Après un été historique, la chaleur joue les prolongations en Camargue
L’été météorologique s’est achevé le 31 août, mais la chaleur n’a pas encore totalement quitté la Camargue.
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L’été 2026 a battu tous les records de chaleur en France. Alors que septembre débute lui aussi par un épisode exceptionnel dans le Sud, les températures devraient progressivement revenir vers des niveaux plus proches des normales.
L’été météorologique s’est achevé le 31 août, mais la chaleur n’a pas encore totalement quitté la Camargue. Après un été 2026 devenu le plus chaud jamais enregistré en France depuis 1900, avec 53 jours concernés par trois vagues de chaleur, un nouvel épisode de très fortes températures a touché le Sud au début du mois de septembre. Météo-France prévoit toutefois un changement de régime à partir du 8 septembre, avec une baisse progressive des températures. La question reste désormais de savoir si l’arrière-saison conservera durablement des allures estivales.
Un été 2026 entré dans les annales
Les chiffres donnent la mesure de l’exception climatique. Selon le bilan publié par Météo-France le 3 septembre, l’été 2026, correspondant aux mois de juin, juillet et août, est devenu le plus chaud jamais enregistré en France depuis 1900.
La température moyenne nationale sur 24 heures a atteint 24 °C, soit 3,6 °C au-dessus de la normale 1991-2020. L’écart est particulièrement spectaculaire lorsqu’on le compare aux précédents étés records : +2,7 °C en 2003 et +2,3 °C en 2022.
La chaleur s’est surtout distinguée par sa durée. Trois vagues de chaleur se sont succédé au cours de l’été, représentant au total 53 jours de vague de chaleur, contre 33 jours en 2022. Près de 90 % du territoire français a connu au moins une fois une température maximale de 35 °C ou plus, tandis que 45 % du territoire a atteint au moins 40 °C à un moment de l’été.
Juin avait déjà donné le ton. Les 24 et 25 juin, l’indicateur thermique national avait atteint pour la première fois les 30 °C de moyenne sur 24 heures, un niveau jamais observé auparavant.
Puis juillet a enfoncé le record : avec une température moyenne de 24,9 °C, le mois est devenu le plus chaud jamais mesuré en France, tous mois confondus, devant août 2003 et ses 24,8 °C.
Une chaleur accompagnée d'une sécheresse marquée
À cette succession d'épisodes chauds s'est ajoutée une pluviométrie particulièrement faible.
À l'échelle nationale, l'été 2026 affiche un déficit de précipitations proche de 40 %, ce qui en fait le deuxième été le moins arrosé depuis le début des mesures en 1959. Les mois de juin et juillet avaient déjà enregistré des déficits respectifs de 50 % et 70 %.
Juillet avait notamment atteint un déficit pluviométrique proche de 70 % à l'échelle nationale. Météo-France relevait alors une aggravation importante de la sécheresse des sols, avec des niveaux comparables aux plus bas observés en août 2022.
Il convient toutefois de nuancer cette situation pour le pourtour méditerranéen : la région Provence-Alpes-Côte d'Azur a connu, sur l'ensemble de l'été, des précipitations proches des normales, notamment grâce à plusieurs épisodes orageux parfois fortement arrosés.
En Camargue, la question de l'eau reste néanmoins particulièrement sensible. Le territoire est soumis à un équilibre complexe entre eaux douces et eaux salées. Le Parc naturel régional de Camargue souligne notamment l'importance des apports d'eau douce et le rôle de l'évapotranspiration estivale dans l'assèchement des sols. La salinité constitue par ailleurs un élément majeur du fonctionnement naturel du delta.
Cette problématique fait d'ailleurs l'objet d'un suivi spécifique : le Parc a créé en 2024 un Observatoire de l'eau, de la salinité et des zones humides, consacré notamment à l'évolution de ces équilibres dans un contexte de changement climatique.
Septembre a commencé dans la chaleur
Le changement de mois n'a donc pas immédiatement marqué la fin de l'été.
