Brexit : dix ans après, le Royaume-Uni peut-il vraiment revenir dans l’Union européenne ?
Dix ans après le référendum sur le Brexit, le Royaume-Uni évoque de nouveau un rapprochement avec l’Union européenne. Réadhésion, Erasmus+ et conséquences possibles jusque pour le tourisme en Camargue.
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Dix ans après le référendum qui a conduit au Brexit, le débat que beaucoup pensaient définitivement clos revient au Royaume-Uni.
Le Premier ministre britannique Andy Burnham n’exclut désormais plus aucune option pour rapprocher son pays de l’Union européenne, jusqu’à évoquer une possible réadhésion. Un sujet très politique à Londres et Bruxelles, mais qui peut aussi avoir des répercussions concrètes jusque dans nos régions touristiques, notamment en Camargue, où la clientèle britannique reste loin d’être anecdotique.
Dix ans après le référendum du 23 juin 2016, le Brexit pourrait-il un jour faire le chemin inverse ?
La question n’est plus totalement théorique. Le Premier ministre britannique Andy Burnham a relancé le débat en expliquant que plusieurs scénarios devaient désormais pouvoir être examinés pour l’avenir des relations entre Londres et Bruxelles : maintien du système actuel, union douanière, retour dans le marché unique, accord spécifique avec l’Union européenne… ou, à terme, retour du Royaume-Uni dans l’UE.
Pour autant, aucune procédure de réadhésion n’est aujourd’hui engagée. Le gouvernement britannique ouvre un débat politique sur l’avenir des relations avec l’Europe, mais cela ne signifie pas que le Royaume-Uni soit sur le point de redevenir membre de l’Union européenne.
L’opinion britannique a beaucoup évolué depuis 2016
Le changement le plus spectaculaire vient peut-être de l’opinion publique.
Selon une enquête YouGov réalisée en juin 2026, 55 % des Britanniques se déclaraient favorables à un retour du Royaume-Uni dans l’Union européenne. Mais cette majorité devient beaucoup moins nette dès lors qu’une éventuelle réadhésion impliquerait l’abandon des anciennes exemptions britanniques : sans possibilité de conserver ces dérogations, le soutien retombait à 35 %.
Dans le même temps, 59 % des personnes interrogées étaient favorables à un rapprochement avec l’Union européenne sans aller jusqu’à une réadhésion, ni au marché unique ni à l’union douanière.
Autrement dit, les Britanniques semblent aujourd’hui majoritairement souhaiter des relations plus étroites avec leurs voisins européens, mais les modalités restent très débattues.
Erasmus+ : un symbole fort du rapprochement
Certains rapprochements sont déjà très concrets.
Le Royaume-Uni et l’Union européenne ont officiellement signé en avril 2026 l’accord permettant aux Britanniques de réintégrer le programme Erasmus+ à partir du 1er janvier 2027.
Étudiants, apprentis, enseignants ou associations britanniques pourront ainsi de nouveau bénéficier du grand programme européen d’échanges et de mobilité. Le gouvernement britannique estime que plus de 100 000 personnes pourraient en bénéficier dès la première année.
Ce retour dans Erasmus+ n’est évidemment pas un retour dans l’Union européenne, mais il marque une évolution importante dans les relations entre Londres et Bruxelles après plusieurs années de séparation.
Revenir dans l’Union européenne serait beaucoup plus compliqué
Même si Londres décidait demain de demander officiellement sa réadhésion, le retour ne pourrait pas se faire d’un simple trait de plume.
Le Royaume-Uni devrait présenter une nouvelle candidature selon l’article 49 du traité sur l’Union européenne. Une adhésion nécessite notamment l’accord unanime des États membres, l’approbation du Parlement européen puis la ratification de l’accord d’adhésion par l’ensemble des États concernés selon leurs procédures constitutionnelles.
Un éventuel retour serait donc nécessairement le fruit d’une procédure politique et juridique lourde, susceptible de prendre plusieurs années.
Et rien ne garantit que Londres retrouverait automatiquement toutes les dérogations dont bénéficiait le Royaume-Uni avant le Brexit, notamment concernant l’euro ou certaines politiques européennes.
Et en Camargue ? Les Britanniques restent une clientèle qui compte
Vu de Camargue, ce débat peut sembler très éloigné. Il touche pourtant directement aux échanges, aux déplacements et au tourisme.
Dans le Gard, les données publiées par Gard Tourisme montrent que les visiteurs venus du Royaume-Uni ont représenté 623 000 nuitées touristiques, soit environ 6 % des nuitées étrangères recensées. Les Britanniques constituaient alors la sixième clientèle étrangère du département.
Les données montrent également que leur destination favorite dans le Gard reste le secteur Nîmes-Pont du Gard, devant notamment la Provence et les Cévennes. La Camargue et le littoral méditerranéen représentent environ 12 % de leurs nuitées dans le département.
La clientèle britannique a par ailleurs une durée moyenne de séjour d’environ 2,7 jours dans le Gard.
Dans les Bouches-du-Rhône, le Royaume-Uni fait également partie des principales provenances de la clientèle internationale, aux côtés notamment de l’Allemagne, des États-Unis et de l’Italie. Provence Tourisme le retrouve également parmi les principales clientèles étrangères lors de la saison automnale.
Brexit ou Covid : attention aux conclusions trop rapides
Il serait toutefois hasardeux d’attribuer les évolutions de fréquentation britannique uniquement au Brexit.
À peine le Royaume-Uni avait-il officiellement quitté l’Union européenne que la crise du Covid-19 provoquait un effondrement mondial des déplacements internationaux. Les restrictions sanitaires, les fermetures de frontières et les difficultés du transport aérien ont profondément perturbé les flux touristiques pendant plusieurs saisons.
Depuis, les Britanniques sont largement revenus en France. À l’échelle nationale, ils restent même la première clientèle européenne des hôtels français, avec environ 4,2 millions de nuitées durant la saison estivale 2025.
Il est donc difficile de séparer précisément ce qui relève du Brexit, du Covid, de l’inflation, du coût des transports ou encore de l’évolution de la livre sterling.
Dix ans après, le Brexit n’a donc pas refermé le débat
En juin 2016, 51,9 % des électeurs britanniques avaient voté pour quitter l’Union européenne. Dix ans plus tard, le sujet revient progressivement dans le débat politique britannique.
Le Royaume-Uni n’est pas aujourd’hui candidat à une réadhésion. Mais entre son retour annoncé dans Erasmus+, la volonté affichée de renforcer les relations économiques avec l’Europe et l’évolution de l’opinion publique britannique, la relation entre Londres et Bruxelles entre manifestement dans une nouvelle phase.
Et jusque sur les rives du Rhône, aux Saintes-Maries-de-la-Mer, à Arles ou à Aigues-Mortes, ce qui se décide entre Londres et Bruxelles peut finalement être moins lointain qu’il n’y paraît.
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