Bouches-du-Rhône : entre stabilité locale et bascules politiques, un second tour révélateur

Au-delà des résultats bruts, le second tour des municipales dans les Bouches-du-Rhône met en lumière des dynamiques locales contrastées : stabilité des sortants dans certaines villes, effet décisif des triangulaires, mais aussi bascules politiques marquées et poussée du RN dans plusieurs communes. Entre continuité et recomposition, ces scrutins dessinent un paysage électoral plus fragmenté et incertain que jamais.

Modifié : 23 mars 2026 à 9h00 par sarah rios

Bouches-du-Rhône : entre stabilité locale et bascules politiques, un second tour révélateur

Au-delà des scores, ce second tour confirme plusieurs dynamiques locales fortes dans les Bouches-du-Rhône.

À Arles, la réélection de Patrick de Carolis (42 %) face à Nicolas Koukas (38 %) traduit une stabilité relative, malgré un écart serré qui montre une opposition bien installée.

À Martigues, la triangulaire a clairement joué en faveur du maire sortant : Gaby Charroux (44 %) profite de la division de ses adversaires pour conserver la ville, devant le RN (35 %) et Jean-Luc Di Maria (21 %). Un cas classique où la fragmentation de l’offre politique sécurise le sortant.

À Istres, en revanche, le scrutin marque une rupture nette : la défaite lourde de François Bernardini (31 %) face à Robin Prétot (60 %) illustre un rejet local puissant et une bascule politique franche vers la droite.

A Fos sur Mer , Philippe Maurizot a été élu avec 48,24% des suffrages contre 29,32% pour Rémi Esnault et 22,44% pour Jean-Michel Leroy

  Le cas de Nîmes est particulièrement révélateur : la victoire de Vincent Bouget (40,9 %) s’inscrit dans un contexte de succession mal maîtrisée à droite. L’absence de Jean-Paul Fournier, après 25 ans de mandat, a ouvert un espace que les divisions internes (Franck Proust à 21,5 %) ont empêché de combler, au profit d’un RN élevé (Julien Sanchez à 37,5 %) mais insuffisant pour l’emporter.  

Marseille confirme son ancrage à gauche : Benoît Payan est confortablement reconduit. Sa stratégie sans LFI semble avoir permis de consolider un électorat large face au RN.

Dans les autres communes, les écarts serrés témoignent d’un climat plus incertain :
À Châteauneuf-les-Martigues, Roland Mouren est réélu de justesse avec 46,84 %, devançant le RN de seulement 43 voix — un signal de forte poussée concurrentielle.
À Vitrolles, Loïc Gachon conserve la mairie (46,78 %) dans une triangulaire, face à un RN solide (42,67 %), confirmant une pression électorale durable.