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[ ACTUALITE - REGION ] Le triste été des animaux abandonnés

12 août 2019 à 01h21 Par sarah rios

Du mois de mai au mois d'août, c'est la même rengaine au refuge Fos Animalia : les abandons se multiplient...

À la sortie de la voiture, les premiers aboiements résonnent. Au refuge Fos Animalia, situé à Fos-sur-Mer, impossible de trouver porte close : bénévoles et employés de mairie (l'association travaille avec la fourrière municipale qui se trouve sur le même site) viennent tous les jours, du lundi au dimanche, pour s'occuper des malheureux pensionnaires, contraints à rester dans un box après avoir fait les frais de la méchanceté humaine.

Si l'année dernière, la France était championne du monde de football, cette année, l'heure n'est pas à la fête : dans sa campagne du mois de juin, devenue virale sur les réseaux sociaux, la fondation 30 Millions d'amis a dévoilé que la France est championne d'Europe de l'abandon, avec plus de 100 000 animaux délaissés par an, dont 60 % durant l'été. "Les gens partent en vacances et ne veulent pas prendre l'animal avec eux ou payer une pension, affirme Cathy Dautherybes, présidente du refuge. Bien sûr, les gens ne disent jamais ça, quand ils viennent les abandonner avant l'été, c'est jamais parce qu'ils partent en vacances, ils trouvent des excuses, mais nous ne sommes pas dupes."

Pour ruser Cathy au sujet des animaux, il faut en effet se lever tôt. Véritable cheville ouvrière du refuge, celle qui est venue un mardi après-midi il y a 25 ans n'est plus jamais repartie, et a fait face à un nombre incalculable de situations. "Depuis le début de l'été, on en a retrouvé cinq chiens devant notre porte. Avant, les gens les attachaient à un arbre, mais maintenant nous avons installé une niche avec une gamelle d'eau, explique-t-elle. Sinon, il y a ceux qui viennent nous voir en nous disant simplement qu'ils n'en veulent plus. Parfois, il y a des cas où on ne peut pas lutter, comme un bébé allergique, une maladie... Mais souvent, c'est parce que le chien aboie trop, qu'il est trop dominant, ou pire, ce qui me démoralise le plus, quand l'animal est devenu vieux. J'explique aux gens que c'est justement parce qu'ils deviennent sourds ou aveugles que les animaux ont besoin de leur maître. Parfois, j'arrive à faire entendre raison, mais souvent, il n'y a rien à faire."

"On voit de plus en plus de maltraitances"

Actuellement, ce sont une vingtaine de chiens et une quarantaine de chats et chatons qui vivent dans les boxes de Fos Animalia. "C'est une quête de tous les jours pour faire que les animaux se sentent bien, explique Cathy. Les chats supportent un peu mieux la vie en box, mais pour les chiens, c'est insupportable malgré les sorties."Mais une fois adoptés, il y a un sentiment double pour Cathy et son équipe qui ont du mal à les voir partir. "Récemment, Bella, une femelle labrador qui était ici depuis un an a été adoptée. On a pleuré pendant l'adoption, même si on était super content qu'elle trouve enfin une famille, sourit-elle. Généralement on garde un lien, les gens nous envoient des photos et nous donnent des nouvelles."

Mais avant que les animaux n'arrivent au refuge, il est parfois difficile pour Cathy et le reste de l'équipe de savoir de quoi leur vie a été faite. Dans l'un des 14 box se trouve Harlem, un croisé dogue, trouvé dans la rue, probablement utilisé dans le passé pour des combats de chien. Quelques balafres sont visibles, des traces indélébiles de la souffrance qu'il a dû endurer. "On voit de plus en plus de maltraitances, mais juridiquement, on a beaucoup de mal à faire bouger les choses", déplore la présidente. "On voit des choses affreuses. Cet hiver, à côté d'une usine, nous avons retrouvé mort un chien de trois ans, qui était resté attaché tellement longtemps, qu'il s'est ouvert la carotide. C'est moi qui suis allé le récupérer, j'en ai été malade", explique Barbara, employée de la mairie. "Le maître a été entendu, a dit que ce n'était pas lui et voilà, ça c'est fini", poursuit Cathy, émue aux larmes en regardant les photos de cette barbarie.

Si ce sont une quarantaine d'animaux qui ont fait leur entrée en fourrière depuis le mois de mai, un chiffre tristement "normal" pour la période estivale, le week-end dernier, six chiens et quatre chats ont trouvé leur famille pour la vie. Mais plein d'autres attendent impatiemment derrière les grilles...

source: laprovence.fr