[SORTIES - LOISIRS]: Arles : Madagascar, invité d'honneur du 62e Salon des santonniers.

13 novembre 2019 à 9h23 par Patrick MONROE

RADIO CAMARGUE

Ce n'est pas une foire aux santons. Ce n'est pas non plus un marché. Dans l'immensité de l'offre proposée en cette période d'avant Noël, le Salon international des santonniers se classe hors catégorie. D'abord de par sa longévité -- samedi ouvrira la 62e édition --, de par le lieu où il prend place -- le superbe écrin qu'est le cloître Saint-Trophime --, et ensuite pour ce qu'il représente aux yeux des professionnels et des amateurs. Quelque part, le Graal.

À Arles, on défend, on soutient la création et on met en valeur le travail des artisans et plus généralement, l'art du santon, d'ici et d'ailleurs. Et cela fait 61 ans que ça dure ! L'an dernier, le salon (comme tant d'autres) avait subi un coup dur : une très forte baisse de la fréquentation à la suite du mouvement des gilets jaunes. Pas de quoi décourager pour autant ceux qui travaillent d'arrache-pied toute l'année pour que cet événement voit le jour. Notamment Philippe Brochier, le président du salon, qui à quelques jours de l'inauguration (vendredi soir) est très sollicité pour l'installation.

Tout particulièrement à l'étage du cloître car c'est ici qu'est accueilli le pays invité. Et cette année, ce sera Madagascar. Pourquoi ? "Parce qu'il s'y passe beaucoup de choses. C'est un pays d'une grande pauvreté et donc choisir Madagascar c'était aussi donner un coup de projecteur à tout le travail humanitaire qui y est fait (lire ci-contre). Mais c'est aussi un pays avec un savoir-faire artisanal magnifique", insiste Philippe Brochier. On retrouve ainsi "l'expression artisanale malgache autour de cette période de Noël". Cela passe, entre autres, par de superbes statuaires tantôt en bois de rose, tantôt en néflier ou bien encore en palissandre. Mais aussi par de petits objets en corne de zébu. "C'est tellement pauvre, les gens ramassent ce qu'ils trouvent et à partir de là fabriquent plein de choses." Et c'est là que l'on apprécie toute la créativité de ces artisans qui à partir de vieilles canettes créent des scènes de la vie quotidienne, multiples, colorées, animées...

Une centaine d'exposants

Au rez-de-chaussée, on découvre les santonniers professionnels qui travaillent uniquement l'argile. Dans la salle d'à-côté, s'installent les amateurs et les pros qui ne travaillent pas l'argile. Et comme le veut la tradition, le concours de création est lui aussi renouvelé. Cette année, ce sera sur le thème du berger. À la clé, 1 000€ pour le premier des professionnels et 500€ pour le premier des amateurs.

Un espace est également consacré aux santonniers alpins. "On a tendance à considérer que les santons c'est la partie sud de la France. Mais onoublie trop souvent que dans les Alpes aussi, il y a une quinzaine d'artisans qui travaillent sur les santons en général et l'argile en particulier", souligne le président (alpin d'origine sans pour autant être chauvin) du salon. Et puis il y a les santons de l'artisan invité d'honneur de cette 62e édition : l'Allaudien Gilbert Orsini. "Il faut savoir qu'il est l'un des derniers artisans à continuer de travailler les santons habillés. Gilbert est aussi le symbole de l'artisan modeste et passionné qui a traversé toutes les générations", raconte Philippe Brochier. Au total, ce sont une centaine d'exposants qui durant un mois et demi vont exposer le fruit de leur travail, le faire découvrir et pourquoi pas étonner et faire voyager des milliers de visiteurs.

62e édition du Salon international des santonniers, du 16 novembre 2019 au 12 janvier 2020, au cloître Saint-Trophime, à Arles. Ouvert tous les jours de 10 heures à 17 heures, sauf le 25 décembre et le 1er janvier. Plus d'infos : salondessantonniers.over-blog.fr

[SOURCE / LA PROVENCE]

Par Julia Razil