dans l’information et la communication ont progressé de 55 % par rapport aux mêmes trois mois de 2025.

Cela représente environ 10 000 créations supplémentaires.

Le soutien aux entreprises affiche également une forte progression, avec 12 351 créations supplémentaires sur cette période.

Le commerce gagne près de 10 700 créations.

Dans le soutien aux entreprises, l’Insee souligne notamment la progression du nettoyage courant des bâtiments, avec environ 4 400 créations supplémentaires.

Ces évolutions témoignent d’un développement important des activités de prestations de services, sans permettre pour autant de mesurer leur chiffre d’affaires ou leur rentabilité.

Créer son entreprise ne signifie pas forcément en vivre

C’est toute l’ambiguïté de ce record.

Une immatriculation ne garantit ni une activité économique régulière, ni un revenu suffisant, ni la pérennité de l’entreprise.

Certaines micro-entreprises constituent une véritable activité professionnelle. D’autres servent à compléter un salaire, une pension ou des revenus existants.

Certaines peuvent aussi rester sans chiffre d’affaires pendant une période plus ou moins longue.

Il serait donc trompeur de considérer les 119 307 créations de septembre comme autant d’entreprises employeuses supplémentaires.

Le nombre de créations constitue un indicateur du renouvellement du tissu économique, mais pas une mesure directe de la richesse ou des emplois générés.

La véritable question est celle de la capacité de ces activités à se développer, à durer et, éventuellement, à créer de l’emploi.