Dès le début de septembre, un nouvel épisode de fortes à très fortes chaleurs s'est installé dans le Sud. Les 3 et 4 septembre, Météo-France annonçait jusqu'à 36 à 38 °C entre le Gard et l'Hérault, puis localement 36 à 39 °C dans le Sud et la vallée du Rhône.
La chaleur a parfois atteint des niveaux remarquables pour un début septembre. Le 3 septembre, Perpignan a enregistré 36,9 °C, établissant un nouveau record mensuel à la station concernée. Le lendemain, jusqu'à 40,2 °C ont été relevés à Céret, dans les Pyrénées-Orientales.
Dans le secteur méditerranéen et la basse vallée du Rhône, ces températures exceptionnellement élevées ont placé plusieurs départements en vigilance orange canicule. Le Gard et l'Hérault figuraient notamment parmi les départements concernés au cours de l'épisode.
Une baisse des températures à partir du 8 septembre
Mais la situation évolue désormais.
Dans son bulletin publié le 7 septembre, Météo-France indique que l'épisode caniculaire se poursuit encore dans le Sud-Est, avec des températures pouvant atteindre 35 à 38 °C près de la Méditerranée et dans la vallée du Rhône. L'organisme annonce cependant que cette journée constitue la dernière journée très chaude de la série à l'échelle nationale.
À partir du mardi 8 septembre, une perturbation plus active doit progresser vers le pays. Elle devrait apporter un rafraîchissement sensible derrière son passage, accompagné de vent et d'un retour des précipitations dans certaines régions. Dans le Sud, les températures resteront toutefois élevées dans un premier temps.
Autrement dit, septembre ne va pas nécessairement être un mois de canicule permanente. L'épisode exceptionnel du début de mois doit laisser place à des conditions progressivement plus proches de celles attendues à cette période de l'année.
En Camargue, l'arrière-saison reste sous surveillance
Cette évolution ne signifie pas pour autant que l'été est définitivement terminé.
Septembre reste traditionnellement un mois de transition dans le Midi. La Méditerranée conserve une partie de la chaleur accumulée durant l'été et les températures peuvent rester agréables, voire élevées, lors des périodes anticycloniques.
Mais le mois marque également l'entrée dans une période où les épisodes pluvio-orageux méditerranéens peuvent redevenir plus fréquents. Une période chaude et sèche peut ainsi être brutalement interrompue par des précipitations intenses.
Le vent constitue également un paramètre essentiel dans le delta du Rhône. Le mistral peut rapidement faire chuter les températures, tout en asséchant l'atmosphère et la végétation. Après un été particulièrement chaud et sec, ces conditions peuvent contribuer à maintenir une vigilance importante face au risque de feu.
Plus largement, Météo-France souligne que les épisodes de chaleur tardifs en septembre ne sont pas inhabituels, mais qu'ils deviennent plus probables et plus intenses dans le contexte du changement climatique.
Alors, septembre prolongera-t-il vraiment l'été ?
La réponse est finalement plus nuancée qu'il n'y paraît.
Oui, l'été joue les prolongations en ce début septembre, avec un épisode de chaleur exceptionnel qui a encore concerné le Sud jusqu'au 7 septembre. Mais un changement de temps est désormais annoncé à partir du 8 septembre, avec une baisse progressive des températures.
Il reste donc prématuré d'affirmer que toute la première moitié du mois sera caniculaire. Les prévisions météorologiques deviennent en effet moins précises à mesure que l'horizon s'éloigne.
Une chose est en revanche déjà certaine : après un été français qui a pulvérisé plusieurs records, septembre 2026 commence lui aussi par une séquence de chaleur remarquable. En Camargue, où les activités agricoles, les milieux naturels et la gestion de l'eau dépendent étroitement des conditions météorologiques, l'attention restera donc portée sur l'évolution des températures, des précipitations et du vent dans les prochaines semaines.
L'été météorologique est terminé. L'ambiance estivale, elle, n'a visiblement pas encore dit son dernier mot.
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